NOTE

Biographie:
Jim Carroll (1949-2009) est né à New York. Jeune adolescent épris de basketball avant de découvrir la drogue – toutes les drogues -, il signe un premier livre autobiographique qui deviendra un best-seller mondial : Basketball Diaries (10/18), adapté au cinéma avec Leonardo DiCaprio. Musicien punk et poète, il est l’une des figures les plus importantes du New York underground pendant trois décennies.

PFFFF

Mélanophlogite pseudocubique

Mélanophlogite pseudocubique

RV à la galerie, ce qui me fait sortir de mon trou. Livres et conférences. Je papillonne et commence le très beau livre que J. m’a indiqué:Dialectique du monstre.

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Les projets m’affolent toujours un peu. Et les questions du type:

—Tu as pensé à la Maison Rouge?

Quand, à un autre niveau on a demandé à Fischli l’autre soir, de raconter un peu ce qu’il mijotait pour le Guggenheim il a répondu un truc du genre:

—Lorsque je cuisine je n’aime pas dire ce qu’il en est

Bon. On a compris. ( Moi, à la fin je suis allée lui dire avec mon bonnet et sous mon bonnet que j’étais une totale groupie, ce qui est vrai.) Je le / les adore .

Mais là j’ai besoin après ce ( ce début d’inventaire ) de me remettre à peindre ( ah aha ha ha  ) et être dans mon atelier ( ah aha ha ha  ).

J’aimerais  rejoindre « Le Château « ou « Frigo II » mais il doit y faire un froid terrible et même si je suis résistante… ( ah, ça me fait penser aux affiches-pour quoi? – dans le métro: Il va falloir être résistant.).

J’aimerais  rejoindre le seul bar de la petite ville, où on se retrouve: Le Bar des amis dit B.A/ Le psy, sa femme, Mamie, le cow-boy, la journaliste, le peintre, le veto et sa femme, le pharmacien, le personne et le personne et la Nath!!!!! Ma E…. Et les autres. Le petit cinéma super beau avec une programmation top.

L’exposition au BAL est top, comme d’habitude. DUST. Très beau, avec en entrant un sentiment de paix / musique du début de  » Hiroshima mon amour  » que je n’ai jamais vu.((Ben??? )

Hier on a donné une couette avec une housse rouge toute bien repassée; Les mecs avaient froid en bas. Ce soir ce sont des autres ( roumain et russe)  et ils ont faim.

Ils me disent :

— » On a pas envie bourrer, on a faim » .

Je redescends avec des casdals. Au début j’ai mis du jambon et R. m’a dit: Mets pas de jambon. On s’est disputés. J’ai dit Merde- je ne suis pas un self. Il a dit calmement: Pas de jambon.

J’ai descendu mes sandwiches au gruyère et une grande bouteille d’eau en faisant ma bourge pédago: 

—Il faut boire PIVO mais eau aussi. 

—Merci, merci.Toi, belle femme m’ont ils dit.

Ca alors , ils sont sympa ces sans papiers !!! .

Today

 

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Fischli au CCS

D’abord les rêves. Suite au film que j’ai adoré: Mange tes morts. Je pense qu’il est sorti il y a quelques temps, mais zut, ça déménage. Ca change de ces gnangnanteries françaises dans lesquelles il y a TOUJOURS les mêmes acteurs. Bref. Ca c’est formidable, drôle, vivant. Bon quoi?

—Quoi? Quoi … imbécile, tu as vu Fischli en live, ah nan avant le rêve… Donc suite à Mange tes morts, j’ai continué seule, me suis retrouvée rue Leonidas, ma première adresse à Paris. DP est venu me rendre visite. Il a garé son vélo devant. Je ne sais plus du tout pourquoi, les gitans nous avaient retrouvés, ou tout au moins nous cherchaient ( ceux du film ) . Donc l’Alpina passe devant mon rez de Chaussée et je me dis:  » Ils m’ont vue ». Je crie à DP de rentrer son vélo qui s’est transformé en solex blanc. On a vraiment peur et on cherche la cave pour aller se planquer. On y reste un peu-parpaings gris- puis rien ne se passe on remonte. Oublié le reste. Mais ce qui est drôle c’est le passage direct du générique au rêve.

Bref à nouveau.

Fischli qui reste seul sans Weiss, mais accompagné de son chien noir. Il ressemble assez à son maitre, détaché qu’il est de cette rencontre publique. F. parle peu, en Anglais. Parfois en Français quand il a envie. Il est drôle, d’une grande finesse ce qui ne surprendra personne. ( rétrospective au Guggenheim en janvier ) Il offre à tout le monde une clé avec des films dessus. Ils ont tous un rapport avec  » le cours des choses ». Bon ça fait vraiment du bien. Il y a quelques étudiants, C. avec qui je repars et nous buvons un verre en route.

Puis je me plie à l’utilisation d’un Uber, vue l’efficacité qui fait que les taxis ordinaires semblent totalement has been, il faut le dire. La voiture noire arrive. Je m’installe. Une fille gratte à la fenêtre en souraint. Je me suis trompée. Je redescends et me dirige vers une grosse voiture noire. Ils sont deux à l’avant ce qui me semble étrange, mais bon !!! Le mec élégant baisse sa vitre. Je lui dis: C’est vous?

