ECOLE des B.A

Gherasim Luca

Premiers diplômes que je fais passer, c’est à dire préparer les étudiants à montrer leur travail. Très beaux moments avec Laurent et Christine dans deux présentations totalement différentes (heureusement!!): L’apres midi d’un faune ( jury sévère quant à ce travail que j’ai trouvé très beau , sensible et encourageant.) ( Plus patrouille aérienne qui répète le 14 juillet dans le ciel !!!!Et  » Chez les grands parents, depuis la fenêtre « , une mise en scène et l’histoire d’une famille chinoise. CK est très méritante car elle ne voulait présenter prudemment que des photos et que je l’ai poussée dans ses retranchements à oser quelque chose quitte à échouer. Malgré un retard considérable et une mauvaise organisation elle s’en est très bien sortie, a parlé avec détermination et force. Peut être que LG était trop confiant. Mais les réflexions qu’ont lui a faites l’ont déstabilisé c’est certain. Bref j’avais moi aussi l’impression de passer mon diplôme, de passer devant un jury.

Cet après-midi je vais au Louvre à 15h30, seule !!! J’en ai trop envie!!!!. Départ retardé à Mardi. Attendons les résultats…

Pas commencé Michel de Certeau mais Elisabeth George !!!!!!!

Hier RV dans les collections. L’endroit est magnifique et je rêve de la table ronde qui me fait penser à la séance spirite chez Fritz Lang. Divers choses sont présentées : Molinier,  » Zorro » , Unica Zorn, etc… Jusqu’à Delacroix… La merveille pour moi est l’album magnifique de Gherasim Luca. Un livre de photos qu’il a sans doute acheté aux puces, avec des fermoirs. Il a glissé dans les espaces où d’habitude on voit des familles, des hommes droits dans leur uniforme, des enfants en robe de baptême, des femmes langoureusement appuyées à une colonne de carton, et des flous, des tâches, des surexpositions…

Soudain et sans rapport ( si un peu/ L’idée peut -être du bégaiement ) je repense à ce que j’ai envie de faire avec X , à propos de Thomas Bernhard./

A suivre car le compagnon de Michou muni de son verre de vin blanc s’installe à ma table?. C’est la vente cet après-midi ( comme dit X il vaut mieux voir tout ça dans le noir ( 😩). Je pense que Donald Trump doit avoir le même goût sûr !!!! Bref il me dit qu’il n’ira pas car il ne veut pas acheter ce qu’il a offert à Michou. Puis il me raconte sa vie, ce qui n’est pas désagréable mais bon. Le café du matin, tranquille…. Bref…

Notes Juin

Herbert George Ponting

La scapulomancie, ou spatulomancie (du latin spatula, « omoplate »), autrefois appelée omoplatoscopie, est une forme d’ostéomancie qui consiste en la divination par l’examen d’omoplates d’animaux, et par extension d’autres parties osseuses plates comme les plastrons de carapace de tortue (pour lesquels existe le terme « plastromancie », assez peu utilisé). Elle fut pratiquée dans de nombreux endroits du monde : Europe, Afrique du Nord, Proche et Moyen-Orient, Nord-Est asiatique et Amérique du Nord. Souvent, l’omoplate était soumise au feu ou au contact d’un objet chauffé et l’on observait l’aspect des craquelures ainsi causées ; on parle de pyroscapulomancie, une forme de pyromancie.

BARRE LATERALE

Scapulomancie

Marey/ MAchine à fumée avec obstacles

Herbert George Ponting

Les comédies d’Andreas Gryphus

Jochen Gerner

quelle est la place de la mémoire chez l’homme grec / Vernant

How I Built myself a house / Thomas Hardy

Histoire de le divination dans l’antiquité

Eurycles of AThens

Eloge du journal filmé

Hypnotic behavior

The expressions of emotions in the pigeons

Lectures Armand GAtti

Good Boy / Alain Buffard

Musicage/ Cage muses

Monde de l’art et types sociaux

Sayat Nova

Archivio Gastone Novelli

Association des lecteurs de Claude Simon

Novelli et le problème du langage

Deutch Littérature Archives

WG Sebald Ue vie une oeuvre

Du temps et des lieux chez Sebald et quelques autres

Sarah Kane, anéantie

Le mur invisible MArlen Haushofer

Entretien de Peter HANdke

Gerard Van der Gutch

Jardins, réflexion sur la condition humaine/ John Dixon Hunt

La sagesse des jardins

L’exemple de la grotte de Venus à Linderhof

Le capitaine Fracasse pare les coups de bâton

Bernie Krause et son grand orchestre des animaux

John Alexander Skelton

Show studio

Mallarmé professeur d’anglais et martyr

La présentation spatiale des vers de MAllarmé dans le poème un coup de dés

René Magritte-LA substantifique Moelle

Carnaval d’Ecaussines

Dada Cabaret Voltaire

Arthur Bispo do Rosário

Trilogy On Kawara

Modernisme Lab/ Collaborative Research on literary Modernism

Le cousin Pons

moi

 » En cette période folle de Coronavirus, j’ai réussi à finir une oeuvre « …

Comme dirait Marina Abramovic, J’avoue avoir été choquée . Puis en riant me suis dit que j’étais grognon , mais quand-même. ..) Puis me suis dit que l’humanité était sauvée si un artiste avait fini une oeuvre à défaut de trouver un vaccin. Je manque parfois d’humour mais ce qui est déplacé est déplacé. Même pas lu l’article du coup. Commencé Le cousin Pons et m’émerveille de la langue précise, difficile pour qui serait né en 2000. J’avais amorcé Louis Wolfson mais cette histoire de Cancer ( « Ma mère musicienne est morte d’une maladie maligne… » ) ce sera pour plus tard. Viens de commander un livre à ce sujet Dossier Wolfson : Ou L’affaire du Schizo et les langues. Ca m’intéresse. Ce qui est étrange , c’est que ce livre qui trainait ici, est ce Jonathan qui me l’avait donné ou moi acheté… correspond au moment ou je vois B. ( en ai-je déjà parlé ? ) qui est un homme souriant mais dont les propos sont complètement décousus, mélangés, incompréhensibles ( « 400 MILLIONS ET LA BOUSSOLE SUD SUD OUEST… « ) L’autre jour il nous a apporté un dossier insensé où plans de saint-etienne avec localisation des cachettes des Templiers , étaient mélangés avec des courriers à des avocats, un profil de femme dessiné et annoté… Il a sorti de son sac et d’une petite pochette une pierre puis une loupe afin de voir les signes ( 3 N dirait on ) qui apparaissent. On lui a jeté la pierre et un sort mais il peut transmettre à nouveau ce sort. Il est sourcier comme son père, détecte les champs magnétiques, entend le passage du mur du son comme vous et moi et donne les avocats aux chiens ou an feu-ne restent que les tibias et encore. Les momies de la Collégiale l’intéressent bien sur comme toute personne qui a reçu 4 fois la foudre ( je n’ai pas de mal à le croire ) Mais épuisant à force….

Poursuis les petites peintures. Difficile. Un peu illustratif. C’est étrange d’être nez à nez si on peut dire avec le support alors que d’habitude , sauf au moment du contact je suis assise loin . Bizarre je peins une espèce de personnage emprunté à la période Vache de Magritte . Ne trouve plus le titre -le personnage a une jambe de bois. Il se promène sur un fond quadrillé orange, sabots au pieds, sac sur l’épaule et va passer devant une église noire. Il a son chapeau sur la tête , le même que l’amateur d’estampes de Daumier sur la couverture du Cousin Pons.

Ici je vois les saisons

Ca commence par un rêve aujourd’hui 8 h. Rêve ventoline pourrais je dire. Rêve claustrophobie. Cauchemar qui se termine par l’impossibilité absolue de retrouver un livre pour CR qui était là, il était là. ( oh réduire de 20 pour 100 les salaire de Ryan air. Hou Lala, le bazar que cela va créer. Ryan air bénéficiaire en plus, un milliard l’an dernier ). Alors ça se passe dans le 11ème arrondissement et on est invités ( nous sommes plusieurs ,je ne sais pas pour quelle raison nous sommes invités et qui, à une sorte de parcours catastrophe qui commence par une descente verticale comme dans un puits, puis différents pièces avec accompagnateurs et une plongée en sous-marin, du brouillard, l’impossibilité de savoir combien de temps durera cette expérience. La dernière étape. Je sors facilement dans la rue, un couple que je connais pas entre et j’ai un livre pour la fille. Je dois retourner aux Beaux art, je peine à rassembler mes affaires. Ma veste est la même que celle d’un participant, mon écharpe aussi ( mon cache-nez, mot que j’adore et qu’on emploie plus-trop risqué de voir le regard d’un étudiant se figer en une interrogation sincère ). Les objets sont doubles. Dans mon sac il y a des crevettes et d’autre aliments périmés. J’embrasse ce couple inconnu et prends congés. Ils sont littéralement immenses, plus de deux mètres chacun. J’avais aussi par mégarde emporté le carnet noir de CR. Je le retrouve et fais tomber des pièces de monnaie suisses.Ca y est je suis libre. Traverse l’avenue et tente d’entrée dans le métro . Le caissier prévient que les gens de couleurs, ou les juifs etc doivent prendre en face le bus 85. Personne en réagit. Je n’ai pas de ticket. descends à nouveau pour trouver des ouvriers au travail. Il n’y a plus de rails.

Fourmis dans la main gauche. Hier pluie et pluie. Suis restée à travailler ici en regardant mon telephone. C’est bizarre de ne pas avoir de nouvelles de la Villa M où on m’a proposé cette exposition à laquelle je pense. j’adore ce projet. Mais plus de nouvelles et pas de réponse. Hum. U peu hypocondriaque et ce dos dont la douleur semble t-il s’est déplacée à droite avec un point devant. Très peu marché , pas montée sur le vélo. Et je culpabilise.

