“AINSI ELLES FONT LES FOLLES DANS LES PIECES AVEC LES PETITS SINGES”

MERVEILLEUX: ALEXANDERPLATZ

Je n’en reviens toujours pas.

Notes/Franz Bibberkopf

“C’est un faucheur, il s’appelle la  Mort, sur la montagne s’élève ma plainte éplorée et sur les enclos de la lande ma lamentation, car ils sont dévastés, plus personne n’y passe, oiseaux, bétail, tout a fui, plus rien…”

Idiot de Fedor Dostoïevski/ Prince Mychkine, Gottfried Keller, Kleist, Shiller

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L’Allemagne. Passer de Sebald De la destruction/ Comme élément de l’histoire naturelle, à Walter Mehring La bibliothèque perdue/ autobiographie d’une culture.

Puis s’engouffrer dans l’AlexanderPlatz. S’engouffrer n’est pas le bon terme, car j’ai dans les 200 premières pages eu pas mal de difficultés je dois dire et la sensation d’une lecture pénible, agaçante même.

C’est une langue inhabituelle/ donc ce sont plutôt des récifs à franchir.

Je me disais à cette occasion que nos vies étaient finalement comme un livre. Certains d’entres-nous deviennent intéressants à la deux centième page, d’autres à la fin, d’autres juste au début et pfft patattrac plus rien. Les premiers chapitres prometteurs… Les parfaits ( il faut s’en méfier ). Bref en me promenant dans le livre ( tourne les pages, regarde, regarde les titres ), je suis arrivée au texte de Fassbinder qui a sauvé ma lecture. J’allais abandonner. ( Oh Non!!! … Si… ) J’en avais marre des histoires de Franz et de sa façon de parler: Il éteint l’écriture. Oui on entend. On ne lit pas et pourtant c’est de lecture qu’il s’agit.

D’ailleurs, ce livre neuf qui était dans le bureau vert, je l’avais acheté quand? L’an dernier puis laissé là. Mais ce titre m’a toujours intriguée: Alexanderplatz.

Ce n’est pourtant pas plus mystérieux que si je disais “Place de Clichy”, ou « Place de l’Etoile »… Bref. Oui. Il s’agit d’entendre et ça parle drôlement fort et tout le temps dans le livre. Ca chante, ça chansonnette, onomatopées, ça pense à voix haute. Taisez-vous qu’on puisse y voir clair dans Berlin. Zang tumtumb un peu. Zang . Zang.

Et un cri et un crime. Je pense à Loulou, à Brecht, à Jacques l’éventreur, à Marinetti, aux futuristes.

Donc Fassbinder dit qu’il a failli abandonner et que… Effectivement. Les personnages sont en vraie chair mais en légende aussi et en citations insérées sans même de guillemets ou d’italique. Vas-y. De la réclame et des titres . Des gros titres et des gros titres criés et du chômage partout et un brassard à un moment donné et de la viande accrochée à des crochets et des masses pour tuer des bêtes, des veaux, tout blancs et du brouillard.

Une fine.

Des filles mal nourries ou grosses.

Un bras coupé et du schnaps et être honnête. Ca ou en vendant des journaux; Si au mois il avait encore son bras. Maintenant l’épaule fait mal. Babylone. Et l’épaule fait mal. Un mort avec une faux…

Il lisait au moment où je lui ai parlé, il lisait Simon Leys. J’ai froncé l’oeil et le cerveau car ça me disait bien quelque chose Leys. Quelque chose de Chinois. J’ai cherché cherché. Chinois… Puis j’ai trouvé que Simon Leys, Leys était emprunté à René Leys qui est un personnage de Victor Segalen Ah ça fait du bien.

Le ventilateur on se croirait au Bourget dans les années 50 mais il marche bien.

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Miezze est partie chez son riche. Lui est avec son bras face à Rheinhold; Son bras levier. Je me demande souvent comment on peut réussir à rendre tous les sursauts que la mémoire effectue…/ coupe…

Je pars faire quelque chose/on m’appelle/ ou ne fenêtre claque dans la chaleur.

Lorsqu’on cesse la lecture, les mots agissent encore et se précipitent. Ca parle ; ça parle;

Hier 40. Apres Alexanderplatz, que lire?. Heinrich Böll que j’avais commandé alors que je lisais Sebald. il parle p 46, de la végétation qui pousse sur collines de décombres “ C’était une question de botanique….”

Sur la même page on voit deux photos représentant des pieds chaussés d’objets informes et qui ont dû être des bottes ou des chaussures: Gollancz/ the misery of boots.= processus de dégradation

Il me semblait qu’il parlait davantage de Böll dont je n’ai pas beaucoup aimé le Silence de l’ange. Le livre m’a semblé mal fichu, mal construit. Le pain le pain et la faim. Mais j’ai en arrière plan les images de Rome ville ouverte. Le livre me semble vraiment « roman » ou peut être est ce la traduction qui pêche.

Commencé un livre sur le théâtre de David Mammet, puis attrapé dans la bibliothèque «Le voyage au bout de la nuit «  que je n’ai jamais lu.

C’est son tour.

C’est un plaisir absolu de ne faire que lire. Cela demande finalement plus qu’on ne croit. Presque être isolé tout le temps.

Bardamu.

