L'horrreur

L’horreur c’est quand on est bien. On sort de la Cérémonie Brigadier ( les Molière en court et en sympa ). Il fait beau, nous marchons à Montparnasse. On va boire un verre?

—Oui.

—Au Select?

—Non. Allons chez Tschann voir si on trouve Le lotissement du ciel qui est resté à l’école.

Nez au vent, des gens mangent des crêpes , d’autres vont au ciné. D’autres n’ont pas fini leurs sushis, d’autres boivent des bières.

Un type écrit en terasse. un autre passe, cape de velours noir au vent.

Dôme.

_ »Actually, we’d like De Niro ».

Je dresse l’oreille.

Une fille et un type en terrasse ont en main ce que je reconnais comme un synopsis. ( Mais à quoi voit on en deux secondes, voir sans voir que ce n’est pas un RV ANPE? La mise en page d’un document juste vu en passant….)

Le troisième, je ne vois que son dos. Mais après avoir entendu ces mots, je me retourne. Celui qu’on ne voyait pas, c’est David Lynch.

Là.

Je fais un peu province à regarder même si je ne suis pas groopie, mais on ne peut pas dire que les gens le reconnaissent. Moi je le vois là, comme une statue. Il est drôle ce type. Il est comme une photo. je veux dire comme mort. C’est marrant.

Je repense à ses peintures que je n’aime pas, à Elephant man que j’aime, et a une animation à la Fondation Cartier où une bestiole grimpait sur une maison et redescendait de l’autre côté.

Tschann. Le lotissement et les Voyages de Gulliver.

—On va à la Closerie?

—Allez.

—Mais on boit juste un truc, je préfère dîner à la maison ( c’est moi qui parle)

Entrée Closerie

Eh , R…!!!!

C’est Sam et Ana , et leur petite fille qui sont là.

Moi:

—Alors Samuel tu te la pètes toujours autant?

J’aime bien dire ça, j’accable Armelle de « ça »: — »Armelle tu te la pètes avec ton blog « etc…

Samuel me dit :

—Mais pourquoi tu me dis toujours ça?

— Pour t’emmerder sam, et ça marche.

Bref… Oiseaux, salut, bisous. On entre. Table Beckett. On décrit les gens, on est bien, un vieux beau arrive. magnifique; Le vieux style, la veste rayée, pas encore le cigare….

On devise, on rit et arrive le pire.

—Monsieur Dumas, comme je vous aime ( bon jusque là ça va, on connait et c’est même sympa…)

—Monsieur Dumas,mais vous êtes toujours de ce monde?

Je commence à commencer….

Quel âge?Moi j’arrive de l’enterrement de Macha Beranger…

—….

—Je vous en prie…( c’est moi)

Je peux?( c’est elle)… dit-elle en commençant à s’installer. On est délicats, R. dit qu’on a des choses à régler, et elle nous assure qu’elle n’aurait jamais la grossièreté de s’imposer.

En disant ces mots, elle s’installe à la table à côté.Elle demande du Champagne, commence à parler de Gabin, commence à nous faire chier.

—J’attends Beigbeder… Vous connaissez?

— Comme tout le monde.

—C’est un gros con…

—………

je souris politoniasement.

Elle passe au tutoiement

—Mademoiselle , Madame ou Monsieur?

Je réponds que je suis un mec et que R. est PD. Même un gros PD…

—Ca m’étonnerait car sa femme précédente était jolie ( sous entendu » elle »)

Mon sourire devient vert pâle. Finie la bonne soirée. On a la casse-couille du siècle, celle qui nous tuera plutôt que de lâcher l’affaire. Je commence à me crisper , à avoir mal au crâne et change ostensiblement de position en lui tournant le dos.

Je m’inquiète car si R. s’y met , ce sera un carnage de méchanceté.

Repit. Elle se jette sur l’autre table, à sa gauche . J’entends parler de signe du Zodiaque….Ouf; mais on a envie de se tirer , finie la belle vie, même si cet endroit cosi est passé d’âge, bourgeois, dépassé. On y ètait bien pour une heure avec le piano..

Retour de manivelle:

Alors que nous sommes en train de lire le Monde et de papoter….

Toi je t’aime parce que tu as joué avec Gabin…

—……… ( R; et moi faisons semblant d’être sourds)

—Je vous en prie, s’il vous plaît, s’il vous plaît… ( c’est moi qui implore la paix)

Puis j’en passe. On se tire on lui dit qu’ elle nous emmerde et l’autre table dans son dos lève les yeux au ciel.

—Ah, Monsieur D. comme vous tombez de votre piédestal..!

—Ecoutez ( c’est moi) On ne veut ce soir parler à personne, rencontrer personne, boire des coups avec personne…

Yeux super revolvers et enflammés….

Moi je lui dis que ce n’est pas grave, mais quelle est trop chiante. TROP CHIANTE .

Elle insiste;

—Soyez plus ouverts. Vous êtes dans votre monde fermé…

Ma température a augmenté de 4 degrés en très peu de temps.

Si on faisait ce que l’on doit faire, je l’aurais flinguée et découpée en morceaux cette vioque illisible et en noir comme une vielle courtisane seule.

On la balance aux garçons qui auraient pu, établissement de la sorte oblige s’apercevoir du malaise….

Mais pourquoi n’avons nous pas brutalement demandé à changer de table?

Quelle angoisse.

De retour à la maison, R. fulmine car dans la bagarre il a oublié un livre tout frais acheté.

Quelle tristesse.