Première terrasse. Café. Il ne fait pas très beau mais ce n’est pas grave. C’est assez agréable de retrouver des visages même si ce confinement était plutôt un rêve: Lire, travailler, se taire, prendre le soleil, marcher un peu, regarder les oiseaux et les araignées, écouter la radio.Aujourd’hui les roses, et les fraises des bois. Les vaches rejoindront le pré en pente vers 9h. Régularité. Campagne, pas de transport.

Un type d’une soixantaine d’année vient vers moi en souriant. Je ne sais plus qui c’est et lui renvoie son sourire. Il me rappelle quelqu’un. G se tourne et me dit:_oh non… Passe moi ton livre. Tess change de main. le type qui tire une sorte de caddie écossais aujourd’hui parle et parle. Des choses insensées qui vont du tibia d’un chien à un avocat qu’il faut brûler, des francs maçons, des animaux. Il a un peu de salive au coin de la bouche à gauche. Il s’arrête tourne, revient. Part , revient. Il est absolument fascinant. G est exaspéré ( pour moi c’est exotique mais cela doit être exaspérant ) et c’est à mourir de rire ce dialogue d’un masque désagréable et d’un figure hilare qui ne manque pas d’intelligence ( dernière lettre de Camus à Maria Casares ).

Ce type c’est la machine Enigma détraquée. Quelqu’un a interverti les fils. On dirait que Bernard a été démonté et remonté à la hâte de façon désastreuse et négligente: Les domaines se chevauchent: pensée, objets, réflexions, philosophie et proverbes qui forment à présent des phrases totalement obscure. On les dirait écrites par un mauvais auteur en quête d' »originalité » comme on . Fascinat. ce serait génial de l’enregistrer . J’adorerais. Il faut que je redescende mon bon magnéto ( qui ressemble à un nagra de l’Allemagne de l’Est ).Il est reparti revenu, reparti revenu, a sorti une feuille d’un dossier orange et moi qui pleurais e rire. Bon, n’est pas Artaud qui veut ou William Burroughs mais en live c’est génial. pas repris de café.

Un peu de tristesse depuis hier. Ai commencé des petits formats ( quelle difficulté !! ). Pas envie de revoir Paris ou bien si? Pas envie de retrouver le temps. C’est perturbant le temps qui n’a plus de sens mais c’est fascinant. Dois demander à AB ce qu’elle pense de Zizanie de Clara S. On vient de me l’envoyer, Paula vient de me l’envoyer et c’est le premier objet dans la boite de puis;;;avant . CR trouve cela très mauvais, R idem. Et moi qui commence quelques pages, ne déteste pas cet ouvrage dirait on uniquement fait de citations et d’extraits suivis de quelques réflexions et notes. Je ne connais absolument pas les auteurs ( non je ne mets pas de E. C’est moche ) américaines pour le plupart et féministes. La voix et un sujet qui me « parle » comme on dit ( Haha ). Je trouve qu’il n’est pas stupide et même étonnant de constater que la voix des femmes est devenus plus grave ( après l’obtention du droit de vote dit-elle …). Il est évident que de la voix de Mireille sur son chemin qui sent la noisette à celle de Adèle Vandret qui parle en ce moment mais l’exemple n’est pas bon, il y a comment dit on ( la musique et moi?… Bon bref) .Me voilà partie chez Eurycles d’Athènes et sa ventriloquie et la divination… Hop hop hop. Je n’ose regarder le nombre de PDF rangés et  » à lire « . Que des trucs intéressants.

J’ai les cheveux qui ont largement poussé et je n’aima e pas cela et je n’arrive pas non plus à les raser. je n’aime ni ma tête , ni mon corps endormi après toutes ces années de sport. J’ai l’impression d’entrée dans l’âge ou commencent les grimaces dès que l’on se lève de sa chaise.

Tess. J’adore lire ce livre et vraiment le moment où l’histoire s’assombrit , le moment qui suit la confession est si réussit qu’il affecte mon humeur. Voici Angel parti, Tess rentrée chez ses parents; Suite tout à l’heure. Scènes de somnambulisme à la Fussli , né bien plus tôt. Traversée du torrent, drap blanc comme un suaire, tombeau des ancêtres…

How I Built Myself A House

Pas encore lu le texte de CB, un ancien étudiant qui a écrit sur moi. Drôle d’idée et surprise car il n’en avait rien dit. Je redoute que toutes ces peintures des derniers mois ne soient pas terribles. on verra. Elles sont superposées sur le mur. Une ligne de 3. R. baisse la radio car il ne supporte pas la voix d’Aznavour comme moi celle de Brel. C’est drôle ces choses là, ces voix-là que l’on ne peut entendre, qui nous révulsent comme le toucher du grès ou du papier de verre où… que sais-je il y en a beaucoup.

SUITE SAINTS

JE N’ARRIVE PAS À METTRE D’IMAGE AH SI / Où est elle ??? DONC IL FAUT IMAGINER!

I Santi Cosma e Damiano e Santa Apollonia tela di Pomponio Amalteo (1533) nel duomo di San Vito al Tagliamento.San Sebastiano con San Rocco i Santi Cosma e Damiano e Santa Apollonia tela di Pomponio Amalteo (1533) nel duomo di San Vito al Tagliamento.

Ici c’est l’image qui correspondait aux mots du soir Pasolini

I Santi Cosma e Damiano e Santa Apollonia tela di Pomponio Amalteo (1533)

puis « panneau de la prédelle de la Pala di San Marco de Fra Angelico au Musée national San Marco, Florence« , et Maître du Retable Stettener et Schnaiter (attribué à) Miracle de la jambe noire Début du 16ème siècle Huile sur bois 119 x 77 cm Stuttgart Landesmuseum …

MEA CULPA, hier j’ai raconté des âneries et cette nuit l’histoire était claire. 
Saint Cosme et Sain Damien sont deux frères jumeaux !!!!!! . ET chirurgiens …Ils sauvent un patient en lui greffant une jambe de Maure.
« Le plus célèbre de leurs miracles est d’avoir réussi à greffer une jambe de Maure à la place d’une jambe nécrosée d’un patient. Ce miracle porte le nom de  Miracle de la jambe noire »Le pape Félix, aïeul de saint Grégoire, fit construire à Rome une magnifique église en l’honneur des saints Côme et Damien. En cette église se trouvait un serviteur des saints martyrs auquel un  chancre avait dévoré toute une jambe. Or, voilà que, pendant son sommeil, lui apparurent les saints Côme et Damien qui portaient avec eux des onguents et des instruments. L’un dit à l’autre : —« Où aurons-nous de quoi remplir la place où nous couperons la chair gâtée ? » Alors l’autre répondit : —« Dans le cimetière de saint Pierre-aux-Liens, se trouve un Ethiopien nouvellement enseveli; apporte de sa chair pour remplacer celle-ci. » Il s’en alla donc en toute hâte au cimetière et apporta la jambe du maure. Ils coupèrent ensuite celle du malade, lui mirent à la place la jambe du maure, oignirent la plaie avec soin; après quoi ils portèrent la jambe du malade au corps du maure. Comme cet homme en s’éveillant ne ressentait plus de douleur, il porta la main à sa jambe, et n’y trouva rien d’endommagé. Il prit donc une chandelle, et ne voyant aucune plaie sur la jambe, il pensait que ce n’était plus lui, mais que c’était un autre qui était à sa place. Enfin revenu à soi, il sauta tout joyeux hors du lit, et raconta à tout le monde ce qu’il avait vu en dormant et comment il avait été guéri. On envoya de suite au cimetière, et on trouva la jambe du maure coupée et celle de l’autre mise dans le tombeau.Légende dorée

Apres ça finit mal Voici leurs têtes ( qui m’a parlé de reliquaires ?)

Bon. Toujours les rêves menaçants, Amiens et le jardin, cacher je ne sais quoi. 3 livres. Lesquels? Ange Leccia… que vient il faire. Si menaçant. Heureusement que j’ai donné le paquet qu’il convoite à X. Me souviens pas. C’est vraiment désagréable. Se cacher, partir… Pénible

Les oiseaux font le matin un bruit d’enfer et ça me fait rire d’engager avec eux des sortes de conversation. Aujourd’hui, terminer la peinture Number 10 depuis le 18 Mars.

Censure

Mauvaise nuit! Rêve et rêve et même rêve :Ce spectacle pas prêt , ce texte pas su, ce téléphone dont je ne peux rien faire. Impression que le rêve d’aujourd’hui est le même que celui d’hier. Angoissant. Annuler oui, mais le numéro que l’on me donne ( c’est un prêtre en fauteuil roulant qui a le numéro ) est une succession de signes que l’homme à la soutane, me convertit par une suite d’opérations compliquées. Je crois que le bon docteur Freud ne s’ennuierait pas avec moi et me ferait même les séances gratos ).Je bois mon café en observant une photo de Maiakovski et Lili Brick. L’image est en noir et blanc. Le décor? Un étang ou une mare, des arbres, des reflets dans l’eau. Un peu d’herbe au premier plan puis elle et lui, eux sur la photo du haut, lui seul sur celle du bas. Elle en bas s’est évaporée.La censure est passée par là pour effacer la jeune femme au chapeau, grand manteau, mains croisées, pied gauche légèrement en arrière , sur sa pointe comme « on » le fait avec chichi. ( La dernière fois où j’ai vu cela, c’était du haut de ma chambre à La Villa M, ou j’étais revenue pour 2 jours. J’observais une séance photo ridicule: Deux japonais en mariés posant avec « chichi » devant un artiste metteur en scène !!! )Donc sur l’image , un homme et une femme. Lui pose la main sur le tronc d’un arbre , il porte un chapeau , il a une canne. Un grand manteau aussi et je crois que dans sa poche droite il a mis un livre. Il a un noeud papillon et une chemise blanche. Tous deux fixent l’objectif. Mayakovsky et Lili brick. Sur l’autre image, il est seul. c’est très étrange ces photos. Pourquoi a t’elle disparu?