Les deux rient et disent oui, c’est nous les Corses. Et ils partent. Je ris en regardant l’immatriculation 2B!!!

Puis le vrai arrive.

La veille , cours et conférence  » Terreur et dogme  » à Normale sup. Plus plus tard.

Je reçois le très beau livre que J. m’a indiqué: Dialectique du monstre. Je ne sais pas trop comment l’attraper et de quoi il s’agit. C’est assez merveilleux d’ailleurs d’avoir entre les mains un livre en Français dont on  » ne connait pas »la langue.

REcafé.

On a continué l’inventaire hier . Deux jours de suite c’est au secours.

snarkmap

Other maps are such shapes, with their islands and capes!
But we’ve got our brave Captain to thank »
(So the crew would protest) « that he’s bought us the best-
A perfect and absolute blank! »–

Lewis Carroll, The Hunting of the Snark. 

J’entends des voix

jean-luc-godard-la-chinoise

La chinoise/ 

Moi qui ne sais pas trop ce qu’est une insomnie, hier j’ai été servie. J’avais beaucoup lu d’articles papier, regardé « Voyage au centre de la terre », n’étais pas allée au tennis. On a regardé une émission de saison sur la radicalisation. De toutes façons que l’on zappe à droite ou a gauche, c’est partout le même truc. En bas, dans la rue, les Russes parlaient fort et picolaient à trois sur un matelas et une couette.

Ce matin à 6H je me suis dit: « Ca tire vers Barbes, j’entends des rafales. » Sur mes pieds en 2 secondes, sur le balcon , à poil et comme une imbécile. Rien. Je referme.

Ca recommence.

Je ressors et m’aperçois que ce sont les livraisons du supermarché à côté. Ca fait Radalarala /Radalarala

Et je me dis que tout simplement depuis hier j’avais peur. Que la peur m’était arrivée dessus, avec pour conséquence mon hilarité de Samedi soir et Dimanche matin.

Exactement ce qu’il ne faut pas: La parano/ La peur/ La paralysie.

J’ai lu des tas de témoignages de gens qui ne jouaient pas aux héros. Et ri ce matin à nouveau en regardant les chats des Belges, celui que je préfère étant le chat avec un costume de tank en carton. Zut je ne le trouve plus.

Puis j’ai regardé la carte du monde. Histoire de me rafraichir la mémoire.

carte mediterannée

Bric à brac

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Commençons par un café.

Tiens du soleil.

Mon rêve

reve

Le rêve du film et de la maison détruite ( je regarde un film où l’on voit la maison d’A. en train d’être détruite.) Ce n’est pas très clair, mais je crois reconnaitre les endroits familiers, extérieur et intérieur  mélangés / sirènes de police / Je me dis dans le rêve que j’en avais rêvé la veille et que j’aurais dû y aller. Je vois aussi des troncs d’arbres, blanchâtres et coupés très régulièrement à un mètre du sol. Au dessus, il y a une autre image, comme un montage photographique.

Il y a une séance de cinéma muet et un espace qui donne sur la rue. L’espace est fermé. Sombre, je vais y faire un spectacle, mais je ne sais pas du tout ce que je dois dire et ne trouve pas le dossier jaune dans lequel est le texte.En plus les gens veulent absolument passer par « là ». Je deviens agressive. Demande à l’acteur de Kabuki allongé dans mon décor de finir de se maquiller ailleurs.

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????????????????????????????????????????????????????????????Radiophotographie d’une eclipse de soleil à Khartoum 1930???????????????????????????????????????????????????????????????

L’interview  de Nick Nolte hier

Le corbeau

Et en fond de tout ça depuis hier soir le mail de JM Bustamante:

« Un élève de Jean-Luc Vilmouth vient de perdre son meilleur ami — rescapé du Bataclan, il n’a pas supporté d’avoir survécu à l’horreur et s’est suicidé… »

Extrait d’un courrier de Bustamante aux professeurs..

La place de la République où je suis passée hier en rentrant de la galerie

Armide

confiture de mirabelles

Buffon

 » La galerie inexplicable »

Notes: http://chroniquesintemporelles.blogspot.fr/2015/01/lelectricite-au-theatre.html

Titre

Au Jardin du Roy, le 5 février 1766
« Je compte bien, mon cher ami, quoique j’aie cinquante-huit ans depuis le mois de septembre dernier,
finir toute l’Histoire Naturelle avant que j’en aie soixante-huit.
C’est-à-dire avant que je ne commence à radoter … »
Extrait / Lettre du Comte de Buffon au Président de Ruffey

SUITE…

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Nuccio Ordine

Chère Hélène,

Pardon de ne pas t’avoir répondu hier, et de ne pas avoir été là aujourd’hui, aux Beaux-Arts.
Je m’occupais des étudiants de Strasbourg, où je pars demain.
Depuis la nuit de vendredi je pense à eux, à leurs camarades, à ces plus jeunes dont je me dis que cette horreur doit les éprouver plus encore que nous, de plein fouet.
Je n’ai pas osé faire un mail à ceux qui auraient pu être à Paris (j’avais vu l’une d’elles dans le train jeudi soir), mais j’espérais tellement, j’espère qu’ils n’ont pas été touchés.
Ce soir je viens de lire ton blog.
Ne sais que dire, si ce n’est que je suis avec toi, avec tes étudiants – tu le sais -, vraiment.
Avec ceux des étoiles de l’autre jour, et avec les autres.
Je crois bien sûr qu’il faut continuer, mais sens que ce ne peut être tout de suite, qu’il faut un temps pour que la vie reprenne son cours.
Tenez bon.
Amitié vive,

Anne

SUITE 2

 

URGENT /

Mails

un peu dans le désordre mais je ne sais plus comment lire,dans quel ordre tellement tout cela est terrible. Continuons les diplômes, ne changeons rien. C’est mon avis.