Tu veux être mon ami?

On a réchauffé des trucs en en voulant à mort à cette femme ; Dans un bistrot normal, un mec un peu saoul qui s’agrippe c’est chiant mais pas grave. Ca nous est arrivé à tous; Mais la vieille pro de la Closerie ( elle parlait sottement à la table rivale de Sartre, Aragon etc… La totale carte postale….) on n’en veut pas même si…. ( peut -être que, peut-être que… )

Conférences.

Les conférences se suivent et ne se ressemblent pas

La première était au Jeu de Paume. Et c’était Antoine de Baecke qui nous endormait. La deuxième celle de Danièle Cohn ( là à propose de Kieffer ) à l’INHA.

J’avais été invitée Lundi soir chez P.M et elle était là , avec Guy et le type du centre Allemand d’histoire de l’Art.

J’avais un peu redouté cette soirée que je devinais avant d’arriver, soirée de spécialistes. Mais ça a bien marché et de tout raides avec silences , on en est venus à beaucoup rire et s’embrasser à la fin. Le vin aide beaucoup. Merci Bacchus!

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« Objectivement -ne t’inquiète pas- je ne m’emmerde jamais et j’apprends toujours quelquechose. Mais j’étais un peu fâchée de ce genre d’intervention où la personne ignore totalement son public, lit et se barre.

Je trouve que pour des gens qui sont jeunes et pas (encore) cinéphiles ça n’incite pas à en savoir d’avantage et que pour les autres ça incite à roupiller.
C’est une parole sèche. Et ça m’énerve cette énumération de connaissances, d’archives pas si passionnantes et sans plus de génie, et surtout d’implication. Bref. Hier , tout le contraire, un truc à INHA dur Nietzsche , Wagner et le couple antagoniste dionysien/apollinien. Un peu au dessus de mon niveau je dois bien le dire, mais brillant, pas une note, quelqu’un qui te regarde en parlant, établit des silences pour poursuivre sa réflexion. C’était Phillippe Morel qui l’avait invitée dans le cadre de son sujet Bacchus

Thalys

Voyage rapide à Bruxelles où j’avais rendez-vous avec G.

Dans le train, la première chose c’est dans Libé la Société générale, et le virus….

Déjà c’est gai. Le type à côté de moi ouvre un cahier et du coin de l’oeil je vois une pleine page de numéros de téléphone.

Merde. Merde.

Je vais être stagiaire en je ne sais quoi. Le mec ne parle pas fort et fait attention… Néanmoins, c’est insupportable, et mes fragments d’autobiographie de Frances Yates, sont étouffés sous des bons de commande, des messages mielleux, des grossièretés à un ami etc….

Je me tourne , me bouche une oreille, rêve de mon iPod qui meurt dans le tiroir.

—Je vous dérange vraiment, je le vois.

—Et bien, vous en inquiéter c’est plutôt agréable. C’est à dire que moi, je n’ai jamais voulu faire de business, ou plutôt j’ai tout fait pour ne pas être là dedans alors…

Un peu plus tard,je déménage dans « l’entre-train ». Un strapontin. Quand il me voit, il propose que nous échangions nos bureaux. Je retrouve ma place et lui s’installe sur le strapontin.

Une heure et quart de voyage. Rien.

Je me trompe d’endroit et prends un taxi vers Art Bruxelles. Un café, un tour.

Nous déjeunons ( moi une entrée et un coca) et puis je reste car c’est grand. En même temps je m’ennuie. Mortellement je m’ennuie. Je me sens seule au monde à regarder trucs et machins. Ces grands trucs et grands machins qui passent. Je ne sais même plus ce que c’était. J’en retiendrai une séquence de Dieter Appelt  » De la vie à la mort » et quelques dessins par ci par là.

Je me retrouve au même endroit, m’approche de temps en temps d’un cadre, m’occupe en faisant une ou deux photos. Ce n’est pas drôle. Je quitte l’endroit et me dis que la Grand Place avec le soleil et le vent, ce sera bien. Je m’ennuie tout autant, regarde des personnes âgées acheter des glaces, hume par endroit des mélanges d’odeurs pizza-gaufres.

Hop. C’est décidé. Je plie. Deux heures plutôt. Ca va mieux tout à coup. Tram. Gare du Midi. Ne rentre pas qui veut dans les trains. Ca contrôle sec à chaque porte. Si bien que je dois payer 53 euros de plus, pour ce changement d’humeur, pour cet ennui constant. Quand même j’essaie. Rien à faire. En plus ils ont serré un type brun peau brune. Lui tendait une feuille pliée:

—Mon certificat, disait-il avec un fort accent.

Certificat ou pas, j’aurais fermé les yeux. Le type ne bougeait pas.

Ca changera quoi? Entre la Société Générale et l’air infecté, ça change quoi, un certificat de plus ou de moins?

Je me sens assez triste.

La Chapelle-Bogota

C’est quand même flippant cette grippe porcine. Hier les Japonais qui attendent les arrivée en provenance de Mexico avec des cameras thermiques qui détecteront la fièvre, les écoles fermées aux USA etc. Un nouveau virus, mixed grill de canard, vache, porc et homme. Berk.

Cela ne nous a pas empêchés de passer une bonne soirée chez U. Avec des gens vivants et drôles. Y pas venue et C. un peu triste.

Puis retour à pieds à la maison.