Qui est Agostino Scilla

Je n’en sais rien, mais ce que je connais c’est mon rêve de cette nuit. Bizarre comme Londres est récurrent. Le Londres qui n’est pas loin de la Place Clichy comme chacun sait. Le Londres où j’oublie toujours le nom de mon hôtel, ou je vais en taxi ( et là nous sommes à Rome devant je ne sais quel monument…. ) voir une exposition qui a lieu au théâtre Français ( on m’a donné des invitations je ne sais où, où je triais mes affaires dans des petits sacs de peur de les perdre ) Dans l’exposition une video montrant un visage qui bouge très lentement. En sortant, une dame émerge d’une flaque emportant à bout de bras une grande poupée; Je dis à une autre dame qui passe , habillée en noir qu’elle devrait regarder Baby Jane. Elle descend des marches, nous aussi. C’est un cinéma qui est là. Mais ilets abandonné, c’est plutôt une curiosité. Il y a une grande plaque de verre au milieu des marches . —Je l’ai vue , dis-je en Anglais . Je poursuis ma descente ( sans Dante ) dans cette sorte de cône. Me retourne. Il y a un bas relief d’homme allongé en céramique et en assiettes cassées comme les peintures des années 80 de Schnabel. En remontant je vois des fauteuil d’un théâtre à l’italienne. On sort . Je suis avec D. et J. qui elle veut parler peinture. J’habite avec elles dans un appartement.Je casse un coquetier. Je suis fatiguée. Je n’ai rien mangé depuis longtemps;De toutes façons je me sens mal ( et dans le rêve je retrouve les sensations éprouvées tout au début à la villa Medicis). Un taxi, je n’arrive pas à y monter il faut me pousser. Le chauffeur me montre des minuscules personnages ( genre Favier des débuts ).Je les achète qui le sac se renverse. On poursuit nos cercles, en traversant des appartements où des gens déjeunent. ON passe sur la pointe des pieds et les Anglais se trompent en disant fenêtre pour porte. A chaque personne que je croise, une catastrophe; cette dame qui me tient mon sac rose ( Deux dames au manteau rose, j’y repense se font des drôles de signes religieux ) , donc je confie mon sac et la dame part en furie, en fureur et se fait presque écraser car elle a foncé sur la route. Je récupère le sac enchanté et m’excuse. Elle ouvre une porte et disparait dans un escalier. Je ne mange pas. Je suis en face de Big Ben. J’ai pris le bus C. Et je vais vivre là, sans atelier, sans bien parler Anglais??? Je perds mes affaires, retrouve mon telephone, ne réussit pas à téléphoner à D. Sur son répondeur, en message d’accueil il y a un texte démesurément long et on ne peut pas parler. Miracle là voilà ici face à moi assise à une table en extérieur et elle fait des aquarelles roses. En face, on devine une rue avec des restaurants Japonais. On parle de R. qui m’a quittée et D . me dit qu’elle la vu à Fontainebleau. Je ne l’appellerai pas.
Ouf se réveiller . Je déteste ces rêves angoissants qui m’affectent réellement et je pense à perdre de la Ventoline …

Hier Les mots du soir 16/ Barthes 1973:

Avez-vous une méthode de travail ?
R.B Tout dépend du niveau où vous placez la réflexion sur le travail. S’il s’agit de vues méthodologiques, je n’en ai pas. S’il s’agit en revanche de pratiques de travail, il est bien évident que j’en ai. Et là, votre question m’intéresse dans la mesure où une sorte de censure considère justement ce sujet comme tabou sous prétexte qu’il serait futile pour un écrivain ou un intellectuel de parler de son écriture, de son « timing » ou de sa table de travail.

Lorsque beaucoup de gens s’accordent pour juger un problème sans importance, c’est généralement qu’il en a. L’insignifiance, c’est le lieu de la vraie signifiance. Il ne faut jamais l’oublier. Voilà pourquoi il me paraît fondamental d’interroger un écrivain sur sa pratique de travail. Et cela, en se plaçant au niveau le plus matériel, je dirais même minimal, possible. C’est faire un acte antimythologique : contribuer à renverser ce vieux mythe qui continue à présenter le langage comme l’instrument d’une pensée, d’une intériorité, d’une passion, ou que sais-je, et l’écriture, en conséquence, comme une simple pratique instrumentale.
Comme toujours l’Histoire nous indique bien, d’ailleurs, la voie à suivre pour comprendre que des actes très laïcisés et futilisés chez nous, comme l’écriture, sont en réalité lourdement chargés de sens. Lorsque l’on replace celle-ci dans le contexte historique, voire même anthropologique, on s’aperçoit qu’elle s’est longtemps entourée de tout un cérémonial. 

Dans l’ancienne société chinoise, on se préparait à écrire, c’est-à-dire à manier le pinceau, au terme d’une ascèse quasi religieuse. 

Dans certaines abbayes chrétiennes du Moyen Age, les copistes ne se livraient à leur travail qu’après un jour de méditation.


Personnellement, j’appelle l’ensemble de ces « règles », au sens monastique du terme, qui prédéterminent l’œuvre (il importe de distinguer les différentes coordonnées : temps de travail, espace de travail et geste même de l’écriture) des  » protocoles  » de travail. L’étymologie est claire : cela veut dire la première feuille que l’on colle avant de commencer.

Est-ce à dire que votre propre travail s’inscrit dans un cérémonial ?

R.B. : D’une certaine manière, oui. Prenons le geste de l’écriture. Je dirai, par exemple, que j’ai un rapport presque maniaque avec les instruments graphiques. J’en change assez souvent, pour le simple plaisir. J’en essaie de nouveaux. J’ai d’ailleurs beaucoup trop de stylos. Je ne sais même plus qu’en faire. Pourtant, dès que j’en vois, ils me font envie. Je ne puis m’empêcher de les acheter.
Lorsque les pointes feutres sont apparues sur le marché, je les ai beaucoup aimées. (Le fait qu’elles fussent d’origine japonaise n’était pas, je l’avoue, pour me déplaire.) Depuis, je m’en suis lassé parce qu’elles ont le défaut d’épaissir un peu trop vite. J’ai également utilisé la plume : pas la sergent-major qui est trop sèche, mais des plumes plus molles comme la  » J « . Bref, j’ai tout essayé… sauf la pointe bic, avec laquelle je ne me sens décidément aucune affinité. 

Je dirais même, un peu méchamment, qu’il existe un « style bic » qui est vraiment de la « pisse copie », une écriture purement transcriptive de pensée.
En définitive, j’en reviens toujours aux bons stylos à encre. L’essentiel, c’est qu’ils puissent me procurer cette écriture douce à laquelle je tiens absolument.

Attachez-vous également de l’importance au lieu de travail ?

R.B. : Je suis incapable de travailler dans une chambre d’hôtel. Ce n’est pas l’hôtel en soi qui me gêne. Il ne s’agit pas d’une question d’ambiance ou de décor, mais d’organisation de l’espace. (Ce n’est pas pour rien que je suis structuraliste, ou que l’on m’attribue ce qualificatif !)
Pour que je puisse fonctionner, il faut que je sois en mesure de reproduire structuralement mon espace laborieux habituel. A Paris, le lieu où je travaille (tous les jours de 9 h. 30 à 13 heures. Ce « timing » régulier de fonctionnaire de l’écriture me convient mieux que le « timing » aléatoire qui suppose un état d’excitation continu) se situe dans ma chambre à coucher (qui n’est pas celle où je me lave et prends mes repas). Il se complète par un lieu de musique (je joue du piano tous les jours, à peu près à la même heure : 14h 30) et par un lieu de « peinture », avec beaucoup de guillemets (environ tous les huit jours, j’exerce une activité de peintre du dimanche. Il me faut donc une place pour barbouiller).
Dans ma maison de campagne, j’ai reproduit exactement ces trois lieux. Peu importe qu’ils ne soient pas dans la même pièce. Ce ne sont pas les cloisons mais les structures qui comptent.
Mais ce n’est pas tout. Il faut que l’espace laborieux proprement dit soit divisé, lui aussi, en un certain nombre de microlieux fonctionnels. Il doit y avoir d’abord une table. (J’aime bien qu’elle soit en bois. J’ai un bon rapport avec le bois.) Il faut un dégagement latéral, c’est-à-dire une autre table où je puisse étaler les différentes parties de mon travail. Et puis, il faut une place pour la machine à écrire et un pupitre pour mes différents « pense-bête », « microplannings » pour les trois jours à venir, « macroplannings » pour le trimestre, etc. (Je ne les regarde jamais, notez bien. Leur simple présence suffit.) Enfin, j’ai un système de fiches aux formes également rigoureuses : un quart du format de mon papier habituel. C’est ainsi qu’elles se présentaient, jusqu’au jour (c’est pour moi l’un des coups durs du Marché commun) où les normes ont été bouleversées dans le cadre de l’unification européenne. Heureusement, je ne suis tout de même pas totalement obsessionnel. Sinon, j’aurais dû reprendre à zéro toutes mes fiches depuis l’époque où j’ai commencé à écrire, il y a vingt-cinq ans.

Étant essayiste et non romancier, quelle est la part de la documentation dans la préparation de votre travail ?

R.B. : Ce qui me plaît, ce n’est pas le travail d’érudition. Je n’aime pas les bibliothèques. J’y lis même fort mal. C’est l’excitation provoquée par le contact immédiat et phénoménologique avec le texte tuteur. Je ne cherche donc pas à me constituer une bibliothèque préalable. Je me contente de lire le texte en question, et cela de façon assez fétichiste : en notant certains passages, certains moments, voire certains mots qui ont le pouvoir de m’exalter. A mesure, j’inscris sur mes fiches soit des citations, soit des idées qui me viennent, et cela, curieusement, déjà sous un rythme de phrase, de sorte que, dès ce moment, les choses prennent déjà une existence d’écriture.
Après quoi, une deuxième lecture n’est pas indispensable. Je puis, en revanche, réassurer une certaine bibliographie, car, désormais, je me trouve plongé dans une sorte d’état maniaque. Tout ce que je lirai, je sais que je le ramènerai inévitablement à mon travail. Le seul problème, c’est d’éviter que mes lectures d’agrément viennent interférer avec celles que je destine à l’écriture. La solution est fort simple : les premières, par exemple un classique, ou un livre de Jakobson, sur la linguistique, qui me plaît tout particulièrement, je les fais au lit, le soir, avant de m’endormir. 