« je vous écris ce soir pour vous faire part de ma décision, en mon nom propre, de demander  la suspension de la session de diplôme devant commencer demain matin.
il me semble impensable que l’école ne prenne pas en compte le traumatisme profond que nous vivons tous, et que nos étudiants vivent en première ligne.
Il nous appartient d’être solidaires avec nos étudiants, dont certains ont perdu un être proche. C’est le cas d’une étudiante de mon atelier, dont le compagnon, Baptiste, est mort au Bataclan , Alban Denuit, ancien élève de l’école, y a également trouvé la mort, ainsi qu’un diplômé de Paris Malaquais dont le travail est en ce moment montré dans la galerie du Crous, rue des Beaux Arts.
Par delà l’horreur des souffrances individuelles, je pense viscéralement que l’école se doit de prendre une position:  une génération, celle de nos étudiants,  est prise pour cible, nous ne pouvons pas nous en tenir à un calendrier comme si de rien n’était.
Je vous demande de donner aux étudiants un peu de temps, le temps de parler ensemble, le temps de partager leur souffrance, le temps de poser toutes les questions qui nous traversent.
En ce qui me concerne, en tant qu’artiste et en tant qu’enseignante , je refuse de présenter à un diplôme des élèves qui viennent de passer 48 heures avec leur amie, d’abord dans l’angoisse, puis dans la certitude de la perte. Donnons leur au moins un peu de temps pour récupérer, dormir, retrouver leur place par rapport à leur travail.
Il me semble symboliquement important que nous soyons avec nos étudiants, ce n’est pas  une question d’empathie individuelle, mais bien ce que je ressens de mon rapport éthique au monde , en tant qu’artiste et en tant qu’enseignante.
Je sais bien que pousser la session de diplômes de quelques jours représente un surplus de travail administratif, mais il me semble essentiel que notre école prenne sa place dans le deuil. Il faut bien sur continuer, continuer à faire de l’art, à l’aimer, continuer à enseigner, continuer à vivre, rire et pleurer. Mais laissons nous un peu de temps avant de reprendre le calendrier « normal ».
Je serai demain matin à 9h30 devant le secrétariat de l’école,pour demander à rencontrer Jean Marc et Didier, destinataires de cette lettre comme vous tous, ainsi que les membres du jury de diplôme. Si vous voulez vous joindre à moi, je vous en remercie d’avance. »
Anne


Cher Didier,

« j’entends bien l’argument  de n’avoir à opposer à la barbarie que notre constance. mais notre constance pourrait être celle du sens que nous mettons dans notre travail, qu’il soit celui d’enseignant ou d’artiste.
Clara Fontaine est une élève de l’atelier, très présente depuis 5ans. Son compagnon, Baptiste, a été de touts les accrochages, repas, fêtes. Il est mort vendredi soir, la vie de Clara a basculé, avec la sienne celle de ses amis les plus proches, dont deux étudiantes qui présentent leur diplôme cette semaine, l’une d’elle demain matin.
Le gouvernement de notre pays avait décrété la fermeture de tous les établissements publics ce week end,  notre école est restée ouverte, les élèves sont venus y travailler malgré tout, certains peut être avec enthousiasme, d’autres avec la rage au ventre, et d’autres encore désespérés. Ce ne sont tout simplement pas des conditions normales dans lesquelles défendre un rapport à l’art, j’en suis intimement convaincue. Ne pas reconnaître leur traumatisme me semble impensable, il faut bien sur qu’ils passent leur diplôme, mais le faire ainsi, alors que les corps sont encore à la morgue, me semble insoutenable.
Pourquoi n’est il pas envisageable de repousser cette session de deux, trois jours, voire une semaine? Ne sommes nous pas en train de vivre dans l’exception de l’urgence? »

Anne Rochette


« Nous n’avons pas grand-chose d’autre à opposer à la barbarie que notre constance et notre détermination. Notre idée est que les diplômes doivent continuer parce nous ne devons pas nous laisser dicter un calendrier par les fous sanguinaires qui s’en prennent à notre jeunesse. Certains élèves sont prêts, anxieux, retarder les choses de quelques jours ne les aiderait — c’est notre sentiment — en rien. Ce n’est pas non plus, tu le sais et nous ne permettrions à personne d’en douter, une volonté de minimiser ce qui se passe ou un oubli des victimes. Nous sommes informés de la mort d’Alban Denuit depuis hier, c’est atroce, et nous avons eu, comme toi, comme tous, les larmes aux yeux de voir ce garçon merveilleux ainsi prématurément emporté. Un hommage lui sera rendu, d’abord demain, à midi, avant la minute de silence dans la cour vitrée, et nous comptons réfléchir à une marque de souvenir plus pérenne dans l’École, qui soit digne de lui. Mais ne cédons pas, nos élèves sauront travailler dans le deuil, nous en sommes persuadés, et répondre par leur constance à ceux qui veulent les plonger dans l’effroi. »

Didier


Chère Hélène,

Je serai en train d’enregistrer pour un livre audio dans le 12éme toute la journée. Mais je serai là à ma manière.