Un petit coup de Skype et on rit avec A.M et la fille qui est chez elle. Je dois tant bien que mal diriger la web cam pour montrer  » le lapin ». Elles gloussent de rire à des milliers de kilométres

ITALIA BELLA

Vasque devant la Villa Médicis. Combien de fois nous sommes nous assis là, reprenant notre souffle après la montée de San Sabastiano ou de la scalinata, et avant d’attaquer les marches jusqu’à la loggia en passant devant le roi.

Une première peinture de Corot, puis une photographie de Pompeo Molins et en dessous la vasque par Maurice Denis.

A gauche un demi personnage, une femme au vêtement rouge et noir. ..

— »T’es déjà allé à Rome?

— »Jvois pas c’qu’on peut faire à Rome…. »

… rouge et noir donc les manches et le bas du manteau, puis aussi sur la tête comme une petite auréole du même rouge.Ce qui est curieux c’est que de Corot , jusqu’à Denis, rien absolument rien ne change. A droite chez Corot un personnage à manteau ocre rouge et chapeau haute forme, et chez M.D un homme à long manteau brun et écharpe bleue, chapeau noir.

— »Ca pourrait être à Rome ou à Pétaouchnoc… A part là-bas où on voit le Colisée, ça pourrait être n’importe où….

( une petite vieille dame a chapeau de pluie imperméable )

_ Vous êtes allés à Rome?

—Vous êtes allés à Rome?

—Vous êtes déjà allés à Rome?

—Vous connaissez Rome?

« Des daguerréotypes contenant sous un verre, le grand Canal ou la PLace Saint Marc, comme si un magicien avait reduit la réalité pour être transporté dans un pays enchanté » Ruskin

—Vous êtes allée à Venise avec Damien?

—On ne voit rien du tout rien. Je me demande s’il faut se tourner, se baisser?Je ne vois que moi. Non, non, on ne voit rien.

Ce qui est étrange avec ces daguerréotypes c’est la sensation d’être devant des miroirs posés; d’être face à des trappes, des trous, des fenêtres. Rome vide, Rome sans personne.

Deux paysannes et un enfant de Gerôme. Couleurs éclatantes.

—Je comprends mieux cette peinture

la dame baisse d’un ton

—… Là on voit qu’il y a plus de travail. On le voit nettement. C’est moins flou. Oui , et puis les colonnes… Floues. Des colonnes floues. Là au moins il y a de la vie….

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Giorgio Sommer (1834–1914)Eruption du Vésuve, 26 avril 1872, 4½ p.m.Epreuve sur papier albuminéH. 17,5 ; L. 24,2 cmKalamata, Grèce, collection particulière© Cliché musée d’Orsay / Patrice Schmidt

Chutes de Tivoli/ Macpherson.

Je me demande d’où a été prise la photo.

Ce qui me plaît ce sont ces trois vue dont une tour de Pise. L’épreuve est piquée et dans le noir ce sont des petits points lumineux . J’adore ça.

Caserta la Cascade Endemion. A Caserte j’avais été subjuguée par cette fontaine merveilleuse où Acteon changé en cerf est splendide.

Cette photo est moche mais bon….

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Rome. Exhumation de l’Hercule Mastaï. 1864

La pose. Tous les hommes du chantiers et certains sont en haut de forme, regardent vers le haut, vers l’appareil photographique

Tombes dites du Frontispice et des Festons sur la via Appia. Deux hommes assis sur l’Appia Antica.

Les Eruptions du Vesuve de Sommer . A 3 pm, 3.30pm etc…

 » Il était beau comme un toscan. Moi j’ai épousé un brun…. »

Boecklin

— »Les cyprès ont souvent la base rabotée »

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— »Le but des sculpteurs c’est de grossir les traits, surtout dans le bronze

—C’est d’Astrid Maillot cette sculpture.

—Aristide Maillol

—C’est ce que je voulais dire

—Le plafond, on dirait qu’il manque des trucs au milieu des carrés. Je me demande si c’est collé ?

Une nouvelle maison pour Buster

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Ce matin ( hier soir Macbeth comme ci comme ça dans un tout petit théâtre de la rue du Charolais ) premier contact avec Miriem pour l’animation. Je suis contente. Elle est claire et précise. On commence avec AE. Tout simplement un chien qui avance de droire à Gauche en bougeant les pattes et la tête.

Je cherche des documents sur la coiffure au temps de Louis 16. On atteint des sommets de dinguerie avec des d’échafaudages et des mécaniques

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J'ai joué comme une mule

Je me fais un sandwich et pars dans 5 mn. L’impression que j’ai de ce que j’ai vu hier, c’est la vulgarité.

Car même pour traiter la vulgarité , il ne faut pas le faire vulgairement.

Je n’aime pas attacher ce mot vulgaire aux choses, mais là, oui c’est ce que j’ai ressenti avec un peu de tristesse.

Vulgaire: Qui se limite uniquement à ce qu’il est déjà.

C’est peut être cela le problème.

Et les quatrième degrés, les « peinture+antiseptique »,( super bonne idée ) les « depuis 20 ans inspecte le » …. ou « réenvisage la »….

Il y avait des artistes hier. Je le sais parce qu’ils avaient un badge artiste. Comme il y a charcuterie, ou poisson au super marché. Au charcutier on demande des nouvelles du jambon, au poissonnier on demande si les bouquets sont congelés. A l’artiste on demande « de nous expliquer tout ça » tout leur monde et plutot rapido parce qu’il faut tout voir. Parce que les notices, c’est pas assez précis.

Les trucs bien, j’en parle plus tard… Après y être retournée (??)