Les autres (également les textes d’avant-garde), le matin à ma table de travail. Il n’y a là rien d’arbitraire. Le lit, c’est le meuble de l’irresponsabilité. La table, celui de la responsabilité.

Journée. D DAY

Je finis la journée de travail en envoyant aux étudiants, LES MOTS DU SOIR ( Que V. a interprété 3 jours de suite en y voyant lesMorts du soir. Vue la période on va l’excuser.

J’ai toujours été assez régulière dans mon travail, mais je me dis ( chacun ses combines pour lutter contre la paresse qui menace les plus gros travailleurs!! ) que vraiment ces rythmes que l’on se crée sont essentiels. Presque à l’heure près. Genre Café et france Cul. Mails. Ecriture de 9 à 10 . Descendre travailler.Prendre les journaux. Remonter: Deux yaourts et céréales. Redescendre à pieds 6 km, atelier. remonter à pieds…

Bref ; Ce matin j’ai envoyé les Mots du matin.

Pour ceux et celles qui s’intéressent à la danse ( notation, transmission) il y avait comme je le disais à Beryl un article interessant dans le Libé du 7 avril ( ci joint la page ).Il y est question de la danse et de la cécité. Comment « raconte »-t’on à un aveugle ce qui se passe sur scène?. Au théâtre c’est assez simple. Mais en ce qui concerne la danse ouille ouille. Il est dit dans l’article un chose surprenante: Je recopie
On nous raconte qu’un soir, dans la salade la grande halle de la Villette un jeune homme de 18 ans, aveugle s’est installé au premier rang et a regardé la spectacle de danse avec les paumes de ses mains les bras tendus en l’air face au plateau. Il devait ressembler à un chef d’orchestre…..Et en bas de l’article il y a l’adresse d’un site super interessant et que je ne connaissais pas ; NUMERIDANSEqui concerne toutes les dansesOn y voit les recherches quant à Dominique BAgouet ( so Schnell ) et on y entend la description du spectacle. BECS

Suis un peu inquiète pour la petite femelle mandarin. Je la trouve un peu bizarre, moins vive, et parfois bec dans les plumes. Hum…

LES MOTS DU SOIR 1 à 9

Ce sont les fragments de textes que j’envoie aux étudiants chaque soir.

Sous la neige

Depuis hier je réponds aux étudiants qui écrivent de plus en plus de textes, scénarios etc. Ils ont l’air de plutôt apprécier cette découverte de l’isolement , de la solitude pour certains. Je ne sais plus si je vous ai fait suivre les TEXTES du soir.  Je suis sans nouvelles d’alexandre Gras, sinon j’ai à peu près le troupeau.
Je vous remets les textes:
MOTS DU SOIR N°1″ On ne peut ni bouger ni parler vraiment sans d’abord être passé par l’immobilité et le silence intérieur, cette cavité souterraine de silence chez les gens, dont l’immensité rêvée de la scène vide serait un figuratif. Il faut savoir commencer par travailler sur le vide et le silence : c’est primordial quand on a l’audace d’émettre des sons et de dessiner des figures dans l’espace. Et le silence devrait continuer à être perçu sous les mots et le vide devrait pouvoir continuer à habiter l’espace de la représentation. Une certaine idée du noir serait conservé dans la lumière  » Claude régy/ Espaces perdus

« Je sentais en marchant mes pensées se bousculer comme un kaléidoscope — à chaque pas une nouvelle constellation ; de vieux éléments disparaissent, d’autres se précipitent ; beaucoup de figures, si l’une d’entre elle persiste, elle s’appelle “une phrase”. »
Proust, « Journal parisien », 11 février 1930
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MOTS DU SOIR N°2 Ovide en exil / 3 traductions différentes /

ÉLÉGIE XII

Tu m’écris de tromper mon ennui par l’étude, que mon coeur ne s’adonne pas à un repos honteux. Ami, c’est là un conseil difficile: le poème est oeuvre de joie , il veut un esprit apaisé: ma fortune est en butte à des tempêtes acharnées et il n’est point de sort plus sombre que le mien.Tu veux donc que Priam soit enjoué près de la tombe de ces fils, que Niobé, veuve des siens, mène d’allègres danses? Au chagrin ou bien à l’étude, à quoi devrais-je m’adonner, étant seul et proscrit, au bout du monde chez les Gètes? Si même je pouvais oublier ma patrie, vous oublier vous-mêmes, et perdre souvenir de tout ce qui me manque, il resterait la peur qui m’empêche d’écrire en paix: mon séjour est cerné d’ennemis innombrables. Ce n’est pas tout, mon esprit s’engourdit, rouillé par sa longue inaction; il vaut bien moins qu’il ne valut naguère….



ÉLÉGIE XII

Tu m’écris de charmer par l’étude le temps déplorable de mon exil, afin de préserver mon esprit d’une honteuse et mortelle léthargie. Ce conseil, ami, est difficile à suivre : les vers sont enfants du plaisir, ils veulent de la tranquillité d’esprit, et ma fortune est le jouet des tempêtes, et il n’est pas de sort plus triste que le mien. C’est demander à Priam qu’il se réjouisse aux funérailles de ses fils, à Niobé, veuve de sa famille, qu’elle danse et célèbre des fêtes. Relégué seul parmi les Gètes, aux extrémités du monde, suis-je libre, selon toi, de m’occuper de mes malheurs ou de mes études ? Quand tu me supposerais une âme forte et stoïque, telle que fut, dit-on, celle de l’accusé d’Anytus , ma philosophie croulerait encore sous te poids écrasant d’une disgrâce pareille à la mienne. La colère d’un dieu est plus puissante que toutes les forces humaines. Ce vieillard, proclamé sage par Apollon, n’aurait pas eu la force d’écrire au milieu des tourments que j’endure . Quand on oublierait sa patrie, quand on s’oublierait soi-même, et que tout sentiment du passé pourrait s’éteindre, la crainte du péril interdirait toute oeuvre qui demande de paisibles loisirs. Or, le séjour où je suis, est entouré d’innombrables ennemis. D’ailleurs, émoussée par une longue inaction, ma verve est languissante, et a beaucoup perdu de sa vivacité première. Le sol fertile que la charrue ne retourne pas fréquemment ne produira plus que des ronces et des plantes parasites. Le coursier perd son agilité dans un repos trop prolongé, et se laisse dépasser dans la lice par tous ses rivaux. La barque demeurée trop longtemps hors de l’eau, son élément habituel, se pourrit enfin et s’entrouvre de toutes parts. Ainsi, moi qui ne fus jusqu’ici qu’un écrivain médiocre, je désespère de m’égaler désormais moi-même.ÉLÉGIE XII
Tu m’écris de chercher dans l’étude une distraction à mon malheur, et de ne pas laisser mon esprit s’engourdir dans une honteuse apathie. Ce conseil, ami, est diffi­cile à suivre ; la poésie est fille de la gaîté et réclame un esprit calme et serein; ma destinée est battue par des tempêtes cruelles, et il n’y a pas de sort plus triste que le mien. Tu exiges que Priam se réjouisse au sein des funérailles de ses enfants, que Niobé, veuve de sa famille, célèbre des danses légères. Est-ce le chagrin ou l’étude, à tes yeux, qui doit me préoccuper, seul, relégué au bout du monde parmi les Gètes? Quand tu me supposerais une âme pleine de constance et de fermeté, telle que la renommée signale celle de l’accusé d’Anytus, toute cette philosophie croulerait sous le poids d’une telle dis­grâce : le courroux d’un dieu est au dessus des forces humaines. Ce vieillard, qu’Apollon honora du titre de sage, n’eût jamais pu dans de semblables circonstances composer un ouvrage. Quand on oublierait sa patrie, quand on s’oublierait soi-même, quand le sentiment du passé pourrait être suspendu, la crainte seule est un obstacle au calme nécessaire à cette tâche : or, ce séjour est entouré d’innombrables ennemis. Ce n’est pas tout : mon esprit, par un long engourdissement, s ‘est rouillé, et se trouve bien déchu de ce qu’il fut jadis : un champ fertile que ne renouvelle pas assidûment la charrue, ne produira que du chiendent et des ronces : le coursier longtemps inactif ne sera plus agile à la course, et, lancé dans la car­rière, arrivera au but le dernier : le bois s’attendrit et se pourrit, se fend et s’entr’ouvre, quand la barque n’est plus dans l’eau, son élément habituel. Et moi aussi je désespère, tout médiocre que je fus, de redevenir jamais égal à moi-même : mes longues souffrances ont brisé les ressorts de mon génie, et je n’ai presque rien conservé de mon antique énergie. Souvent cependant, comme au­jourd’hui encore, j’ai pris mes tablettes et j’ai voulu as­sembler quelques mots, former quelques hémistiches mais ce n’étaient plus des vers, ou c’étaient des vers tels que ceux-ci, en harmonie avec la fortune de leur au­teur, en harmonie avec son séjour.