Je t’embrasse,
Christine Angot

J’espère que tout ça ne va pas devenir une répète du 11 janvier (« Je suis……… » – remplissez par ce que vous voulez ou quelque chose du genre « cadenas d’amour ». A part supprimer des vies innocentes, faire peur, ils ont gagné aussi ainsi : augmenter la bêtise. 

Je suis dans un état..

Dominique Paini


Merci pour vos messages ! On y sera


C’est l’horreur absolue, j’ai aussitôt pensé à mes élèves aussi, je leur ai envoyé un email, ceux qui ont répondu m’ont rassuré. Mais je n’en sais pas plus. Je suis tout bouleversé depuis samedi matin

UNGLEE


NOTE. »Wielopole, wielopole »

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Alors que je vais pas à mon atelier, que je rumine des histoires de familles moches, des attentats,  et que je tousse, surgit du fond d’un coin de ma tête, l’idée de re-monter avec des étudiants , Tadeusz Kantor, « Wielopole, wielopole », ou je ne sais quoi du Theâtre de la Mort. La classe morte… Je ne sais pas. Est ce possible non pas de faire une reconstitution mais de mettre en place un travail de ce type.

STILL ALIVE ? Mail à mes étudiants / Ce soir

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Bonjour LND
J’espère que tout va bien pour vous. Je suis vivant et mes amis aussi, malheureusement j’ai des connaissances touchées mais ils s’en remettent. 
Prenez soin de vous surtout.
(Ps: nous aimerions passer vous voir assez souvent avec Niels cette année pour vous parler de nos projets actuels)
Sacha ❤️


Je vais bien de mon côté. Mes amis aussi. J’espère que vous et vos proches aussi

Portez vous bien. 


Je vais bien. 
J’espere que personne n’est touché dans votre entourage..
A mardi,
Lia

vivante

merci pour votre mot 🙂


Oui!


présent!


 

Vivante, vous aussi alors.
C’est arrivé dans mon quartier. Les volets et les lumières fermées. Personne dans les rues. 
C’est triste. 

Moi oui

Laurie


Arthur, Elisa et moi-même étions bien en sécurité… 

M

 j’ai appelè une copine qui va tt le temps ds le petit resto en question… à cause d’une panne d’ordi elle n’etait pas a ce carefour….mais chez elle!


Oui, merci… La boule au ventre parce que je devais aller au concert des EODM au Bataclan. 

J’espère qu’il n’y à pas de drame dans votre entourage non plus… 

Bien à vous,

Ariel Mestron


Vivante

A mardi, je risque de ne passer qu’entre 13h et 14h à cause d’un workshop


Oui restez planquee


Le nombre grimpe trop vite. Ca prédit grosse grosse cata.

Vous restez tranquilles chez vous 


Je viens d’apprendre. On sort de la salle Gaveau


Ouf pour vous deux. Suis soulagée et sans parole. C’est effroyable. Prenez soin de vous


Horreur  Je roule retour maison


Bonjour Helene,
chez moi tout le monde va bien, j’espère que de votre côté également
Passez 1 bon weekend, à mardi 

 merci de prendre des nouvelles

oui, ça va mais on ne peut être qu’atterré.


OUI ! Mais c’était terrifiant on a pris un verre en terrasse avec d’autre de chez Vilmouth dans le quartier au moment ou ça a dégénéré. On nous a demandé de se mettre à terre … On est restés coincés jusqu’a 4heures du matin dans le bar. Et vous tout va bien?


bises


oui


 Ça va ? Pas facile à digérer n’est-ce pas ?


 Oui merci. On essaye de dessiner pour contrer la merditude des choses. 

A mardi en espérant que l’école reste ouverte


 Ciao Hélène,

Quel moment atroce…c’est l’horreur absolue.

Je t’embrasse,


Vivant … pour le moment…… bises
S

Oui.


Oui , merci! 
A mardi!

Tout le monde est vivant ici – ma fille sortait hier, pour une fois pas dans ce quartier! Autour de vous?


OUI!


Vivant… J’espère que vous allez bien. A mardi 

On pense à vous, qui vivez là. On vit dans la peur et on se fait du souci


Helene!!! Tutto bene???? Dimmi??


Professora, voi tutto bene? Speriamo di si !!! Un abbraccio dalla famiglia V.

Tous les vivants sont monde !
Ph


Je peux pas te répondre avec mon masque à gaz et ma kalash. Fou: Le Louvre est VIDE ce matin


safe?


L’intervention de FH. hier? Il était à deux doigts de craquer et de pleurer


J’espère que tu vas bien et que tous tes proches sont sains et saufs. Nous pensons à vous. Bises de tout le Repenti


Suis soulagée mais sans paroles. C’est effroyable. Prenez soins de vous tous les deux…


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message d’amis bikers de C. Putain l’image

Vivante ! J’espère que personne n’y était…. Bon courage … Pensée 
Perrine 


Putain ch’uis anéantie. Eh ben voilà la guerre à la maison, putain va falloir faire gaffe avec les fêtes qui arrivent… T’imagines???