Au moment où j’écris, dans la rue une voix masculine:

— »C’est un personnage intéressant »….

Ils doivent parler de moi, ces deux types sans corps 5 étages plus bas.

En route.

écouter France culture , Arnaud Laporte à propos de cette expo mérite que je sois décorée de l’Oreille dorée, et je dirais même plus de la grande oreille dorée…. Ri- di-cu-le.

BY NIGHT

Un peu difficile de sortir d’un des ces rêves ( encore encore) et de partir dans 10 mn au tennis avec F. Hier force de L’Art ( plus + tard). Mais ce que j’ai trouvé ( d’autant plus )magnifique ( après cette visite où je croyais être tout à la fois Bouvard et Pécuchet)_

Ce que j’ai délicieusement respiré donc, c’est mon retour à vélo. Ce n’est rien un retour de plus à vélo…. Cependant….Chien et loup, ciel bleu vers la nuit. Et puis je suis toujours émerveillée de rouler dans Paris. Parfois au bazar et à la confusion, succèdent des grands moments de silence, des mètres et des mètres sans personne. Comme un tunnel où ce n’est pas vous qui disparaissez mais les autres. J’ai roulé tranquillement, Puis monté la rue Pigalle-là il faisait presque nuit.

Elle était déserte. Splendide, noire avec des petits néons des boites à filles. Deux trois tapins noir corbeau et cuissardes avec sur leur tête le Sacré-coeur.

Puis le Chao Ba- comment ça s’écrit- puis le monde aux terrasses. Puis attacher le vélo. 5 eme

—Tu es déjà là?

—Oui.

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Hum

Ce soleil change tout.

Hier matin coup de tel de D. enthousiaste. Ca m’encourage.

Pleins de trucs en retard à payer.

Avec le soleil et en tournant la tête à l’instant les vitres sont un désastre.

Hier A. puis expo de R.

Encore cauchemar. La maison d’Amiens. Il fait nuit et ma mère a le visage bleu gris effrayant. Je range et nous partirons.Où? Aucune idée. Je suggère de remettre au lendemain très tôt le départ. Ma mère se superpose à sa soeur . Sorte de fondu bleuâtre.

Un village d’Autriche. Une rue qui monte raide. Un restaurant et nous n’avons pas réservé. On nous donne à l’extérieur la table 65

Telephone pas branché

Ce cauchemar et puis deux café Nescafé Bio(!)

Puis le temps passe je ne sais comment. Puis pas déjeuné . Puis allumé le portable au moment où R. tourne la clé pour rentrer: 30 jours de tournage avec Michel Aumont.

Juillet:

Et moi , pendant ce temps je me ferai les ongles, le lifting, et tout à Saint-Trop? Et je peindrai à l’huile ( des chats) ????

Je suis contente.

Puis messages de C et Y

Contente de les voir en bas de la rue P.

Y . en premier avec la nappe brodée. Je lui dis qu’elle sera parfaite avec des taches de vin dessus.

On s’installe à une rue ( = une terrasse )

Un Monaco, un demi et MOI UN THÉ

On se verra chez U. samedi.

Contente d’être avec eux après cette histoire (private) terrible.

Contente avec deux amis au soleil. … Je rêve ou j’écris comme Claude François??, Ah… Non… C’est LE LUNDI AU SOLEIL. Ouf…

Puis vers les Tuileries et lire La chambre de Jacob au soleil.

Puis conférence de Damish.

Putain, s’il pouvait inventer le sourire. ..

C’est marrant les mecs qui ne sourient jamais.

Pourquoi est on chiant quand on est brillant. NE COMPRENDS PAS… MOI , NE COMPRENDS PAS….

En était-il ainsi dans sa jeunesse, moyenne jeunesse etc..?

Merde pourquoi devient on si chiant quand le savoir (=malheureusement l’âge) augmente.?

Mais zut.

Je me barre dare-dare avant d’avoir l’opportunité d’être franchement désagréable.

Je m’explique: Hubert Damish , à qui j’ai été présentée 2000 fois ne me reconnaît jamais…

Oui j’en conçois une mini -aigreur!!!!!

Je sais bien que je n’ai pas un doctorat du 16 ème cycle ou siècle, que je ne suis pas Michael Curtiz, que je n’ai ni étagère , ni altitude, ni attitude , ou ce que l’on veut…

Ceci étant posé je sais que mon orgueil est ce qu’il est, que 1000000000 fois je n’ai pas reconnu X ou Y…

Tout le monde s’endort…

Moi aussi d’ailleurs!!!!

Donc j’ai pédalé jusqu’au Petit Hébertot;

—Ce n’est pas encore terminé?

—Terminé?

—Oui R. de Obaldia n’a pas fini?

Les filles de l’accueil un peu méfiantes

C’est pour?

—………

—C’est pour enlever Obaldia et tout piquer dans votre théâtre…

Dans ces cas là ( une fille qui me regarde comme si je venais de la lune ou du neuf cinq, ) je suis prête à tout sans le vouloir. Ce n’est pas moi qui parle. C’est une autre, arrogante et franchement désagréable et prétentieuse.

_ Donc….

—Donc, je viens chercher quelqu’un…

—Quelqu’un?

Oh! comme ça devenait lourd.

Finalement elles ont eu l’air de Deux CCCCCCCKKKKKKKKKKKonnes. HIHIH .

Je suis méchante.

Un peu de champagne?

—(tendre le bras sans regarder)

Hop sur mon vélo jaune….