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MOTS DU SOIR 3 /BENJAMIN PERRET/ AU PARADIS DES FANTÔMES 1933/ mouche automateAU PARADIS DES FANTÔMES 1933Un souterrain du Château des Papes, en Avignon. Décorés de faveurs bleues et roses, des ceintures de chasteté, qui s’ouvrent et se ferment avec un grand bruit de mâchoires de crocodiles, sont pendues aux murs.  Des centaines d’automates au repos encombrent le sol. Entre eux, on distingue des ombres qui circulent avec précaution.
C’est une conversation entre Heron d’Alexandrie et Virgile de Naples
VIRGILE DE NAPLES. — J’avais construit une mouche d’airain que j’avais placée sur l’une des portes de la ville, et cette mouche mécanique, dressée comme un chien de berger, empêchait qu’aucune mouche n’entrât dans Naples, si bien que pendant huit ans, grâce à l’activité de cette ingénieuse machine, les viandes entreposées dans lesboucheries ne se corrompirent pas. Hélas ! les mouches, à force de voir la Vierge Marie (c’est le nom que j’avais donné à ma mouche), finirent par ne plus la craindre et rentrèrent dans Naples au moment où l’on s’y attendait le moins…

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MOTS DU SOIR 4/ENRIQUE VILA MATAS/ LE MAL DE MONTANO
Ce soir un fragment du MAL de MONTANO ( je crois ) recopié POUR VOUS à la main !!!  de Enrique Vila-Matas ( 2002 )( il a travaillé aussi avec Dominique Gonzalez Foster qui est une artiste ) 
Un père et son fils sont tous les deux atteints du mal de Montano, une sorte de maladie littéraire qui apparaît sous deux formes différentes. Le père ne peut s’empêcher de penser autrement que par rapport à la littérature et le fils (Montano) ne parvient plus à écrire. ( Wiki )J’ai beaucoup aimé ce livre auquel je repense soudainement. L’acteur dont il parle et je pense que vous ne le connaissez pas, peut-être Laurent? S’appelle Daniel Emilfork. Please ne sautez pas sur Wiki, imaginez d’abord d’après ce qu’en dit VMJe cherche des liens de la scène où dans le Casanova de Fellini, il est une libellule. REGARDEZ APRES 

J’ai un souvenir de lui sur scène, hum??? Marat-Sade ( je vérifie et rafraichis ma mémoire ). Yesse . Je vous laisse regarder et chercher ce qui se passait à l’hospice de Charenton ou Sade ( lisez-le c merveilleux ) était en cellule un peu ouverte puisqu’il mettait en scène les « pensionnaires «  devant un public choisi. Beu livre aussi de Jacques Chessex : Le crâne de Monsieur Sade. Je vérifie ce que je dis et une bière si j’ai bon. Zut c’est LE DERNIER CRÂNE DE M. De SADE
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«  Curieusement, je suis ici à Barcelone en train d’écrire sur le moment où , à Santiago, j’ai fait la connaissance du hideux Tongoy et , dans dix minutes, je dois le retrouver et aller déjeuner avec lui au restaurant Envalira dans le quartier de Gracia. Mon ami Tongoy est à Barcelone parcequ’il va participer à un documentaire sur le monde des baleiniers que prépare Rosa et qui sera prochainement tourné aux Açores. C’est moi, bien sur qui, au retour du Chili, ai suggéré à Rosa de proposer à Tongoy un rôle dans le film. Celui de vieux baleinier. Ses apparitions dans le documentaire peuvent s’avérer inquiétantes parce que Tongoy n’est pas seulement un Nosferatu respectable, mais aussi un acteur très expérimenté e assez célèbre en France où il vit deus un demi siècle. Je crois qu’il peut fort bien jouer son rôle de faux baleinier, d’étrange Nosferatu aux Açores.Le documentaire de Rosa à l’intention d’étudier la déprimante situation actuelle des baleines et des baleiniers des Açores, avec en permanence Moby Dick en arrière plan littéraire. Mais il souhaite également être un peu fictif: il mêlera la réalité et l’invention et , dans la partie inventé, Tongoy peut jouer un rôle brillant avec ces phrases-je collabore comme scénariste-que j’ai préparées pour qu’il les dise au début du film. Mon ami Tongoy est vraiment très laid, mais on s’habitue à ne plus le trouver aussi horrible à cause de son bon caractère, de son élégance vestimentaire excentrique et de sa cultureraffinée. Quand je l’ai vu pour la première fois, à l’aéroport de Santiago, j’ai pensé très vite à Nosferatu, mais je me suis tu parce que c’est faire preuve de mauvaise éducation que de dire à quelqu’un dont on vient de faire la connaissance qu’il ressemble à Dracula, mais surtout parce que , tout compte fait, j’ai toujours un peu ressemblé à l’acteur Christopher Lee qui jouait le rôle de Dracula dans les films des années 50. Et parce que par ailleurs, il s’est empressé de parler de sa spectaculaire étrangeté physique. Mon ami Tongoy a 74 ans, le crâne rasé et des oreilles de chauve-souris. Il habite à Paris depuis un demi siècle, mais il est né dans une famille de juifs hongrois qui ont émigré au Chili et se sont installés à San Felipe. Le vrai nom de mon ami est Felipe Kertesz, il est devenu dernièrement un petit peu célèbre en France en interprétant dans un film le rôle d’un sinistre vieillard qui passe son temps à séquestrer des enfants. Il est également un peu connu pour avoir été un homme libellule dans un film de Fellini et avoir incarné l’acteur Hongrois Bela Lugosi dans une biographie filmée de ce personnage.Grâce à l’aide précieuse de Margot, quelques petites minutes ont suffi pour que s’établisse entre le hideux Tongoy et moi un courant de sympathie mutuelle qui l’a poussé à me demander; alors que nous n’avions même pas encore quitté l’aéroport, si je voulais savoir comment enfant il s’était rendu compte qu’il était bizarre.—Je serais ravi de le savoir ai-je répondu »________________________________________________________________________

MOTS DU SOIR 5 / Thomas Bernhard

Maitres anciens/ Comédie Thomas Bernhard
Alte Meisterkomödie 
1985

« Les hommes que nous voyons sont des victimes de l’Etat et qui servent l’Etat et l’humanité que nous voyons n’est autre que la mangeaille de l’Etat, donnée à manger à l’Etat qui devient de plus en plus glouton. L’humanité n’’est plus qu’une humanité étatisée, et déjà depuis des siècles, donc depuis que l’Etat existe, elle a perdu son identité, me dis-je. Aujourd’hui l’humanité n’est guère plus qu’une Inhumanité, qui est l’Etat, me dis-je. Aujourd’hui l’homme n’est plus qu’un homme étatisé, il n’est donc plus aujourd’hui que l’homme détruit et l’homme étatisé, seul homme humainement possible, me dis-je. L’homme naturel n’est plus du tout possible me dis-je. Lorsque nous voyons des millions d’hommes étatisés entassés dans les grandes villes, nous sommes pris de nausée, parce que, lorsque nous voyons l’Etat , nous sommes également pris de nausée. Chaque jour, quand nous nous éveillons, cet Etat qui est le nôtre nous donne la nausée, et lorsque nous sortons dans la rue, les hommes Etatisés qui peuplent cet état nous donnent la nausée. L’’humanité est un gigantesque Etat qui, soyons sincères, à chaque éveil nous donne la nausée. Comme tout le monde, je vis dans un Etat qui me donne la nausée dès le réveil.Les professeurs que nous avons enseignent aux gens d’Etat et leur enseignent toutes les horreurs et atrocité de l’Etat, tous les mensonges de l’Etat, et non pas que l’Etat est  toutes ces horreurs et ces atrocités et ces mensonges. Depuis des siècles les professeurs prennent leurs élèves dans les tenailles de l’Etat et les martyrisent pendant des années et des dizaine d’années et les broient. Voilà que ces professeurs, au nom de l’Etat , parcourent les musées avec leurs élèves et les dégoûtent de l’art par leur stupidité. Mais cet art sur ces murs, qu’est il d’autre qu’un Art d’Etat me dis-je. Reger ne parle que de l’art d’Etat , quand il parle de l’art et quand il parle des soi-disant Maitres anciens, il ne parle jamais que des maitres anciens d’Etat . Car cet art accroché à ces murs n’est tout de même rien d’autre qu’un art d’Etat, du mois celui qui est accroché ici, dans la galerie de peinture du Musée d’art ancien.Tous ces tableaux accrochés ici aux murs ne sont tout de même rien d’autre que des tableaux d’artistes d’Etat. Qui conviennent à un art catholique d’Etat, complaisant, rien d’autre.Toujours à nouveau rien qu’une face, comme dit Reger, pas un visage. Toujours à nouveau un chef, pas une tête.Dans l’ensemble toujours seulement l’avers sans le revers, toujours à nouveau seulement le mensonge et l’hypocrisie sans la réalité et la vérité.Tout de même tous ces peintres n’étaient rien que des artistes d’Etat complètement hypocrites, qui ont répondu au désir de plaire de leurs clients, Rembrandt lui-même ne constitue pas une exception dit Reger. Voyez Velasquez, rien que de l’art d’Etat, et Lotto, et Giotto, uniquement de l’art d’Etat, toujours comme ce terrible Dürer, précurseur et prédécesseur du nazisme, qui a mis la nature sur la toile et l’a tuée, cet effroyable Dürer,  comme dit très souvent Reger, parce qu’en vérité il déteste profondément Dürer, cet artiste nurembergeois de la ciselure. Reger qualifie d’art de commande d’Etat les tableaux accrochés ici aux murs , même l’homme à la barbe blanche en fait partie.  Les soi-disant maitres anciens n’ont jamais fait que servir l’Etat ou servir l’Eglise; ce qui revient au meêm, ne cesse de dire Reger, un empereur ou un pape, un duc ou un archevêque. Tout comme le soi disant artiste libre est une utopie, une folie, c’est ce que dit souvent Reger……. « 

Maitres anciens/ Comédie Thomas Bernhard
Alte Meisterkomödie 
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MOTS DU SOIR 6 / Bruce Nawman interview