Le carnage. Mais c’est quoi ce monde de fous??? Non muovere della casa . BIzz


C’est simplement la guerre. N’oublions pas que nous la faisons aussi en dehors de chez nous..


Bonsoir Hélène,

J’espère que ça va pour vous aussi, je n’ai même pas pris le temps de demander dans la hâte de tous les événements… 
Pour ma part tout mes amis vont bien, et moi et ma copine avons pu rentrer à l’appartement sans aucuns problèmes.
La boule au ventre et la nausée me submerge mais j’espère que l’école ouvrira quand même ses portes lundi pour continuer à créer.
Je passerais vous voir mardi matin

Cordialement

Maxime Verdier


Bat ! J’ai eu peur pour toi !!! Tu es toujours dans mon coeur


Bonjour,
En vie également donc.
Je trouve très intéressant qu’on puisse réfléchir ensemble sur notre rôle, les attitudes à adopter, les dérives…
Je ne sais pas si vous avez vu le film « Le destin » de Youssef Chahine sur la vie d’Averroès et les attaques extrémistes contre la diffusion du savoir au XIIème siècle. En dehors des faits purement historiques qui y sont relatés, il raconte comment l’on arrive à diviser, éradiquer la culture, tuer le savoir.

Bon dimanche et à mardi.

Elisa Bories.

Bonjour à tous et merci de vos réponses à mes inquiétudes.

Ne vous trompez pas. MARDI c’est 111 rue de Rivoli.
Apportez suffisamment de feuilles volantes.
Je me demandais si au cours de cette séance « oiseaux et costumes du 18eme!!!!! « , il ne serait pas intéressant de mener-mêler  une réflexion sur ce qui vient de nous arriver à tous et surtout à vous: Un atteinte insupportable à la jeunesse et à ses modes de vie, ses choix, ses excès , son énergie. 
Comment rester calme et pacifiste. Je l’ignore. Comment ne pas soupçonner son voisin d’être un intégriste près  à  se radicaliser. Comment laisser les hommes et les femmes qui sont croyants et ils en ont le droit, faire  ce qu’ils veulent et poursuivre leurs pratiques religieuses non agressives.
Je crois que seuls la culture, la pratique intensive de ce que nous aimons, la liberté que nous devons défendre , le choix d’une école d’art qui pour beaucoup sont vitaux sont une partie de la solution.
Peut-être inventer quelque chose ensemble?
Pour le moment à Mardi dans notre bel abri plein de bruits de pages.
Il faut se réveiller sérieusement.
Pour info et pour ceux qui ne l’ont pas lu voici une lecture qui ne nous abimera pas les neurones, c’est certain.:
Bien à vous
LND

bonjour, tu veux nous dire quoi en nous envoyant ce texte?


attentats

bonjour, tu veux nous dire quoi en nous envoyant ce texte?


Je veux dire que le texte ( » l’attaque bénie » ) est paru dans plusieurs journaux ( libé, l’express etc …) 

 et que son indigence m’affole.Tout comme l’indigence des manifestes et déclarations intégristes toute religion confondue .
Je pense qu’i est important de prendre conscience de ces propos là. 
Pour info dirions nous. Et en restant calmes mais tendus aussi.
 
Quand je dis qu’il faut se réveiller c’ est se réveiller avec ou sans ces événements. J’ai la sensation que tout le monde est un peu anesthésié et je ne parle pas de l’Ecole uniquement. 
Une amie serveuse a servi un café à Voltaire et le mec s’est fait exploser . Elle avec.
A mardi.

 

 

a suivre



 

Le musee des formes perdues / LETTRE SUR L’ART DE MENTIR

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« Je ne peux pas. Je ne sais pas.

Tout ce que je peux essayer de faire, aujourd’hui, c’est de rassembler dans ma mémoire et de mettre par écrit les notions que j’ai formées, d’après mes lectures, sur l’art de mentir. Certainement, les préceptes que j’ai relevés ainsi ne constitueront pas un formulaire complet, et je ne les donne peut-être pas dans l’ordre qui conviendrait. C’est une ébauche que chacun pourra parfaire. Donc, d’après ce que j’ai lu des meilleurs auteurs, des pires et des médiocres, l’art de mentir est à deux embranchements. Il y a la voie royale et l’escalier de service.

Voici quelques-uns des principaux préceptes de la voie royale de l’art de mentir :

1. Avoir une notion ferme de ce qu’est la vérité, et savoir la vérité.

2. Savoir ce que chacune des personnes avec qui on est en relation considère comme « vérité ».

3. Avoir avec chacune un critère commun de la « vérité ».

4. Connaître exactement la limite entre ce qu’on sait et ce qu’on ne sait pas.

5. Serrer la vérité d’aussi près que possible, réduire le mensonge à un fil ténu qu’on insère habilement dans la trame de la véracité, par art associatif.

6. Être parfaitement maître de toutes ses manifestations corporelles. Par exemple, – en appliquant aussi le précepte précédent, – on pourra dire littéralement la vérité, mais par quelque geste ou intonation subtile, on donnera à l’autre l’impression que l’on ment.