"Tombe"

réveillé tout le monde avec mes hurlements. Ma mère couchée à coté de moi sous un drap de toile épaisse. Elle respire et quand à un moment le drap se soulève ce sont des os épars qui bougent. R. me secoue et j’ai du mal à décoller ces images de ma pensée.

Ville de briques rouges, building, fleuve. Londres. Soudain une rumeur un grondement. Je ferme les yeux et me recroqueville. Une vague nous submerge. Je ne sais pas qui est le type devant moi,j’entrouvre les yeux: Un couloiir , plutôt une galerie dans la terre, un boyau. La fille qui a réalisé ce jeu video est tout en noir à la fin du tunnel.

En fait c’est un endroit ou il y a des démonstrations de logiciels d’animation.

Hélène Cixous et moi sommes d’accord: la 2D c’est mieux.

Un tournage, des rangements, une équipe qui râle parce qu’elle n’a pas déjeuné, des gélatines de couleur… une sorte de grange où les sacs poubelles neufs sont accrochés au plafond

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DANS TES DENTS

Bourriaud’sAltermodern’, an eclectic mix of bullshit & bad taste

The recent trend for curators to view themselves as the ‘real’ ‘heroes’ of the art world continues with the Parisian fashion-poodle Nicolas Bourriaud (AKA Boring Ass) using “Altermodern”, the 2009 Tate Triennial, to promote himself over and above anything he’s actually included in this aesthetic disaster. The selection of works for‘Altermodern’ struck me as remarkably similar to the last ‘big’ show I’d seen curated by Bourriaud, the Lyon Biennial in 2005. The art itself doesn’t really matter, it is there to illustrate a thesis. The thesis doesn’t matter either since it exists to facilitate Bourriaud’s career; and Bourriaud certainly doesn’t matter because he is simply yet another dim-witted cultural bureaucrat thrown up by the institution of art.



J’y arrive pas.

VAUJOUR

Synopsis : Ancien braqueur fiché au grand banditisme, Michel Vaujour a toujours préféré la fuite à la prison, l’aventure à la soumission, la liberté à la loi. En l’espace de 30 ans, il aura passé 27 ans en prison – dont 17 en cellule d’isolement – et sera parvenu à s’en échapper à cinq reprises avant d’obtenir une libération conditionnelle en 2003. Si cette vie trépidante l’a souvent exposé au pire, elle l’a aussi confronté à un incroyable face-à-face avec lui même. Avec le temps, cette fuite en avant est devenue une ascension intérieure, une esquisse de philosophie où il lui a fallu vaincre une certaine idée de soi, de la vie et des autres. C’est à ce voyage initiatique que nous convie ce film.

ISOLA DI BUSI

J’aimerais être là, sans le bruit du bar en bas. Mais j’aime aussi ce bruit des gens qui parlent et le les imagine, bière à la main.

Et sans 1000 dessins à faire. Pas allée à l’expo . Flemme.

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<c’est où?

Sur la photo on lit: 16732 P.Z

Ce doit être lui ( PZ ) qui possède la barque.

Note HARRY CLARKE

TEA TIME

Ah, je ne sais pas ce qui m’a pris mais à partir de ces dessins ( plus bas)

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j’ai commencé un film d’animation qui s’appelle Tea-Time. Mais que c’est long!!!!

Hier exposition Condo chez Dina Vierny. Le titre du texte de Ottinger me semble bien résumer la situation: Picasso chez les pieds Nickelés.

Moi j’avoue bien aimer cette peinture de dingue mais aussi de peintre. Et puis c’est comme si on était devant un grand ventilateur de cinéma avec toute l’histoire de la peinture qui nous ébouriffe. En même temps c’est un vent que l’on ne connaît pas.

C’est presque irregardable, ça fait grincer des dents, c’est presque dégueulasse comme l’est Savinio ou Chirico. C’est acide comme mordre dans un citron et tout cela a dû faire des nouvelles entrées à L’hôpital Américain. Des secousses pareilles chez les plus de 120 ans, même avec les progrès de la science, ce n’est pas bon? Condo c’est comme une canicule qui tourne mal…

Ce que j’aime aussi c’est que c’est une peinture qui ne va sur aucun mur. Impossible. Même avec un peu d’humour, je ne sais pas quelle bourgeoisie peut assumer cela. Ca vous cloue le bec cette expo. En plus, le lieu n’est vraiment pas l’ideal.( Les pierres, tout ça) Mais ça réveille. Je suis avec F. et Olivier L. m’offre le catalogue. On rit en sortant car F. n’a rien eu. Je me moque de lui.

Donc ; oui, donc l’image par image, c’est un désastre. Non, pas un désastre mais au moins une guerre. Et puis, bazar c’est qu’il faut « savoir » dessiner. Je me contorsionne pour savoir comment est une main, un bras vus de là et puis de là…. Je n’aime pas le dessin qui « parait » virtuose ( les trucs de BD avec des raccourcis, des perspectives d’enfer etc) Le cou de patte ,  » le cacré coup de crayon « livré avec: Vous avez un….. me pompent l’air. Mais pour dessiner très simple , ça saigne et ça fait des cloques.

Alors j’ai commencé avec cette scène sortie tout droit de chez Sade qui prenait le thé avec Freud. Le printemps ne doit pas être étranger à ce mouvement du poignet et des oreilles quelque peu en crescendo, accelerando, glissando, branlando. .

Maintenant que cette scène ( « pouvant heurter gningningnin ») est accomplie, j’imagine le début, et la fin. C’est vraiment drôle à faire.

