Tears

En rentrant hier je lisais l’Atlantique à la rame de Didier Semin, pouffant régulièrement de rire, éclatant même à un moment ( on sait ce qui se passe dans ces situations/ lever les yeux et regarder si le voisin d’en face a été indisposé.

Souvent il affiche un oeil vide, à peine méprisant. Méprisant très clair pourrait on dire.

Parfois un petit muscle du coin de la bouche tente une extension courbée-La bouche a-‘elle un coin, c’est une autre affaire

Donc à quelques reprises je vérifiai le visage de mon voisin d’en face. un jeune homme dont je touchais presque le genou. Ecouteurs aux oreilles, il n’était pas hostile a mes soubresauts. Pas totalement impassible, pas hostile/

Mains à plat sur les genoux.

Tout ce passait bien. Puis j’ai noté que sa main droite avait disparu.Abandonnant mes pages, je l’ai retrouvée tenant son nez, le haut de son nez et le visage avait un peu rougi. Il ouvrit les yeux , rouges eux aussi.

Il pleurait. Il pleurait le moins possible mais je sentais que s’il avait ôté sa main de l’arête du nez, il aurait sans doute hurlé de peine.

J’étais désarmée. Nous nous sommes regardés. C’était ma station et je me suis levée sincèrement attristée.

En remontant les escaliers de la sortie Pigalle je me disais que finalement on pleurait peu.

Je veux dire que comparativement à la masse d’emmerdements, horreurs, situations précaires, tensions de tous ordre, et bien, on voit peu de gens pleurer « en public ».

Je fus soudainement ragaillardie par mes conclusions et oubliai la peine du jeune homme.

Je me disais aussi que regarder quelqu’un qu’on ne connaît pas pleurer c’est bouleversant.

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