7. Prévoir tout l’enchaînement de mensonges qui doit découler du premier, ne jamais en perdre le fil et être prêt à en subir toutes les conséquences, non seulement désagréables, mais même humiliantes…

Il y a encore d’autres préceptes, mais je vous ai tous vus, dès le premier, pâlir de découragement et au sixième vous effondrer, et je vous entendais dire : « Mais jamais nous n’y arriverons ! ». Certainement, vous n’y arriverez pas demain, moi non plus. Mais attendez : c’est justement à cause de cette difficulté de la voie royale qu’on a inventé l’escalier de service. Cette seconde voie est très facile, et à la portée de tout le monde ; on peut la suivre sans rien changer à son train-train quotidien, et même en dormant. Il n’y a qu’un précepte à appliquer : se mentir à soi-même. Autrement dit, il n’y a rien de spécial à faire, il suffit de rester tel qu’on est – s’il est permis d’employer ici le verbe substantiel. Alors mentir devient aisé et même agréable.

Tout ce que je viens de dire s’applique bien au propos des rapports entre l’art de mentir et la littérature ou l’art en général, puisque, ai-je dit, c’est de mes lectures, bonnes, mauvaises ou médiocres, que j’ai tiré les rudiments d’un art de mentir à deux entrées. Pour mettre les points sur les i : Je concluerai en disant que le mensonge ne devrait pas être au service de l’art, mais bien plutôt l’art au service de la science du mensonge.

René Daumal.

NUIT DE CHINE

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J’ai commencé la nuit dans la chambre à côté puis ai décidé de dormir sur le fauteuil de mon bureau comme au bon vieux temps de l’asthme. Puis ai dormi sur le tapis, puis me suis remise sur le fauteuil, puis suis repartie en glapissant comme un chacal jusqu’à la chambre. C’est horrible de tousser comme ça. Creuvant, exténuant. J’ai trié des images en dormant et continué des heures ce que j’ai dit aux étudiants hier lors de mon « exposition  hebdomadaire ».

De l’essence du rire est arrivé. Gibert à le défaut de mettre des étiquettes collantes partout. Je voulais hier, mardi oblige aller me siffler un Pouilly dont on connait les vertus curatives quant à la tuberculose ( il faut voir comme ça picole dans la Montagne Magique!) , mais le Flore était comme on dit « privatisé ». Je me suis trainée jusqu’au métro Sevres bab. Héléne!!!! 

C’était V. une ancienne étudiante de Cergy devenue Chorégraphe. On a parlé un peu.

Je poursuis la lecture de « La veuve Barnaby » qui est très agréable dans ses descriptions mordantes de la société du moment. Je ris beaucoup au debut du chapitre 31, quand le parler Français avec accent Anglais d’une gourde emplumée est retranscrit phonétiquement…

Toux; Toux;Toux. Que faire?????

Donc hier j’ai commencé par les herbiers, un dessin d’un cabinet d’architectes ayant pour légende: Le Musée des figures disparues. Rondinone et son Clouds Diary Puis Manuscrits de Becket et Perec,puis Marginalias et direction le journal-diary comme dirait la dame à plumes au dessus, journal filmé de de David Holzman. Avec photo grammes sous titrés.

Conversations diverses sur l’esthétique ou pas, sur l’ethique ( peut-on utiliser la voix de marguerite Duras à des « fins personnelles  » en modifiant par exemple les silences dans son élocution. Ce qui est étrange c’est que les étudiants semblent peu se soucier de cette question d’importance;

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Je ne peux même pas lire tant je tousse. C’est infernal. Et pour le moins bruyant. Je vais foncer acheter du Diméthane que JC me conseille. Journée nulle, zero, rien fait , somnoler tousser somnoler tousser, râler.

Hier j’ai trouvé le petit paquet de AB. On peut dire que les étoiles ont été de courte vie. Les « Bredele » , délicieux petits gâteaux en forme d’étoile n’ont pas eu le temps de former une vraie galaxie car avec les étudiants du matin, on a tout mangé.

Hp direction Le Nemours où je vais faire trembler l’établissement.

NOTE Wielopole

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La chambre de mon enfance n’est qu’un trou sombre et encombré d’objets. Il n’est pas vrai que la chambre d’enfant demeure claire et ensoleillée dans notre souvenir. Seule la convention littéraire la fait apparaître comme telle. C’est une chambre morte et appartenant aux morts. Nos efforts pour la ranger sont vains, cette chambre continuera de mourir. Mais si nous nous contentons d’en retirer de minimes fragments un bout de tapis, une fenêtre avec la rue derrière qui descend tout droit, un rai de soleil sur le plancher, les genouillères jaunes du père, les pleurs de la mère et un visage aperçu derrière le carreau de la fenêtre, alors, il se pourrait que l’on réussisse à recomposer la vraie chambre de notre enfance et, à la même occasion, peut-être aussi notre spectacle ! La fenêtre a son importance ! elle donne, comme nous l’avons dit, sur une rue qui descend tout droit avec, au bout, un immeuble rose à un étage. C’est à ce coin de rue que disparaissait ma mère lorsqu’elle partait pour un de ses longs voyages, à ce tournant qui était le Bout du monde. 

Tadeusz Kantor

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C’est si bien muré qu’on dirait que c’est moi qui l’ai fait sur photoshop.