Les histoires viennent toutes seules.

Je vais prendre le vélo et faire un tour à l’expo ou C.A doit faire une performance. C’est à Saint Ouen.

Vu avec grand plaisir Marianne ce matin. Tellement longtemps que l’on ne s’étaient vues. Elle vit à Londres . Monte Barbe Bleue dans un cimetière et nous en parlons.

Beaubourg me demande des infos sur « les initiations » peintures qui me semblent si loin. C’est bizarre qu’il s’inquiètent de ces machins.Faut que je réponde.

Temps doux et R.V à la statue de Danton

Par contre je retournerai voir Harun Farocki et Rodney Graham

Marmite hier à 19h avec Unglee et 4 Leffe. Lieu stratégique en terrasse pour observer le théâtre de la rue.

—Une sorte de texan avec un chapeau de cow-boy ajouré en paille

—une fille avec des collants vert pomme

—deux coréennes petites et moches que l’on appelle la salière et la poivrière

—une Lolita+ 5 ( donc pas si Lolita) aux longs cheveux frisée décolorés sévérement draguée par un motard casqué

Des gros, des gros des gros… Des mal répartis surtout.

Je vois en face Aux Artistes Bernard qui fume sur le pas de la porte. C’est calme. Ca à l’air vide.

—Le trans au cul de mouche tout en noir, mais lui on le connaît, c’est son coin

—Une fille qui dit qu’elle a pris des cours pour danser avec un boa « alors le matin on apprenait à danser avec un boa »….

—Une fille aux longues jambes et bottines noires

—Une que l’on appelle le petit chaperon noir

Il y a ceux qui penchent en avant, en arrière, ceux qui sourient on ne sait pourquoi. Les familles de touristes qui passent et repassent.

L’Europe est bien moche il faut le dire.

A Saint Germain, une vieille tante élégante en terrasse de Chez Paul et qui fume.Un peu de dandysme ne nuit pas mais ça devient rare.

Cossery au Flore c’est du vieux cinema

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« Le Dandy…. doit vivre et dormir devant un miroir. »
Charles Baudelaire in Mon coeur mis à nu

M.

A présent il ressemble à une grande arrête verticale sur laquelle est posé un manteau. Un pied de poule vert , coupe 1950, vestige de sa splendeur passée.

Il est affairé à traverser la place, il cherche . Il ne cherche rien du tout au fond, évite les regards. Il est devenu cinglé. C’est certain. C’est quand même la seule personne qui prétende pouvoir s’opérer seul de l’appendicite…

Les manches sont un peu courtes et il fume tout le temps. Une grosseur a poussé sur sa paupière.

Les dents se sont sauvées et il m’est difficile de le regarder sans dégoût.

Pourquoi lire puisque les livres s’effaceront aussi de ma mémoire. J’avais eu une période Brautigan. Je ne me souviens même plus d’un titre. Rien. L’étudiant assis lisait et le conservateur maigre et pas très rock du Château de R. lui a dit:

« Derrière vous sont tous les verts. Maintenant c’est la vraie période des verts. « 

J’ai alors levé les yeux en passant sur les mains tremblantes du jeune homme qui continuait sa lecture devant la croisée. Le parc était bel et bien vert.

Les pare terres verts et le jour baissait.

Il y avait une ligne de petites fleurs jaunes sur la mousse verte. Il a arrêté sa lecture, la pièce était vide: « Je lis Perec et Brautigan. »

—Oui Brautigan… Vide. Vide. Ne restait je ne sais pourquoi que l’image d’une chaussure rouge à hauts talons sur le bord d’une route et d’un texte où je le citais. Je disais  » ce salaud de Brautigan »… Pourquoi? Aucune idée.

Les souvenirs des sensations accumulées…. Est ce que c’est nous? C’est ça nous?

Boucle:

Alors que je lisais le roman d’Eugène Green une voiture est passée très vite. J’ai vu rouler R. Oui rouler dans le fossé. Puis il s’est relevé, la voiture est repassée et il a roulé. Il s’est relevé…. la voiture est passée très vite….Il a roulé….

(Ce livre fait partie de ceux qu’A. m’a donnés et qui viennent de son bureau et j’ai décidé de lire sans choisir. D’attrapper un volume et de m’y tenir. Ce qui m’éviterait les considérations habituelles: Le plus urgent, le plus indispensable, le plus difficile parce qu’il est bon de souffrir….)

Donc j’ai attrapé Eugène par l’oreille après avoir terminé « Les Chasses du Comte de Foix ». Puis je me suis dit , c’est drôle, la seule fois que j’ai parlé à E. c’était à propos de Gaston Phoebus… Et le voilà à la suite d’une chasse… Bref.

« La reconstruction » est le titre. Lu d’une traite. Facture académique et un peu appliquée, dirais-je.

Ce n’est pas le choc des planètes ce style, qui s’efforce de « synonymer »= ne pas répéter. J’ai eu la sensation d’un sujet intéressant, mais d’un style démodé.

Paf. Servi.

Démodé n’est pas le mot. Enfin j’oublierai sans doute plus rapidement encore que Brautigan qui, si je ne peux rien en « raconter » a sur moi un pouvoir effervescent.

Je me disais que lorsqu’un livre était « bon », on n’ imaginait jamais l’auteur en train de se relire.

Rêve.

Un coeur arraché et piqué de plumes de paon.

R. lit la correspondance de Miller et Cendrars ‘(épuisé et trouvé sur le net). Parfois il me dit:

— Ecoute ça….

