ECOLE des B.A

Gherasim Luca

Premiers diplômes que je fais passer, c’est à dire préparer les étudiants à montrer leur travail. Très beaux moments avec Laurent et Christine dans deux présentations totalement différentes (heureusement!!): L’apres midi d’un faune ( jury sévère quant à ce travail que j’ai trouvé très beau , sensible et encourageant.) ( Plus patrouille aérienne qui répète le 14 juillet dans le ciel !!!!Et  » Chez les grands parents, depuis la fenêtre « , une mise en scène et l’histoire d’une famille chinoise. CK est très méritante car elle ne voulait présenter prudemment que des photos et que je l’ai poussée dans ses retranchements à oser quelque chose quitte à échouer. Malgré un retard considérable et une mauvaise organisation elle s’en est très bien sortie, a parlé avec détermination et force. Peut être que LG était trop confiant. Mais les réflexions qu’ont lui a faites l’ont déstabilisé c’est certain. Bref j’avais moi aussi l’impression de passer mon diplôme, de passer devant un jury.

Cet après-midi je vais au Louvre à 15h30, seule !!! J’en ai trop envie!!!!. Départ retardé à Mardi. Attendons les résultats…

Pas commencé Michel de Certeau mais Elisabeth George !!!!!!!

Hier RV dans les collections. L’endroit est magnifique et je rêve de la table ronde qui me fait penser à la séance spirite chez Fritz Lang. Divers choses sont présentées : Molinier,  » Zorro » , Unica Zorn, etc… Jusqu’à Delacroix… La merveille pour moi est l’album magnifique de Gherasim Luca. Un livre de photos qu’il a sans doute acheté aux puces, avec des fermoirs. Il a glissé dans les espaces où d’habitude on voit des familles, des hommes droits dans leur uniforme, des enfants en robe de baptême, des femmes langoureusement appuyées à une colonne de carton, et des flous, des tâches, des surexpositions…

Soudain et sans rapport ( si un peu/ L’idée peut -être du bégaiement ) je repense à ce que j’ai envie de faire avec X , à propos de Thomas Bernhard./

A suivre car le compagnon de Michou muni de son verre de vin blanc s’installe à ma table?. C’est la vente cet après-midi ( comme dit X il vaut mieux voir tout ça dans le noir ( 😩). Je pense que Donald Trump doit avoir le même goût sûr !!!! Bref il me dit qu’il n’ira pas car il ne veut pas acheter ce qu’il a offert à Michou. Puis il me raconte sa vie, ce qui n’est pas désagréable mais bon. Le café du matin, tranquille…. Bref…

« Qu’est-ce-qu’on peut être si on est ni vivant ni mort ? »( Claude Regy )

Le mal de dos me casse les pieds si l’on peut dire. Hier je suis donc rentrée à la maison après les RV aux Beaux-arts, qui sont bien déserts. C’est beau là-bas. On dirait qu’un Dimanche s’y est abattu. Bus et Bus et masque. Je me traine à vrai dire et en même temps c ‘est assez délicieux de ne rien faire moi qui n’en ai pas l’habitude. Les étudiants sont une récréation. Ce matin à 10h, Alex au Bar des A, puis Sarah. J’échange des propos stupides avec quelques habitués ( le commissaire poulet rôti et j’en passe ) Finalement moi qui ne déjeune jamais, je commande quelque chose en palpant les livres que j’ai pris à côté. Métamorphoses de Emanuele Coccia, Le cas Homère de Nietzsche, Les oiseaux de Tarjei Vesaas dont je ne sais rien. Tiens allons regarder… Je tombe sur Claude Régy, ce qui est toujours délicieux tant ce qu’il di est toujours juste.

« Il n’est de vrai que l’indicible et l’écriture ne sert que quand elle touche à l’indicible. Quand elle a l’air de dire ce qu’elle veut dire, c’est en général des œuvres qui n’ont absolument aucun intérêt ».

Claude Régy

Jeronimo in or out?

Tommy

Ca me passionne toujours les têtes brûlées, criminels, mafieux et autre petits Gars Corses. Lui a passé 57 ans en taule. Et a 86 ans va t’il sortir pour se faire buter dans l’instant? « Patriarche » de la prison de Borgo, il lit la Bible, dirige la chorale et adresse chaque jour à son avocat un SMS figurant « une image pieuse ou une photo de Notre-Dame-de-la-Garde »…

Ouf concours entrée terminés. Plus que les diplômes. Cet aprem radio du dos, puis beaux arts. Roselyne Bachelot ministre de la Culture. On rigole. Bon je n’ai rien à dire. Des rêves pénibles, envie de partir.