Hier, grand vent sur la place. Comme nous nous plaisons à donner des noms aux gens, U. m’avertit que Dany Brillant est là. Effectivement un grand type carré tout en blanc du Samedi soir est à l’ombre à l’intérieur, au bar. Son verre est vert. On le regarde. Il gesticule. Moi/ Eh julien c’est qui Dany Brillant là-bas? Tu le connais pas? Nan jamais vu. C’est un espagnol. Il l’appelle viens viens.

Puis un peu plus tard, l’espagnol cambré en arrière fait des petits pas sur place. Regarde on dirait un torero. Tu lui enlèves 10kg et 10 ans, c’est un torero.

Eh julien, tu sais quoi ? Eh bien ton espagnol c’est quoi son nom Alain, il me fait penser à un torero.

Tu crois pas mieux dire; te moque pas de moi. Si, il était matador. Il l’appelle Alain, Alain!Ven aqui.

L’autre regarde mais ne vient pas, chemise blanche impeccable. Viens.

Ca alors; moi j’adore la corrida je dis.

Puis il vient. On parle on se présente. Il parle mal Français. Il est né en Arles. Oui il était matador pendant 10 ans professionnel. Des yeux incroyables. Une force de la nature. Il nous invite, il m’embrasse. Arrivent les autres espagnols. Un vieux qui est passablement saoul et qui confie à U. que là, c’est fini, qu’il ne bande plus; Puis une grosse bagnole. C’est le frère qui débarque avec des jeunes filles en short très court.

Ils boivent depuis pas mal d’heures tous. Ils sont assez bouillants. Je me demande comment va se terminer leur soirée.

La nôtre, sur la terrasse à côté, pour l’anniversaire d’Edouard.

Les ventilos tournent et tournent. . Bon/ le voyage

Voyage au bout de la nuit

Pas facile de lire à présent. Il y a toujours une conversation.

R. Maintient chaque jour son fils; l’appelle, l’encourage, lui parle; Marc et F. vont le voir. Et R. rappelle, médecins, assistantes sociales, infirmières. U. lui parle et M.T aussi. F envoie des photos du Havre. Chaque jour. Un père..

Francois Périer était assis à côté de moi et me dit qu’il a joué non pas dans India song mais Hindi song. Pourquoi m’a t’il dit: Modiano est à la mosquée?

On était assis sur une sorte de tribune et moi au premier rang. Je ne sais pas bien de quoi il était question ni ce qu’on attendait au juste;

Plus bas un acteur avec des lunettes posées sur le front, se prend au sérieux, dit à R. qui lui raconte quelque chose, de parler moins fort. Périer et son pull blanc et ses dents du bas présentes mais abimées à la racine, dit qu’il aimerait me voir cette semaine afin que je lui montre le travail en cours ( que je dois rendre demain pour l’exposition de Beaubourg ).

Je n’ai absolument rien fait et c’est le soir même que je dois tout déposer au Centre. Je ne connais même pas la taille des salles. Comme j’ai une espèce de personnage animal/ un oiseau empaillé-non-une souris?/ je passe à la Samaritaine pour lui acheter un manteau de ceux qu’on vendait pour les poupées.

Il y a des travaux, et le rayon jouets est fermé. Je prends un Escalator dans le noir et redescends. C.repeint le sol d’un rayon et la peinture s’écaille immédiatement.

Je dois dessiner, c’est ce que j’explique à P. un papier peint/ il me dit oui c’est ça, c’est le vide et le souffle de Duras/. Moi je fais des gestes pour montrer la pièce et son vide. Il est satisfait. Je ressors de la Samaritaine qui est située à côté de l’Eglise orthodoxe et là un groupe en tiares, manteaux et perles. Fourrure. L’un me parle et m’explique ce qui se passera.

Je dois montrer une maquette de livre à une fille que je n’aime pas. Quand elle arrive je cache l’album qui est très lourd sous je ne sais quoi. Porte gauche du garage d’Amiens.

Je me suis souvenue ce midi  que lorsque j’étais au lycée et suite à un cours où on avait charcuté un oeil de boeuf- consistance immonde-j’avais associé l’odeur perçue au rôti de porc froid.

Sur la place une fille ressemble à un acteur d’Almodovar.

Le tatouage se porte de mieux en mieux sur gros et moins gros. Une vraie épidémie horrible.

J’ai trouvé l’image correspondant à mes orthodoxes de cette nuit, preuve que c’est vrai.

Fassbinder  Alexanderplatz : Franz

L’histoire se poursuit inopinément

La réalité n’est pas réelle. elle change sans arrêt

Rêve

Nous sommes à une table dans un intérieur vétuste. un homme me parle, assis à ma droite il s’aplatit un peu sur la table pour me parler de plus près. Je vois sa tactique; Il veut me faire parler. Si je suis au courant de l’affaire, oui .Du paquet non. Du fil bleu non. Le paquet contenait une tourte aux morceaux d’enfant: Un profil abimé dans une croute dorée.

—Il faut que vous reconnaissiez le corps dans la tourte.

Surtout pas. HF est au fond du jardin il fait de plus en plus sombre. C’est lui qui a tué.

Je suis dans la rue et des flashes autour de moi. Des gens me photographient et aussi m’envoient la copie d’article:

HD criminelle.

3 journaux, 3 formats différents. Dans un article ma photo qui ressemble à celles que l’on faisait avec E.

Je m’étonne qu’on me laisse en liberté.

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