Alors je laisse E. quelques instants. D’ailleurs je finis son livre dans la baignoire. Dans les livres, sauf s’il s’agit de Huysmans bien sur, ça me barbe que le décor soit Saint Germain des Près, où bien le Café de la Mairie.

Je n’en peux plus du café de la Mairie, l’écrin des auteurs. Ca sent la nourriture de l’épicerie du Bon marché. ca sent le » kinka +++ »

E.G écrit un truc du genre: « Le Germanopratin descendit l’escalier »…. Bonnet d’âne pour ça!!!! :

GERMANOPRATIN: » terme d’allure savante »

C’est Wikipedia qui le dit!!!!

Voilà, le problème ce sont les mots, les textes, les idées « d’allure savante ».

+

Deux enfants. des garçons blonds, des jumeaux. Exactement identiques sauf que l’un des deux est nettement plus petit. Ils ne peuvent être vus que de face et se tiennent la main comme une guirlande de papier découpé.

+

Un port. Une perspective orageuse et verdâtre. Alger. Des souks. Des musées et des fresques sans possibilité de recul. Les diables verts de céramique étaient aussi sans recul.

Ai feuilleté « Tombe » D’Hélène Cixous. Picore ci et là. Ca m’intéresse. Là justement est une écriture. Ai ramené le bouquin à Paris.

Hasard d’un livre assez gros de Thomas Wharton. Agréable à lire comme on dit, un peu fantastique un peu Borgesien. Un bon moment que j’oublierai.

Virginia Woolf

Et je suis allée cette nuit à une corrida au musée d’Orsay. Hombre!!!!

VIVIER JEUDI_MARDI

La postface de la Femme au collier de velours dAlexandre Dumas est magnifique. On y découvre Nodier penché sur son microscope
« Il prit un peu de sable mouillé dans la gouttière , et le posa dans la cage de son microscope, puis il appliqua son oeil sur la lentille. »
+
« Vous ne connaissez pas le Taratantaleo n’est ce pas?
Ni moi non plus, mais Nodier le connaissait lui. Nodier le savait par coeur. Il vous racontait les moeurs, les habitudes, les caprices du Taratantaleo ». Il vous eût raconté ses amours si, du moment où il s’était aperçu que le Taratantaleo portait en lui le principe de la vie éternelle, il ne l’eût condamné au célibat, la reproduction étant inutile là ou existe la résurrection. »

Tout à coup c’était facile de lire. De la place pour lire et beaucoup de place. J’étais passée à la FNAC de Saint-Etienne connue de moi pour sa nullité absolue: Pas de textes de theatre contemporain, pas l’Illusion comique non plus. Pas de Swift, pas de Koltes, pas de ci qui vous passe par la tête, de ça qu’on aurait bien commencé.
bague


J’ai attrapé La femme au collier de velours [ on apprendra que son fermoir est une petite guillotine d’or qui hypnotise Hoffmann ( oui, lui)] et aussi « Le lièvre de mon Grand-père », sorte de Moby Dick des bois.
Quel plaisir ces phrases ;

Cet homme pouvait aussi bien avoir cinquante ou trente ans.
Il en eût eu quatre-vingts que la chose n’eût pas été extraordinaire ; il n’en eût eu que douze que ce n’eût pas été bien invraisemblable. Il semblait qu’il eût dû venir au monde tel qu’il était. Il n’avait sans doute jamais été plus jeune, et il était possible qu’il parût plus vieux.
Il était probable qu’en touchant sa peau on eût éprouvé la même sensation de froid qu’en touchant la peau d’un serpent ou d’un mort.
– C’est étrange ! fit Hoffmann en se rasseyant, j’aurais parié qu’il ne vivait pas.

Et comme si, quoiqu’il eût vu remuer la tête de son voisin, le jeune homme n’eût pas été bien convaincu que le reste du corps était animé, il jeta de nouveau les yeux sur les mains de ce personnage. Une chose le frappa alors, c’est que sur la tabatière sur laquelle jouaient ces mains, tabatière d’ébène, brillait une petite tête de mort en diamants.