Finalement, ou les deux chapeaux mal proportionnés

Voltaire et le champignon géant

La journée aux Beaux-Arts m’a empêchée de penser que R. était mort il y a 4 ans. 15h. Il y a toujours quelque chose de déplaisant qui s’insinue, quelque chose que je n’ai pas compris. Des explications mal enregistrées sous le choc. Bref. Ça ne changera rien. Mais du » Ça ne va pas fort ce matin » et ma réponse « j’arrive« … Puis la réanimation, l’attente. Puis . Puis à 15 h la fin. Re/ bref.

C’était mieux donc d’assister à des diplômes, de discuter avec des étudiants et d’avoir dans quelques minutes encore RV . Et demain encore. Le Café est presque désert. Il fait grisou. Retour à Paris après presque 4 mois / déplaisant ( le retour ). Le bruit, l’impression d’être enfermée. Les voitures. Je ne vais quand même pas vivre à la campagne!!! De retour Hop à la galerie: Sans perdre de temps, bonjour, vider la voiture, dérouler les peintures… Photos. Trainer sur le canapé du bureau de C., dire des âneries. Repartir. Creuvée. Le soir au restaurant Hongrois. Simple et bon.

Les expos décalées, La Dogana, Unlimited, l’expo chez Christophe, le Musée Picasso à Barcelone… Dommage mais pas bien grave. J’ai beaucoup travaillé. Sans aucun souci. Avec mes oiseaux et les vaches en face de la maison.

Derrière moi, un Monsieur n’a plus qu’une dent, un noeud papillon plat et une voix de stantor.Il raconte sa vie à je ne sais qui. Le je ne sais qui prend des notes. Il est question de lits métalliques, de Metz . Ça m’intrigue. Il a comme les deux personnes d’hier face à l’académie de Médecine, une tête de figurant de Fellini. Hier lorsque la dame est entrée au café des Deux académies ( tiens ils parlent d’infirmières en psychiatrie, mais comme il n’a que sa dent , je comprends mal / Saint Anne en 66 puis Maison Blanche. Professeur Siberac. Cris des hommes, le manque de place…) Donc hier la dame entre en disant J’ai faim. Elle est âgée, élégante et son chapeau de paille est trop haut par rapport à sa largeur. Je m’arrête de parler à U, et lui dis Regardez, c’est trop beau. Plus tard un homme âgé, son chapeau à lui est trop plat par rapport aux bords de paille.

Table derrière: énucléation/ Sortir l’oeil de l’orbite … Hum hum Le pavillon enfants à Maison Blanche en 1969/ Est il du côté du corps médical ou patient. Je dirais côté patients.

Quand l’autre jour nous étions sur la terrasse du Bar des amis, C. qui est toujours seul avec comme canne un manche à balais et une certaine élégance , alors qu’il méditait s’est écrié avec son accent Stéphanois ( polonais fils de mineur ):

—Ça vous révolte pas le prix des pommes de terre?

Puis il est retourné à ses méditations… Ca m’a beaucoup fait rire car c’était soudainement Beckett qui m’apparaissait. Cette phrase anodine, qui arrivait là, ni plus tôt, ni plus tard…Là. Un peu comme dans Godot et le costume tout fait: gants de cuir blancs ( mais où les a t’il trouvés, grosses chaussures, lunettes de star… )

Derrière ils parlent de Maths maintenant. Zut il y a trop de bruit, j’entends mal… Il est mélomane, fait de la peinture, écrit de la prose… Il aimait le côté pacifique de la guerre, c’est à dire l’armée en temps de paix. 68 ne l’a pas intéressé. Il préparait sa thèse…

J’ai acheté Wolfson ( Comment est arrivé à la maison son livre au titre sans fin ), Louis Wolfson. Le Schizo et les langues

Oiseaux, coraux , cris fleurs, plantes répond-il ( Maison Blanche ) Le garçon demande quels sons on entendait dans les pavillons. C’est une bonne question.

Bon, je ne vais pas passer la journée ici…

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