Le facteur sonne toujours deux fois

En fait ce qui était terrible au théâtre hier soir, c’est que j’avais un chewing-gum dans le bec.

Puis il a commencé à me lasser, au moment où les pompes à essence manifestaient leur bois-titude ( je veux dire au moment où je repérais que ce décor vieillot était en bois, les pompes en bois, la voiture en bois…)

Alors j’ai repensé à ce Cartoon où il est dit:

BB chewinggum.tiff

Et j’ai souri quand la fille fumait en s’appuyant à la porte. J’ai mâché, jusqu’au moment où le type prend la fille sur la table, puis il y a eu un noir.

J’avais déjà fait le tour de mes deux poches , à vrai dire, pour débusquer là- dedans un bout de kleenex avant de me lancer.

Ben oui, de sortir de ma bouche ce machin à la menthe. Mais en ce qui me concerne, à ce moment précis, il y a toujours un bout de chew qui se coince à gauche dans une de mes dents et qui fait le coup du gruyère dans les pâtes pour ceux qui croient que l’on met du gruyère dans les pâtes et qui croient que les italiens ne peuvent pas s’en sortir de leurs spaghettis à la corde de harpe.

Grave erreur, car l’Italien se tient bien mieux que le Chinois qui mange sa soupe en aspirant bruyamment ses nouilles. Les deux ignorent d’ailleurs le gruyère râpé. Mais l’Italien de Rome à Naples, l’Italien du Nord et aussi du Sud, manggia il Parmeggiano. Pas le gruyère.

Tout cela m’écarte de mon septième rang, dans le noir, lassée de mon chewing-gum.

Paf. Je le sors de ma bouche, profitant d’un éclairage moins fort. Puis j’ai la matière( dont Rodin aurait fait un chef d’oeuvre c’est certain), j’ai la matière dans la main droite. Ca colle, les gars , ça colle plus que je ne le pensais , mon bras droit pend le long du fauteuil et je suis étonnée: Oui , cette massette informe ne durcit pas si vite que je le pensais à l’air. J’appuie de l’index puis tente par une pression du pouce de décoller….Rien. Le mari sort une bouteille et chante en grec. Noir. La droite étant engluée,je plonge ma main gauche dans mon sac. Rien , pas l’ombre d’un papier. Mais si, j’y repense, j’ai la grande enveloppe avec un chèque dedans, que m’a confié R. pour A.

Hum, à tâtons j’arrache un bout papier et je me dis que peut -être c’est le chèque…. Zut , trop petit. Comme une robe trop étroite pour une dame grossette , le papier ne fait pas le tour de mon chewing -gum. J’ai à ce moment là( quand Chamber dort dans sa cabane en pensant à Cora)- j’ai le diable qui me fait signe de ne pas m’en faire et de coller tout cela sous le siège. J’avoue que c’est tentant. Ni vu ni rien. Hop.

NON…

Je replonge quand un autre noir musical aide ma manipulation, je replonge dans le sac et arrache un autre petit bout du chèque ou de l’enveloppe. Mieux. Mais encore des débordement de matière collante, difficiles à maîtriser;

Je tente ma semelle pour dé-coller. Je ne peux quand même pas, même si ça me traverse l’esprit m’essuyer les doigts sur une de mes chaussettes…

Entracte.

Je file au bar et demande une poubelle pour jeter mon chewing-gum.

C’est fait.

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