Joan Simon» A quoi pensez-vous lorsque vous travaillez sur une pièce ?
Bruce Nauman. – Je pense beaucoup à. Lenny Tristano. Vous le connaissez ? Lenny Tristano était un pianiste aveugle, un des types de la première génération» ou peut-être de la seconde «des musiciens be-bop. On le retrouve sur pas mal de très bons disques be-bop des tous débuts . Dans ses meilleurs morceaux, il vous atteignait de plein fouet et continuait jusqu’à la dernière note. Il s’arrêtait brutalement. Il n’y avait ni intro ni final simplement quelque chose de très intense pendant deux minutes, vingt minutes ou plus. C’était comme si on prélevait la partie la plus dense, la plus dure d’un morceau de Coltrane. Il n’y avait que ce noyau dur. Dès le début, j’ai essayé de voir si je pouvais réaliser quelque chose qui produirait cet effet. Un art qui surgirait comme ça tout d’un coup . Un art qui agirait comme un coup de batte de base-ball en pleine face. Ou mieux, un art qui agirait comme un coup sur la nuque qu’on ne voit pas venir et qui vous étend . Une espèce d’intensité qui ne s’expose pas au jugement ou à l’appréciation.
J.S. – Au cours de ces vingt dernières années, vous avez essayé de rendre cette intensité en utilisant plus ou moins tous les médiums : le film, la vidéo, le son, les néons, l’installation, la performance, la photographie, l’holographie, la sculpture et le dessin, mais pas la peinture. Pourquoi avez-vous abandonné la peinture aussi tôt ?
B.N. – Lorsque j’étais à l’école, j’étais peintre. Ensuite je ne suis revenu à cette pratique que deux ou trois fois. Mais fondamentalement, je ne pouvais pas fonctionner en tant que peintre . La peinture faisait partie de ces choses avec lesquelles je ne voyais pas comment il était possible de produire du sens. Je ne voyais absolument pas comment je pouvais procéder en tant que peintre. Il me semblait que si je cessais de me considérer comme un peintre, alors je pourrais continuer à travailler.Lorsque je repense à cette époque, je me demande encore comment je faisais pour décider que telle chose était possible et telle autre pas. J’ai fini par aller chercher dans d’autres domaines comme la musique, la danse ou la littérature afin de trouver des idées dont je pourrais me servir afin de pour- suivre mon travail. Dans ce sens, mes premiers travaux qui semblent constitués des idées et des matériaux les plus divers me paraissaient faciles à réaliser dans la mesure où ils ne résultaient pas d’un regard porté sur la sculpture ou la peinture.
J.S. – Ça ne me paraît pas si simple.
B.N. – Non, je ne veux pas dire que le travail était facile. Mais c’était simple dans le sens où dans les années 60, on ne vous demandait pas de vous can- tonner dans un seul médium. Utiliser différentes sortes de matériaux ou passer de la photographie à la danse, de la performance à la vidéo, ne posait aucun problème. Ça semblait même très simple d’utiliser toutes ces différentes façons d’exprimer des idées ou de présenter des matériaux. On pouvait réaliser des enseignes en néon, des oeuvres constituées de texte, des travaux assez drôles à partir de fragments de corps ou de moulages- toutes sortes de choses.
J.S. – Situez-vous votre travail dans une filiation artistique précise ou tout du moins en rapport avec celui d’autres artistes ?
B.N. – Il y a naturellement des liens, mais ils ne sont pas directs. Il ne s’agit pas d’être l’émule de tel ou tel artiste, mais certains posent des questions proches de celles qui vous intéressent et y répondent avec une certaine intégrité . Il y a chez Johns une sorte de retenue, de moralité, qui n’est pas spéci- fique- Je ne sais pas comment la décrire, mais je sens qu’elle est présente. Elle l’est moins chez Duchamp, mais elle reste importante . Cela vaut éga- lement pour Man Ray qui m’intéresse beaucoup . La moralité que je repère chez Man Ray est peut-être liée au fait que son art prenait la forme de plaisan-teries – de plaisanteries stupides – à l’époque où il gagnait sa vie comme photographe de mode.  Toute la philosophie de Dada reposait sur l’idée que l’on n’avait pas à vivre de son art. Ce qui permettait à cette génération d’aller assez loin dans la provocation à moindre, risque. Et puis, il y a cette conception spécifiquement américaine de la moralité en art, selon laquelle l’artiste est un travailleur . Vivre de son art ne posait aucun problème à la plupart des artistes américains parce qu’ils s’identifiaient à la classe ouvrière . Pour certains, cette conception est encore d’actualité. C’est en tous cas vrai pour moi, et je pense que ça l’est également pour quelqu’un comme Richard Serra par exemple.
J.S. – Quelle que soit la part ludique, la diversité de styles ou le degré de fascination qu’ils exercent, vos travaux ont toujours une dimension éthique, une force morale
B.N. – C’est ma façon de voir l’art. L’art devrait avoir une dimension morale, des valeurs et des prises de positions morales . Je ne sais pas exactement d’où me vient cette conviction. Sans doute du milieu dans lequel j’ai grandi avec mes parents et ma famille ; et peut-être aussi de l’époque où je vivais à San Francisco lorsque je fréquentais l’Art Institute . Ou peut-être enfin de la période qui a précédé, lorsque j’étais dans le Wisconsin, à l’université . De tout ce temps passé là-bas, j’ai gardé l’image de professeurs assez âgés, qui ne laissaient pas facilement entrer les femmes à l’université en tant qu’enseignantes et qui étaient tous membres du WPA . Ils étaient socia listes et leurs positions n’étaient pas seulement morales et politiques, mais aussi éthiques . LeWisconsin a été l’un des derniers états socialistes . A l’époque où j’y habitais et où j’allais au lycée – dans les années 50 – Milwaukee avait encore un maire socialiste . Nombreux étaient ceux qui pensaient que l’art avait une fonction, une raison sociale d’exister, qui dépassaient les simples critères de beauté . (…)

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MOTS DU SOIR 7 Encore Thomas Bernhard je ne résiste pas
« Jusqu’à quarante ans. Je me suis laissé chier sur la tête dans tous ces Hôtels de Ville, dans toutes ces salles des fêtes, car une remise de prix n’est rien d’autre qu’une cérémonie au cours de laquelle on vous chie sur la tête. Accepter un prix, cela ne veut rien dire d’autre que se laisser chier sur la tête parce qu’on est payé pour ça. Jai toujours ressenti ces remises de prix comme la pire humiliation qu’on puisse imaginer, et pas comme un honneur. Car un prix est toujours décerné par des gens incompétents qui veulent vous chier sur la tête, et qui vous chient copieusement sur la tête quand on accepte leur prix en mains propres. »

LES MOTS DU SOIR 9 / GRACE à THOMAS/ LETTRE DE SOL LEWIT à EVA  HESSE/ 1965

Chère Eva, 

Cela va faire quasiment un mois que tu m’as écrit, et peut-être as-tu oublié quel était ton état d’esprit (quoique j’en doute). Tu ne changes pas et, fidèle à toi-même, tu ne le supportes pas. Non ! Apprends à dire au monde : « Va te faire foutre ! » une fois de temps en temps. Tu en as le droit. Cesse un peu de penser, de t’inquiéter, de te méfier, de douter, de t’effrayer, de peiner, d’espérer une issue facile, de lutter, de te cramponner, de t’embrouiller, de gratter, de griffer, de marmonner, de bafouiller, de grogner, de te rabaisser, de broncher, de marmotter, de grommeler, de miser, de culbuter, d’écumer, d’escalader, de trébucher, de tramer, de rouspéter, de pleurnicher, de te lamenter, d’affûter, de désosser, de déconner, de pinailler, de chicaner, de compisser, de trifouiller, de t’emmerder, de te leurrer, de moucharder, de cafarder, de poireauter, de tâtonner, d’abominer, de payer, de scruter, de percher, d’entacher, de trimer, de trimer encore et encore. Arrête — et contente-toi de FAIRE ! 

D’après ta description, et d’après ce que je sais de ton travail antérieur et de ta capacité ; ton travail semble très bon « Dessin-propre-clair mais dingue comme des machines, en plus grand et en plus vigoureux… véritable non-sens ». Ça m’a l’air bien, formidable — du véritable non-sens. Va plus loin. Encore plus de non-sens, encore plus de dinguerie, encore plus de machines, encore plus de seins, de pénis, de chattes, de ce que tu veux — fais foisonner tout ça avec le non-sens. Essaie de titiller cette chose en toi, ton « humour bizarre ». Tu appartiens à la part la plus secrète de toi-même. Ne te préoccupe pas de ce qui est cool, fais ce qui selon toi n’est pas cool. Fabrique ce qui t’est propre, ton propre monde. Si tu as peur, fais-le fonctionner pour toi — dessine & peins ta peur et ton anxiété. Et cesse de te préoccuper de ces choses grandes et profondes telles qu’« opter pour un but et une manière de vivre, l’approche cohérente d’une finalité même impossible ou d’une finalité même imaginaire ». Tu dois t’entraîner à être stupide, muette, étourdie, vide. Alors tu seras capable de FAIRE ! 

J’ai grande confiance en toi et bien que tu te tourmentes, ton travail est très bon. Essaie un peu de faire du MAUVAIS travail — le pire qui te vienne à l’esprit et vois ce qui se passe, mais surtout détends-toi et envoie tout au diable — tu n’es pas responsable du monde — tu es seulement responsable de ton œuvre — donc FAIS ÇA. Et ne pense pas que ton œuvre doive se conformer à une quelconque forme, idée ou saveur préconçue. Elle peut être tout ce que tu veux qu’elle soit. Mais si la vie était plus facile pour toi en arrêtant de travailler — eh bien arrête. Ne te punis pas. Je pense toutefois que c’est si profondément enraciné en toi qu’il devrait t’être plus facile de FAIRE ! 

Quelque part, malgré tout, il me semble que je comprends ton attitude, parce que je traverse parfois un processus similaire. Je suis pris dans une « Déchirante Réévaluation » de mon travail et je change tout autant que possible = je déteste tout ce que j’ai fait, et j’essaie de faire quelque chose d’entièrement différent et meilleur. Peut-être ce genre de processus m’est-il nécessaire, parce qu’il me pousse à avancer. Le sentiment que je peux faire mieux que la merde que j’ai faite. Peut-être as-tu besoin de ton déchirement pour accomplir ce que tu fais. Et peut-être que cela t’incite à mieux faire. Mais c’est très douloureux, je le sais. Ça irait mieux si tu avais assez confiance pour faire le boulot sans même y penser. Ne peux-tu laisser le « monde » et l’« ART » tranquilles et aussi cesser de flatter ton ego. Je sais que tu (comme n’importe qui) ne peux travailler que jusqu’à un certain point et que le reste du temps tu es livrée à tes pensées. Mais quand tu travailles ou avant de travailler tu dois vider ton esprit et te concentrer sur ce que tu fais. Après que tu as fait quelque chose, c’est fait et c’est comme ça. Au bout d’un moment, tu peux voir que des choses sont meilleures que d’autres, mais tu peux voir aussi dans quelle direction tu vas. Je suis sûr que tu sais tout cela. Tu dois aussi savoir que tu n’as pas à justifier ton travail — pas même à tes propres yeux. Bon, tu sais que j’admire grandement ton travail et que je ne comprends pas pourquoi il te tracasse autant. Mais tu peux voir ce qui va suivre et moi non. Tu dois aussi croire en ta capacité. Je crois que c’est le cas. Alors tente les choses les plus outrageantes que tu peux — choque-toi toi-même. Tu as en ton pouvoir la capacité de tout faire. 