ASSEMBLAGES

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Hier soir comme CR m’avait invitée je suis allée à la Fondation Vuitton pour la rencontre avec Lucinda Childs. les danses sont interprétées à nouveau par sa nièce Ruth. Je dois dire que l’arrivée by night à la fondation est vraiment quelque chose d’impressionnant. La nuit, les arbres et l’impression que l’on quitte la ville, puis au loin cette espèce de vaisseau transparent comme une méduse. Puis le bruit de l’eau et celle-ci qui roule sur une pente. Plus bas la salle de spectacle éclairée et l’on peut voir ce qui s’y passe. C’est extrêmement « classe » dirait-on.

Les solos étaient drôles et rigoureux. 50 ans après ça n’a pas bougé.

Retour. Truc à la télé nul, avec montagne ensanglantée et espèces mutantes dégueulasses. Je regarde un bon moment.

Sur les Docs: YESSSE

Avant la fondation, j’avais rendez-vous avec I. O à France-culture. J’ai parlé de ce que j’avais concernant Nicole Stéphane et je suis sortie avec une émission de 58 mn à fabriquer. Yep. Suis contente. Pierre Bergé m’avait précédé en râlant car il ne voulait pas passer le portique de sécurité.

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Vendredi matin la révélation. JE VEUX FAIRE PAREIL!!!!!

C.R m’emmène pour la visite presse au Musée Rodin. Je ne l’ai pas visité depuis lurette ( passage dans les jardins lors d’un colloque où j’étais invitée ), et adolescente y dessiner. J’arrive devant les assemblages que je ne connaissais pas ou avais oubliés???? Non on n’oublie pas ça.Hou…. Comme c’est génial, dans tout cet ensemble, collections d’antiques, bras, pieds, têtes… Corps plâtre , cire, pâte à modeler. Quelles merveilles. Epoustouflant.

J’observe du coin de l’oeil Madame Cantor mécène, dans son tailleur pied de poule-coq. je ris en pensant que c’est Rodin lui même qui aurait pu assembler son visage et qu’avec ce nom, on était pas loin de la ( classe) morte. Pourvu que jamais elle ne tombe là-dessus!

Hier soir belle exposition à Galliera. « Première exposition consacrée à la Comtesse Greffulhe qui a inspiré Marcel Proust et les plus grands couturiers de son époque. »

comtesse Greffulhe

Et puisqu’on en est aux expositions, celle du Louvre : Une brève histoire de l’avenir ( Attali ) si elle contient de très belles choses ( Mark Lombardi, casques, cartes, peintures etc….et le diary clouds de Rondinone que j’aime beaucoup), le propos m’ennuie par son simplisme. Et le truc le plus tragique au Louvre, c’est l’installation de Claude Lévêque. Ca fait de la peine -je l’aime plutot bien- tellement c’est indigent, sans reflexion; Déjà que le neon rouge dans la pyramide c’était pas une trouvaille mais là.Le néon ( à chacun son métier ) qui court le long des douves et les petits rideaux blancs qui s’agitent doucement, les chaises en plastoc blanc, comme renversées après un spectacles. Popopo!!!! Une bien merdique encore au Louvre pour terminer . Là on tape dans la pédagogie hideuse: De Hercule à Dark Vador ( moi je ne dis pas d’Hercule à Dark Vador ) .Total les gosses sont où? Devant les notices? Ben non. Devant Star wars.

J’ai invité hier soir Alice au Palais de T. Ce n’est pas très bon ( enfin , bon ) mais le personnel est agréable et A; avec ses emmerdements incessants était contente.

We transfer mouline . J’envoie à CR le film de Nicole sur Sarajevo.

ENQUÊTE

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Apprenant qu’il a le Goncourt, Miomandre court place Vendôme s’acheter trois cravates de soie blanche. Des cravates, il écrit en 1918 : «Le lundi, l’élégance consiste à les porter unies et droites, strictes et définitives comme un ultimatum de grande puissance ; mais le samedi, les relations diplomatiques s’étant sans doute détendues, elles retombent mollement, épanouies et plissées, et comme capricieusement chiffonnées par les mains d’une femme éprise.» Hélas, ajoute-t-il, elles passent trop souvent du présentoir, de cette «adolescence de soie», au torse «d’un sombre imbécile», «misérablement tortillées autour de la percale informe ou de l’infâme celluloïd portés par de quelconques boursiers ou des ronds-de-cuir incertains.» Francis de Miomandre goncourt oublié


Après une journée copieuse sous le signe de Malraux, je respire dans la belle cour des beaux-arts et remonte l’ennuyeuse rue Bonaparte avec ses macarons, ses rideaux, ses cafés touristiques dont le dernier est le Bonaparte en neons rouges; On y tourne un film. Je m’arrête un peu, le temps de constater que la figurante devant se passe la main dans les cheveux quand on dit  » moteur ». Pas facile de ne rien faire.

Je rentre tout de suite ou pas? Non. je passe à la librairie et achète « Les écrits farfelus » du même Malraux qui a 20 ans. Puis assise au Flore, l’oeil vague je regarde entrer sortir, je lève les yeux vers un objet de métal tortillé hideux qui se termine par une sorte de vrai papillon, je sirote mon Pouilly. J’envoie quelques SMS du genre: Il y a deux vieilles tantes à côté de moi. Ce n’est pas bien délicat mais c’est la vérité. J’accuse reception d’un smiley qui pleure de rire. Je lis deux pages, retrouve le plaisir de mon regard vide…

—Doudou… ors… sûr  / rires/ jannot... aristocrate mais

Mon oreille se dresse. ( j’allais dire mon oreille ne fait qu’un tour… ). Je la tends mais n’entends pas bien même si je sens que l’on est sur le terrain Cocteau. Le type qui parle n’est pas jeune, maniéré sophistiqué, visage très mince.On imaginerait bien jean Constantin dire  » Il est d’la haute « . A mon avis mais je ne peux pas me retourner ostensiblement, celui d’en face avec ses converses rajeunissantes aux lacets non noués, a les cheveux teints. Deux schweppes sur la table. (Ma mère prenait toujours un Schweppes si on allait quelquepart et j’ai toujours trouvé cette boisson amère et délicieusement démodée.)

J’aimerais une sorte de cornet auditif pour entendre, un filtre à café Melita king size ferait l’affaire!

A Milly on entrait par le garage-ils l’ont transformé en salle de cinéma… chambre… leopard/ rires ( je pense au tissu léopard que j’ai arraché dans le chantier de la maison ) et au coffret que m’a offert un peu plus tard DP.

Bref , bref … Un livre est sur leur table et je réussis à lire un truc du genre: Du Sida au Goncourt… Je suis certaine que l’auteur est mon aristocrate à col roulé et reconstitue son nom: Philippe de Miomandre, petit neveu du Goncourt oublié, Francis de Miomandre né Durand.

Apprenant qu’il a le Goncourt, Miomandre court place Vendôme s’acheter trois cravates de soie blanche. Des cravates, il écrit en 1918 : «Le lundi, l’élégance consiste à les porter unies et droites, strictes et définitives comme un ultimatum de grande puissance ; mais le samedi, les relations diplomatiques s’étant sans doute détendues, elles retombent mollement, épanouies et plissées, et comme capricieusement chiffonnées par les mains d’une femme éprise.» Hélas, ajoute-t-il, elles passent trop souvent du présentoir, de cette «adolescence de soie», au torse «d’un sombre imbécile», «misérablement tortillées autour de la percale informe ou de l’infâme celluloïd portés par de quelconques boursiers ou des ronds-de-cuir incertains.»

Francis de Miomandre Goncourt oublié

Et cherchant plus tard, je trouve le buveur de Schweppes photographié  » dans son village du 16eme arrondissement  » sur un grand canapé de cuir blanc. Une couverture de fourrure jetée près de sa main droite.Sa main gauche tient un livre dont le titre nous est destiné. A l’arrière, deux grandes peintures verticales posées sur des miroirs muraux,  représentant des guerriers torse poil de type européen en Hakama. Un bouquet de fleurs roses se reflètent à l’arrière.

Il est l’auteur d’une biographie de Cocteau.

Ils se lèvent et décident d’aller diner à l’odeon, Aux éditeurs. l’autre demande s’il faut réserver et P2M le rassure en souriant: —Ils me gardent toujours une table

Affaire classée.

Je marche jusqu’à la Concorde. C’est magnifique de traverser le pont .

 

Le canapé

canape-cochon

Je me disais ce matin en levant le nez de ma tasse de café et de mon livre ( Pratiques de la lecture, l’article de Louis Marin très intéressant ),je me disais { et on se demande comment surgissent certaines réflexions alors qu’on est en train de lire un truc sur Poussin }, je me disais qui’il existait de grands menteurs comme Malraux par exemple, et que ce n’était pas facile du tout de s’inventer des vies. En reposant livre et tasse je me disais en souriant que j’aurais pu m’inventer des parents blessés pas le balles d’un Mesrine qui aurait croisé leur chemin… Je me disais « et quoi d’autre? » . He bien ce n’est pas facile d’imaginer que l’on a vécu dans l’Atlas, ou à Londres. Ce qu’on y aurait fait encore moins. J’admire des gens comme Rocancourt l’escroc (Six mois après sa sortie de prison, Christophe Rocancourt vit à Rouen, où il est assigné à résidence. Dans des vies précédentes, Christophe Rocancourt a joué plusieurs rôles : producteur de cinéma, héritier des Rockefeller, champion de boxe à la retraite. Ces parcours qu’il s’inventait lui ont servi à plusieurs reprises à abuser de personnalités.) Il dit:« J’aurais dû faire de la politique, parce que j’étais un bon menteur à l’époque.« 

Samedi soirée chez guy. J’en pars hilare à cause du canapé qui s’est effondré. Ca n’amuse pas du tout G. Et  JJL a eu la malchance d’y être assis au moment de l’écroulement. Bon. Je dis une bêtise et G. devient dingue , et moi j’insiste si bien qu’il demande à ce que je parte, à ce qu’on m’emmène. J’en ris encore. Plus tard on s’enverra avec des amis des images de canapés, tous plus horribles les uns que les autres. Mais il m’inquiète car son regard devenait fou. Ce n’est pas drôle du tout.

Alors que pour me lever d’une chaise ou ramasser un truc, je grimace, le tennis va bien mieux et je n’ai pas mal au dos pour jouer… Bon je file. RV au Nemours avec J. et Louvre pour papoter.

Plus plus tard.

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