En sortant de l’estaminet, Hoffmann fit un mouvement pour appeler un fiacre ; mais le docteur frappa ses mains sèches l’une contre l’autre, et à ce bruit, pareil à celui qu’eussent fait deux mains de squelette, une voiture tendue de noir, attelée de deux chevaux noirs, et conduite par un cocher tout vêtu de noir, accourut. Où stationnait-elle ? d’où était-elle sortie ? C’eût été aussi difficile à Hoffmann de le dire qu’il eût été difficile à Cendrillon de dire d’où venait le char dans lequel elle se rendait au bal du prince Mirliflore.
Puis un petit texte: Les chasses du Comte de Foix ( Bon, Alfred Deller je t’aime beaucoup mais « Il was a lover and his lass », me saôule un peu.
Break chez Sotheby’s:
A MAN AND A HORSE ON A SNOWY DAY, CARROLLTON, OHIO
J’étais perchée près du grand mât et posée dans un des plis blancs de la grand voile, pieds calés sur une garcette, ou un cordage plus épais je ne sais plus.
Sur le pont un marin tient à la main son faubert (( En parlant de Flaubert et non pas de balai de pont, il y a eu un article intéressant dans le Monde de Orhan Pamuk:
/ La première catégorie de flaubertiens, ce sont les admirateurs de cette voix indignée qui le caractérise. Je veux parler de cette colère, tantôt ironique, tantôt outrée, que son intelligence fait tonner contre la banalité, la médiocrité de la vie bourgeoise, sa superficialité et sa bêtise. Cette ironie prend pour cible la stupidité humaine et surtout bourgeoise, et tire sa force de l’intelligence, mais aussi du talent très particulier de parodiste de Flaubert. Au XXe siècle, les jeunes écrivains admirateurs de Flaubert attachent une grande importance à imiter cette ironie, à prendre ce ton spirituel, à arborer ce masque cynique.
Et moi je racontais quoi/ Je vais ouvrir la fenêtre et pense à une soupe vietnamienne, à la lecture promise à moi-même et pas encore commencée, à l’expo de M.M que l’on ira voir à 17h avec A.P.
Le fenêtre est ouverte et il y a le bruit d’un camion immobilisé.
Donc le Capitaine donne l’ordre de baisser la voile et nous glissons tous comme des miettes , dos contre la toile. Pas de fin à cette chute…
Je lis la liste des « collaborateurs » de Dumas… Anicet, Auger,Bocage,Cordelier,Comtesse Dash,et j’en passe sans oublier Maquet.: « While Dumas died poor, Maquet died rich. » Bon, mon rêve de marin…. Voici un grand bassin éclairé, une piscine.Je ne veux pas nager, inquiète j’observe. La lumière s’éteint et je me glisse alors dans l’eau noire. Des gens sur le bord… Des hommes ouvrent une vanne. C’est une sensation effrayante et dégoûtante que le contact avec le poil de toutes ces souris qui remplacent maintenant l’eau…
Une eau de souris blanches; Je tente de sortir du bassin.
Mon père?
Puis le Grand Hotel des Bains du Lido qui est posé sur une place de Bruxelles. On m’attend à la villa Médicis pour une sorte de cérémonie qui me fait comprendre soudain Eyes Wide Shut, que je n’avais pas aimé et qui me laisse un goût désagréable, un malaise….
Mais j’ai oublié dans un petit casier fermé à clé l’aube de communiant qui est nécessaire. Des plis blancs. Ils sont au cinquième étage, au numéro S-25 ou S-36.
Dans l’ascenseur une femme de chambre qui dit m’attendre mais que je ne retrouverai pas..
G propose quelques jours à Florence ou en Espagne. Un homme à perruque 18ème a le bout du nez carré. J’observe avec insistance son profil alors que nous entrons dans une ville et sur notre gauche une cathédrale de porcelaine et de céramique; Surgissent des murs des diables vert émeraude, des cornes, des pattes arrachés à des plats de Palissy…
Il était entré dans la maison et j’attendais dans un courant d’air. J’attendais devant l’arbre -« à l’époque on pouvait sauter par dessus regarde comme il est grand immense, bien trop grand-il va tout recouvrir… Mais il était si petit. Il doit même y avoir des terriers là dedans »… Tel que je revois ce moment /la sonate de Bach est parfaite avec les murmures de G.G … J’attendais pour pousser la porte à mon tour? J’attendais que le sale boulot soit fait. Le sale boulot, c’est à aîné de l’accomplir. C’est à aîné d’annoncer à son père que la mère vient de mourir. On avait un peu menti. On avait menti, car déjà elle reposait depuis deux jours, déjà en rentrant de l’hôpital, tout de suite en rentrant j’avais ouvert le placard du couloir et rempli un grand sac des ses chaussures.
Maintenant, droit au bout de la table il me regardait pousser la porte et savait.
— »Amène moi à la chambre »
J’ai débloqué sans rien dire les cales du fauteuil et nous avons traversé « la grande salle » en laissant à notre gauche la table octogonale . A droite les bois et des chasseurs verts avec des arcs. Peut être une ruine et une Diane chasseresse. Maintenant ouvrir les draps et effectuer le « transbordage » qui au début semblait si compliqué. Ajuster les oreillers, ôter les chaussures de cuir marron en commençant par le talon, reposer les draps doucement sur le corps allongé.
—A tout à l’heure papa.
Ses yeux déjà étaient fermés, ses sourcils froncés et l’arête de son nez comme celle du nez de sa propre mère.

NAPOLI

Gégé di Giacomo

Renato Carosone

C.A M’envoie un lien vers Gege di Giacomo et je souris. C’est assez génial ces formations souriantes, riantes. Il y a une joie qu’on ne retrouve nulle part aujourd’hui. Et je rencontre Renato le Napolitain  » Tu vuo Fa l’Americano »…

Ce qui est drôle c’est que C.A ( qui n’est pas C.A) ressemble au batteur!!!!

Voilà. Ca recommence. Je rentre et je me dis. Bon. E. est à Kyoto, et ici ça sent un peu les vacances, l’année qui avance, le beau temps.

il serait grand temps d’apprendre à savourer les choses simplement.

R. parti tourner et moi dans l’appartement; S’organiser, lire le matin, travailler autrement. Cesser de gémir. reprendre le livre, mixer le film.

G.

Voici qu’à l’instant je lui parle au téléphone. Du film. Il rit . Il est content. IL sort de l’hopital; a été relogé. Je ne comprends pas bien ce qui c’est passé. Maison insalubre?Hum. Tout cela semble suivre la pente de ses malheurs….

« Un jour j’ai crapahuté . L’indo… Une chaleur…. Ma gamelle a fondu sur mon dos; »

C’est ce l’on peut entendre quand on va un Mercredi matin chercher le journal chez Monsieur Marc.

Monsieur Marc à fait l’indo-sans-blagues?


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