J’aimerais voir ton travail, mais je me contenterai d’attendre août ou septembre. J’ai vu des photos de choses nouvelles de Tom chez Lucy. Elles sont impressionnantes — surtout celles qui ont la forme la plus rigoureuse : les plus simples. Je suppose qu’il en enverra d’autres plus tard. Dis-moi comment se déroulent les expositions et ce genre de choses. 

Mon travail a changé depuis que tu es partie et il est bien meilleur. Je ferai une exposition du 4 au 9 mai à la Daniels Gallery, 17 East 64th Street (là où était Emmerich), j’espère que tu pourras être là. Mon affection à tous les deux, 

Sol 

Source : Lettre de Sol LeWitt à Eva Hesse datée du 14 avril 1965, Sot LeWitt, cat. exp., éditions du Centre Pompidou-Metz, 2012.

Première publication en anglais in Lucy R. Lippard, Eva Hesse, cat. exp., New York. New York University press, 1976. L’original de la lettre est conservé dans la LeWitt Collection, Chester, Connecticut, États-Unis. Traduit de l’anglais par Catherine Vasseur. 

PRISON A-DOREE

31 mars

PRISON A-DOREE

J’avais recommencé à écrire il y a deux semaines, qui les événement étant ce qu’ils sont… L’expo en Allemagne, puis le saut à Strasbourg et clic clac. 

On a décidé de partir rapido avant d’être coincés à Paris. Je pense à ceux qui sont confinés dans de petits appartements, seul d’ailleurs dans ce cas, c’est sans doute mieux ( sauf tourtereaux qui vont se transformer en gros corbeaux vu le manque d’air ). 

Bref, ce matin, alors que je regarde le champ d’en face, les ombres, le ciel très bleu, ( il fait un peu frais )je me dis que j’ai une sacrée chance. Suite tout à l’heure, horaires bureau oblige. Régularité nécessaire. 

Je viens de relire une des pages des Tristes d’Ovide puis:

« Je sentais en marchant mes pensées se bousculer comme un kaléidoscope — à chaque pas une nouvelle constellation ; de vieux éléments disparaissent, d’autres se précipitent ; beaucoup de figures, si l’une d’entre elle persiste, elle s’appelle “une phrase”. »

Proust, « Journal parisien », 11 février 1930

J’ai encore rêvé de Londres et de cet hôtel que je ne sais pas retrouver. Mauvais escaliers, monde qui ne me voit pas. J’ai noté des choses dans un cahier: La météo: Aujourd’hui bleu et plus froid semble t-il/ Gel. 

Ce qui est étrange c’est que par la radio nous avons une autre idée du temps un peu comme quand je prends un vieux journal pour allumer le feu: Je trouve une interview qui m’intéresse, des faits politiques oubliés, des météos caduques. Et ce faisant je m’aperçois que l’avant ou l’après importent peu! Sur France Culture-ouf heureusement que cette station existe- on parle d’expositions qui vont ouvrir alors qu’elles sont terminées depuis deux ans. C’est assez étrange comme sensation. Du coup, un événement très récent est susceptible d’être mis en doute.

Commencé ou recommencé Heliopolis de Ernst Junger. J’ai du mal. 

Relu Eugénie Grandet. Merveilleux. Les descriptions du physique des uns et des autres sont d’une précision si méchante. On pense peut être plutôt à Hoggarth qu’à Daumier. Au début de cette relecture, j’étais un peu isolée dans ce déchiffrement  de faits si précis, de précisions quasi chirurgicales, de cette langue riche dont bien des mots ont disparu de notre vocabulaire. On voit tout, on ressent tout-le moindre courant d’air, le déplaisir d’un manque de sucre, les feuilles qui tombent près du petit banc. Et cette méchanceté, le souffle de chacun n’étant qu’intéressé. Pas d’amour, pas d’affection rien mais des Louis d’or, l’or, les biens, la cupidité sans égal. Et cette Eugénie qui n’a rien cependant d’un Madame Bovary..

les Tristes -Ovide

Tu m’écris de tromper mon ennui par l’étude, que mon coeur ne s’adonne pas à un repos honteux. Ami, c’est là un conseil difficile: le poème est oeuvre de joie , il veut un esprit apaisé: ma fortune est en butte à des tempêtes acharnées et il n’est point de sort plus sombre que le mien.Tu veux donc que Priam soit enjoué  près de la tombe de ces fils, que Niobé, veuve des siens, mène d’allègres danses? Au chagrin ou bien à l’étude, à quoi devrais-je m’adonner, étant seul et proscrit, au bout du monde chez les Gètes? Si même je pouvais oublier ma patrie, vous oublier vous-mêmes, et perdre souvenir de tout ce qui me manque, il resterait la peur qui m’empêche d’écrire en paix: mon séjour est cerné d’ennemis innombrables. Ce n’est pa tout, mon esprit s’engourdit, rouillé par sa longue inaction; il vaut bien moins qu’il ne valut naguère

Par le travail, je contiens mon esprit et trompe mes douleurs; je tente aussi de donner la parole à mon chagrin. Que ferais-je de mieux, abandonné sur ces rivages solitaires, par quel autre moyen, calmerais-je mes maux?…

Chaque jour j’envoie aux étudiants un texte. J’ai commencé par Claude Regy et Proust , puis Les Tristes, et j’ai retrouvé un texte de Benjamin Perret sur l’histoire d’une mouche automate. J’avais complètement oublié!!!ET j’adore. 

VIRGILE DE NAPLES. — J’avais construit une mouche d’airain que j’avais placée sur l’une des portes de la ville, et cette mouche mécanique, dressée comme un chien de berger, empêchait qu’aucune mouche n’entrât dans Naples, si bien que pendant huit ans, grâce à l’activité de cette ingénieuse machine, les viandes entreposées dans les boucheries ne se corrompirent pas. Hélas ! les mouches, à force de voir la Vierge Marie (c’est le nom que j’avais donné à ma mouche), finirent par ne plus la craindre.

Je ne sais pas pourquoi parfois cette image me revient. Alors que je tourne la clé de l’appartement de la rue Legendre plus tôt que prévu comme un mari qui va découvrir son malheur , j’entends la télé et entrant dans le salon, je découvre les deux concierges de l’immeuble, ahuris, abrutis devant la télé avec des verres de vin. Cela oscille entre le dessin de Daumier et la description que Balzac aurait fait de cette scène.

J’aime bien la voix de Michèle Perrault ( horto ???)

Mail de Constantin/Ubuntu, notion humaniste originaire du Sud de l’Afrique qui pourrait être traduite par « je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous »1.Un think tank N 1), groupe de réflexion1 ou laboratoire d’idées1,2, est un regroupement d’experts au sein d’une structure de droit privé, indépendante de l’État ou de toute autre puissance, bien qu’il puisse être partiellement financé par un organisme étatique, et en principe à but non lucratif. L’activité principale d’un think tank est de produire des études et d’élaborer des propositions, le plus souvent dans le domaine des politiques publiques et de l’économie.Un nerd est, dans le domaine des stéréotypes de la culture populaire, une personne solitaire, passionnée voire obnubilée par des sujets intellectuels abscons, peu attractifs, inapplicables ou fantasmatiques, et liés aux sciences (en général symboliques, comme les mathématiques, la physique ou la logique) et aux techniques – ou autres sujets inconnus aux yeux de tous. Apparu à la fin des années 1950 aux États-Unis, le terme est devenu plutôt péjoratif, à la différence de geek.En effet, comparé à un geek qui est axé sur des centres d’intérêts liés à l’informatique et aux nouvelles technologies, un nerd est asocial, obsessionnel, et excessivement porté sur les études et l’intellect. Excluant tout sujet plus commun ou partagé par ses pairs académiques, il favorise le développement personnel d’un monde fermé et obscur. On le décrit timide, étrange et repoussant. Toute activité sportive est pour celui-ci difficile. Au même titre que le stéréotype véhiculé par le mot geeknerd est de plus en plus envisagé comme un gage de fierté et d’appartenance identitaire.

SUITE

DANTE je trouve que la traduction de Dante par Danièle Robert est assez indigeste. Sans doute techniquement interessante mais ce qui m’intéresse d’acvantage et de percevoir le sens. D’ailleurs ce qui serait le mieux pour moi serait de le lire en traduction italienne. Je cherche d’autres exemples. Sre remacle, lourdeur des Alexandrins, sur Wikisource, prose.

Hier neige et marche dans les bois. Je rebrousse chemin car à in moment donné je ne sais plus trop où je me trouve/Le blanc et surtout le brouillard changent littéralement les distances et les sensations. Ce matin l’atelier était bien trop froid. J’ai quand même tenu deux heures avec des gants, et le petit chauffage que m’a prêté P. Donc chercher à nouveau une lecture qui me captiverait .

J’envois chaque jours des textes aux étudiants et dimache et Lundi j’ai répondu à leurs mails.

LES PERRUCHES AIMENT PARSIFAL

Alors que je me dépêche d’envoyer tout pour les cahiers du Cinéma, les perruches s’affolent à l’écoute de Wagner. C’est plutôt amusant.

Ce matin, Ln reporter. Me lève à 7h et file au QG. J’y laisse mon livre et bois un café ( plutôt le contraire ) et je grimpe chez Michou.Il ne fait pas bien jour. J’aime bien ce moment. La rue est déjà barrée, une voiture de police, quelques chauffeurs arrivent plus tard et s’esclaffent au bar. J’entends un rire gras et « manger un cadavre« . Je lève les yeux de mon livre. Bon je recommence , je mélange tout. Donc:1/ je prends un café allongé et une tartine. Bon. Je pose ma doudoune. Je papote avec D. et lui propose de faire patienter les clients le temps qu’elle aille au cabaret dire au revoir à son collègue . Non elle ne veut pas. Du coup, je décide d’y aller loi et de suivre les événements. Alors. Rue des Martyrs peu de monde encore. Des petits bouquets, un message manuscrit.

