RICERCAR

radeau

radeau3

Extrait chant IV/ Le purgatoire:  dante
Et l’un d’entre eux qui me semblait las
était assis embrassant ses genoux
et tenant entre eux son visage baissé.
« Mon doux seigneur » dis-je, « jette les yeux sur cet homme-ci à l’air plus indolent
que si paresse était sa soeur ».
Alors il se tourna vers nous et nous considéra,
en levant les yeux le long de sa cuisse, et dit: »Va donc là-haut, toi qui est si vaillant. »
Je reconnus alors qui il était, et cette angoisse
qui pressait encore ma respiration
ne put m’empêcher d’aller vers lui; et quand
je fus près de lui, il leva à peine la tête,
et dit: » As tu bien vu comme le soleil
mène son char ici de la main gauche? »
Ses gestes paresseux et ses brèves paroles
me portèrent un peu à sourire;
puis je dis: »Belacqua, je ne plaindrai plus
désormais: mais dis-moi: pourquoi es-tu assis
en ce lieu? attends-tu une escorte?
ou bien as-tu repris ton ancienne habitude? »
Et lui: « O,frère, monter là-haut, qu’importe?
il ne me laisserait pas aller aux tourments,
l’ange de Dieu qui siège sur le seuil.
Le ciel doit d’abord tourner autant de fois
autour de moi qu’il a fait dans ma vie,
puisque j’ai retardé sanscesse les bons soupirs,
à moins qu’une prière ne m’aide auparavant,
venue d’un coeur qui vive dans la grâce.
Que vaut une autre, que le ciel n’entend pas? »
Déjà le poète montait devant moi
et disait: » Viens donc, tu vois que le soleil
touche le méridien, et que sur le rivage
la nuit, du pied, recouvre le Maroc. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut