Une dame noire, un garcon noir/Martinique Guyane

1. Dans la rue

Hier en récupérant mon vélo ( et sa nouvelle sonnette bien brillante) je voyais venir vers moi une dame en costume.

Une martiniquaise me suis-je dit. J’entendais qu’elle parlait, chantait, riait. Je me suis dit qu’elle était au téléphone.

Comme elle se rapprochait, je constatai que non, elle n’avait pas de téléphone et parlait seule. Une de plus me suis-je dit.

J’avais décroché mon vélo et elle m’a dépassé en chantonnant cette fois., doucement;

Alors j’ai vu dans son dos un tout petit bébé bien au chaud dans son nid. C’était beau cette image. Comme si ils étaient seuls dans la rue. Elle et sa chanson, lui encore dans un chou.

Je l’ai dépassée et on a parlé un peu.

— Je croyais que vous étiez un peu dingue et que vous parliez seule!

Elle a ri . Me disant que c’étaient des triplés et qu’il fallait qu’elle se dépêche car les deux autres devaient piailler.


2. Dans le train d’Argenteuil

C’est vide. Il est 16h.

je lis comme quand je pars ou reviens de banlieue, les Mystères de l’âne. Tranquille. Il fait presque chaud.

Un garçon noir arrive. Veste de bleu de travail, cheveux épais et tressés correctement.

Il s’assied près de moi .

—Tu voudrais pas me baiser?

Je ne manifeste aucun étonnement, ça me surprend même et lui réponds en souraint comme s’il m’avait demandé ce que je lisais.

—Non…

— Non, mais tu veux pas me baiser ?

—Non, non je t’assure. Tout va bien ( genre vous reprendrez bien un peu de tarte aux pommes)

Il est un peu contrarié. Il fronce l’oeil pensif. Mais il est très doux.

—Allez s’il te plait.!!! Moi je ne te baise pas. C’est toi. D’accord?

—Je t’assure que non. Qu’est ce qui t’intéresse le plus toi?

—Ce qui m’intéresse c’est que tu me baises.


D’accord, je vois le dossier me dis-je.


Là, j’ai souhaité que quelqu’un monte,p,arce que le mec pouvait changer d’humeur…

—Alors c’est non? Tu me mets juste un doigt si tu veux.

Et moi j’ai continué sur le ton, vous en êtes un autre…

_ Non, vraiment c’est non.

—Tu sais les filles ici je ne les aime pas. ( il est vraiment contrarié,ça fait peine…) Toi je t’aime bien, tu es calme. T’es vraiment bien.

Les filles ici quand tu leur dit que t’as envie d’être baisé par elles, elles crient, elles t’insultent. Je suis arrivé de Guyane il y a un an et demi et je n’ai pas ce problème avec les Brésiliennes.

—Ben, cherche une Brésilienne alors. C’est un peu normal que les filles hurlent non? C’est un peu brutal ta proposition, non?


—…Non, toi t’es bien.T’es bien pour me baiser. Tu descends à Saint-Lazare?

—Oui oui

— Ben alors on a le temps!

—Le temps de quoi.?

_Le temps que tu me baises. Tu ne te déshabilles pas rien…

Il me regardait fixement, contrarié vraiment et commencé à se frotter , disons-l’oreille même si on a jamais vu une oreille à cet endroit.

—Tu me trouves pas beau?

—Non, ça n’a rien à voir. C’est mon livre qui est beau pour le moment.

—Alors tu me téléphones tout à l’heure et puis tu me baiseras plus tard. D’accord?


Ca devenait un peu saoulant cette affaire. Mais l’expression du type était si peu en relation avec ses propos que ça m’intéressait.

—Alors salut!

—Oui, bonne journée.

J’ai entendu le verrou de la porte des toilettes.

En rangeant mon vélo dans le coin vélo,, j’avais aperçu qu’on avait jeté dans la cuvette un emballage de sandwiches triangulaires, les trucs dégoûtants en pain de mie. Je m’étais dit: C’est dégueu de jeter ses boites là dedans.


Dessin prémonitoire!


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