humeur

Hier j’étais dans une rage noire.

Suis allée à la Fondation Vuitton pour voir l’exposition de Camille Henrot et assister à une conversation avec Jean-Hubert Matin .

Je prends l’ascenceur. Nous sommes 4. Et le « liftier » nous informe que nous allons voyager dans une oeuvre. Celle de Olafour Eliasson ( j’aime beaucoup cet artiste entre parenthèses ) et que cela nous permettra ainsi une transition.

Nous quitterons le monde vrai pour nous mettre en état de recevoir les oeuvres. ( HIHAN)

Sur ce , les portes se ferment et la lumière aussi. Nous sommes 5 morts dans un caisson noir (dont un mort avec bandes fluo sur son short-moi)

Je me liquéfie, ne dis rien, angoisse, commence à transpirer. atterrissage sans fin claustrophobie totale.

Enfin les portes s’ouvrent. au 8 eme étage J’arrive enfin sur la planète chic en faisant remarquer qu’il eut été correct de prévenir.

(Je ne parle pas ici de l’expo qui est intéressante. J’aime bien Camille…)

Fuyant les champagne et les machins…

J’ai demandé à descendre par les escaliers.

Mais il fallait être accompagné.

J’ai effectué la descente pour retrouver avec grande joie le pays des vivants la pluie dégueulasse et mon magnifique vélo jaune, les gens laids, les gens trop gros, les trop minces, les beaux mecs, les filles vulgaires, les filles classe les pauvres , les moyens riches, les animaux, les velib cassés, les velib en bonne santé, les plantes, les affiches, Decathlon, les rues, les passages et les feux rouges, un type souriant, une fille qui se retourne, un touriste emballé dans un sac plastique pour chercher le sec, des bruits des klaxons, c’est délicieux tout ce bordel de la ville, de la vie, des différences, du coca zéro des pizzas mauvaises, des cinémas.

Tout plutôt que le caisson noir . Tout.

Je ne me suis pas remise depuis hier d’une haine terrible, contre je ne sais quoi. Ce quoi qui de façon totalitaire m’OBLIGE.

MAIS CA VA PAS NON?

Comment oser imposer à qui que ce soit « une oeuvre d’art » ,comment oser imposer ces conditions.

Je veux de l’air. Je veux des zones où il n’y a rien à voir, un écran blanc.


Des images et pensées horribles , des inventions glauques me sont venues à l’esprit et que j’écrirai ailleurs. Mais MERDE, qu’est ce que ça veut dire d’être ce type d’otage mondain???

Fallait pas y aller! me dira t on…

J’enrage


Haris Epaminonda.jpg

Haris Epaminonda

Heureusement le café avec A. rapide et sympathique, le passage chez C.G pour bavarder en repoussant à grands bras qui tournent le spleen, le passage chez Bernard Jordan pour l’expo de Camille Saint-Jacques ( l’argent des ventes est versé à une association je ne sais plus laquelle )-ça mérite d’être souligné un artiste qui ne veut pas de cet argent là , se contentant de son salaire de prof pour vivre, le passage chez Rougié ou je regarde la pâte à modeler rouge , le verre avec Stefano arrivé de Rome et qui à la ponctuation d’une phrase envoie de la main gauche la bouteille de coca et le verre valser et se briser, et le RV chez Terres nuages. Dominique était avec ses jeunes designers éclatant de rire ça et là comme à son habitude. H. rayonnant et drôle, vivant et s’émerveillant de tout. U. parfait et T. chez qui je dois passer. Un type interrompt une conversation que nous avons avec X. Les bras m’en tombent de tant de grossièreté. Le voilà qui parle et moi plantée là, j’attends muette de stupeur. Il ne me voit pas je suis transparente. Quelques minutes plus tard, je saluerai Y en conversation avec l’individu , me retournerai vers lui et lui dirai:
— Vengeance!
en le laissant avec sa phrase pas terminée.

Velo de retour. Respirer, pédaler, fuir l’ascenseur noir, le cercueil transitoire pour être à la hauteur des oeuvres, pour déconnecter.

Mais je ne veux pas qu’on me débranche moi, je ne veux pas tout oublier ( ça y est je suis repartie en boucle)

Toujours en rage.

Rage que j’ai déposée aux pieds de l’assiette de R. Le pauvre.

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