Le Défilé

Après avoir déjeuné avec A. au petit Viet que l’on appelle le jaune car il es jaune, après avoir ingurgité une grande soupe sans oignons mais avec de la viande et des boulettes de boeuf, j’ai filé à Rambuteau. Belle lurette que je n’étais allée à la bibliothèque du centre Pompidou.
Pas trop la queue malgré mon appréhension.
Je trouve une place à l’angle d’une table. Mais ce n’est pas si simple. En face de moi une fille fait des recherches sur les textiles, et à sa gauche, il y a un type jeune avec des grandes lunettes un peu démodées.
Je suis au 3 eme étage, et la table est entre l’entrée et les ordis qui permettent les recherches.
C’est incroyable ce défilé.Je me souvenais de ça. De la variété des genres. De la petite étudiante, qui précède le mec lent chargé de sacs plastiques.Qui précède lui même un black dont le pantalon va tomber c’est certain. On connaît tous cette allure chaloupée avec descente de jean. Mais là, la ceinture de cuir marron est ouverte et fait glong glong et le garçon hyper hype , retient le XXL avec la main gauche. Il repasse plus tard. C’est le glong qui me fait lever les yeux et sourire.
Un japonais s’installe derrière. Puis il est là debout à ma droite avec des photocopies . Il les caresse d’un drôle de façon. Il caresse le bas des feuilles dans l’angle droit. C’est amusant de se demander ce qui fait la différence entre un type « normal » et un autre. Autre difficile à qualifier. C’est à dire, qu’il y a, on sent,un truc qui ne va pas et on ne sait pas ce que c’est . Je me dis que je me suis trompée, et que j’invente des gens bizarres. Plus tard, le revoilà debout au même endroit. Je pense qu’il vient de se laver les mains. Et il se les caresse. Même geste qu’avec les feuilles. C’est trop bien à observer. Ensuite je replonge dans ma lecture sans lunettes, livre tenu bras tendus, au plus loin de mes yeux.
Un type passe avec un sac de couchage crado, un autre parle seul.
Le Japonais a mis son blouson et s’en va. Non, il ne s’en va pas , il est à la même place dans l’allée et fixe quelqu’un, tend le cou, guette. Ca me crispe. Ouf, il s’en va vraiment;
En sortant j’achète;
Le spectre de Frankenstein avec Lon Chaney et Lugosi
« Les larmes de la malédiction », qui est certainement un chef d’oeuvre inconnu vue la couverture et l’horrible femme, cheveux au vent et qui retient 3 molosses rouges féroces-aux oreilles pointues dans une nuit ( glacée , ça se voit) de pleine lune.
Réalisateur le grand, l’immense, j’ai nommé, Rafael Baledon, le Mexicain.
Mexicain suivant, Chano Urueta et son « Miroir de la sorcière »( el espejo de la bruja )
Lettres jaunes. Gros plan d’un visage angoissé, yeux froncés…
…Une femme allongée nue sous un drap verdâtre; A côté d’elle un médecin à la blouse blanche pleine de sang. Il présente à je ne sais qui hors champ, une main coupée qui dégouline. Le squelette jaune pendu à une chaine à l’arrière est grandiose.
Je terminerai par un » Chef d’oeuvre du cinéma Russe »: Le tour du Monde de Satko, qui d’après les images doit être bien nunuche.
Bus. Arrêt Orsay.
Salle 54, La collection-donation Philippe Meyer. C’est magnifique. Un Cezanne-autoportrait sur fond rose, oui des sortes de nuages roses qui me font penser à une capture d’image de Betty Boop ou de Mickey que j’avais mise . Un tout petit nu de Seurat , et d’autres merveilles ( Bonnard )dans de petites pièces et sur fond mastic.
mickey 2.tiff
Je file prendre R. pour aller à la SACD ou on récompense Thiérrée. On rencontre/Armelle
Moi je m’ennuie un peu-beaucoup et me mets dans un coin. J’observe que J. a des chaussures à talons hauts un peu trop grandes, que R de O .à un bras en écharpe…. Je note que Schweppes fait du Coca… Des trucs passionnants comme ça.
Puis A. vient diner à la maison  » ce qu’il y a « .
Oh la la le texte sur Fellini que je n’ai pas encore écrit…..

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