—Je peux entrer?

—Je vous en prie

Cet endroit si minuscule. Juste bien, en fait pour une seule personne allongée. Allongé, il l’est dans un beau cercueil bleu.( Comment dire….) Une croix dorée très simple au dessus. Et tout autour les tables ont été poussées. Fleurs, odeur de fleurs, terribles portraits peints à la main, Michou comme ci, Michou avec une casquette de marin… On est quatre et un Monsieur tape sur la boite et se fait gronder.

—On ne touche pas, s’il vous plait, il est laqué et ça fait des traces. La dame des Pompes funèbres  » chaussée » de gants noirs et vêtue de bleu caresse le bois, astique en un mot.Je m’aperçois que les tréteaux métalliques sont un petit peu rouillés par endroits et qu’il n’y a pas de ‘jupe « ; Michou doit être fâché( haha c’est malin…) J’hésite à faire une photo, je trouve toujours ça déplacé mais bon, c’est pas pour moi, c’est pour une copine comme on dit. Je repars avec mon butin, prends un autre café. Une policière vient elle aussi en boire un et nous dit que le corbillard est magnifique. Bleu. En fait c’est un traditionnel avec du sticker bleu. Une vraie plaie à coller ce machin me dis-je. Plus tard je la croiserai , portant la gerbe de Michèle Torr ( C’était hier ! )Je lis le début du Roman de la Rose suite à la reine Loana. Jamais je n’ai eu le désir de lire  » ça « . Mais en fait je ne lis rien du tout, je regarde et j’écoute plutôt les réflexions de chacun. Il fait bien jour maintenant, je vais aux nouvelles, croise Louis et aussi David. Yvan est abattu. Je l’embrasse. Des gens en bleu. Pas tant de monde, oui du monde. Assez âgé, des jeunes gens passent à vélo et ne s’arrêtent pas. Pas un coup d’oeil. Normal. Les chevaliers de Montmartre puis les poulbots et leurs tambours;Le folklore qu’il aimait et qu’il a voulu, démodé et vieillot. Dison que ça sent un peu le dentier et la teinture aile de corbeau, le costume de Bruant ou de poète à lunette noire. Un sirène, une grosse voiture stoppe. Tout le monde se demande quelle célébrité va s’extraire de là. Un type tout ébouriffé à la Polnareff des mauvais jours apparait. Déception. On range les appareils. Mais on photographie le corbillard, selfie et autre. Une dame dit au Monsieur qui l’accompagne: —Ça ne se fait pas, et il lui répond que ça c’est la meilleure, que si , que tout le monde le fait. Bref je souris, et je la ferme, ce que je sais faire parfois, je dois dire. Pas souvent mais parfois. Bon je rends compte à D, reprend un café, repars. Les croques mort sont en bleu, mais on voit que ça n’a pas dû être simple de trouver une veste bleue, vu qu’il n’y en a pas une pareille: Une trop grande, une qui brille, une d’un autre bleu. Je vais me poster en haut de la rue et filme les poubots de Montmartre en tête de cortège et puis les capes et médailles et puis la blue car et puis famille et personnels du cabaret.

Voilà, c’est fini pour moi. Pour lui surtout, dans le bleu. La fin d’un monde, c’est certain et en plus il fait si doux.

Puis, filer à la galerie, discuter des Gobelins, de la liste des trucs qui partent en Allemagne. Je mange un rouleau de printemps à coté rue Beaubourg ( très bon royal China) qui travail à la maison, documents pour l’hommage à Nicole, texte à écrire, envoyer le film au Cahier et zut j’ n’y arrive pas, ah si. Bon. J’espère que ça marche.

ouille

Gaetano Zumbo

C’est extraordinaire ça. Et aussi les cires, crânes sur lesquels cheminent des asticots réalistes. Deezer/ Il chante « la pluie à contre jour ». Fini ( depuis le temps) le Umberto Eco: La mystérieuse flamme de la reine Loana. Beau livre, un peu ennuyeux parfois, ce qui d’ailleurs fait partie du plaisir. Je suis très déçue par le bal des Ombres de O Connor qui était censé me transporter chez les Victoriens et surtout Bram Stoker et Henry Irving. Critique dithyrambique dans le Monde par François Angelier en qui j’ai toute confiance avec son émission Mauvais genre, et à la Dispute de Arnaud Laporte. Zut, je trouve que parfois c’est mal écrit ( traduit ) des envolées un peu lourdes, comprends pas. Ne m’en reste déjà pas grand chose. J préfère voir les photos d’époque de Irving qui est un type incroyable. je me suis à vrai dire ennuyée, mais pas agréablement comme chez Eco et ses comas brumeux.

Hier passée à SAint-Ouen aux ateliers des BA. Puis la journée à l’école et ce bar où allait Hubert Deschamps ( R. me racontait qu’il y allait en Rolls ou genre depuis le Flore qui est à 100m )C’est bien ce bar ( Le Quebec ) avec des vieux habitués: LA dame en noir très coquette, le vieux beau de Saint Germain ( guêtres et veste de velours à la Arnys, dame bavarde because bière, patron drôle de toutes ses dents, et un vieux Monsieur courbé qui n’a pas besoin de se courber d’avantage sur son verre, une fois qu’il est assis. (Déjeuner avec P. au Rond point. C’est sympa mais ce n’est pas très bon. Chaque fois pas assez chaud. Poulet au curry bof. Comme j’y étais me suis dit tiens allons voir Lautrec ( ça ne m’intéresse pas beaucoup mais …) C’était fermé. Bah tant mieux.. Marché jusqu’à Saint Lazare avec cette douleur dans le côté , franchement pénible qui semble s’atténue. Suis allée voir sur le net ce qu’il y a à croire en haut vers les côtes. Foie, vésicule biliaire? Hum. Les oiseaux se disputent. La perruche a mangé dans ma main. Je n’aurais pas dû mettre le produit dans leur eau ( un fortifiant ) maintenant ça sent l’oisellerie dans mon bureau. c’est ça qui sent mauvais chez les marchands d’animaux. Pas les graines. Dimanche après le café aux deus Palais, beau café agréable, je tente de comprendre ce qui se trafique avec les cages et les oiseaux planquées dans des cages . beaucoup de gens d’Afrique du Nord qui discutent ; Sais pas. Des espèces que l’on n’a pas le droit de vendre.

Ce soir, R. n’est pas là. C’est bien aussi de ne pas parler.

Bon . C’est bien cette commande des Gobelins; Une tapisserie et un tapis. Youpi. Ca va prendre 4 ans cette affaire. Aller au labo pour les dos bleus de l’expo en Allemagne, finir des trucs ( faudrait que je m’active sérieusement/ refaire le teaser pour annoncer mon film au Festival des films de femmes de Creteil. Ca ouvrira la saison, avec un hommage à Nicole Stephane. Chouette. Et préparer le RV pour le musée Picasso à Barcelone. Venise en Mars à l’expo collective de la Dogana, et deux conférences. Contacter la personne de Sèvres et continuer le projet de la grande fontaine. Du coup , la peinture, zero. Prefererais ne pas faire l’expo en Mai. C’est trop juste. P. me dit  » chouette tu viens à Rome à la villa  » Moi:—??? . Bon je suis sur la liste des Invités de Mars. Mais non pas le temps. ( Et ai-je envie d’y aller/ à Rome oui? Mais là? Allez fait pas ta difficile.

Bon je descends acheter des yaourts en bas, c’est une bonne nouvelle ou je ne m’y connais pas. Pendant ce temps, Michou-blue dort dans son cercueil bleu, probablement vêtu de bleu et les hommes des pompes funèbres seront ils habillé(e)s en libellules bleues???

MOINS MOINS

C’est Andy Degroat, disparu il y a un an.

Moins on écrit moins on à envie de le faire. C’est de la paresse pure. C’est vrai que mes posts sont plus rares. Pourquoi? Entre les rêves que je ne raconte plus-animaux qui s’écrasent sur des murs et rejettent une couleur vert vif, rues de Los Angeles aux trois tunnels, rats, et objets que je regrette de n’avoir pas décrit) Le temps passe passe. Pas vraiment peint depuis septembre. Alors quoi. Les projets ( unlimited) les dossiers ( Gobelins) les expos ( Picasso Barcelone) Giessen, maquette et reprendre et chercher à nouveaux. Penser à l’expo de Mai… Date prématurée.

Les beaux-arts aussi. Est-ce plus de travail que l’an dernier. Peut -être pas mais plus d’attachement à chacun. Les cours autrefois on y passait, on avait ou pas son UC. Et puis voilà. Les étudiants souvent ils reviennent plus tard. C’est le cas aujourd’hui.

La lecture. Si acheter des livres c’est un peu lire-ce que je crois-alors je lis. Je n’ai pas fini le Umberto Eco, lu par contre Les chiens de Riga de Mankell. Et je dois si peu de temps après l’avoir lu, le feuilleter pour savoir  » de quoi ça parle ». Ah oui le canot pneumatique. Acheté le Pamphlet des pamphlets de Courier. Ce qui est drôle c’est le pamphlet concernant l’académie. Et la ville de Luynes. Je n’avais pas le moindre souvenir d’avoir commandé ce bouquin. Car ce qui se passe, c’est que lisant un truc sur le net, j’envoie tout de suite un mail à JV qui est le libraire à côté. Par contre je me souviens bien avoir commandé un bouquin sur Bram Stoker ( pas vraiment sur lui ) Le Bal des ombres », de Joseph O’Connor. Je ne connais rien de lui. Vous sentez vous représentant de la Irishness?

J’aime bien le traducteur.

La lecture c’est de l’écriture. Tout lecteur écrit l’histoire qui se déroule. A 12 ou 13 ans j’ai imaginé ce que pouvait être la vie d’écrivain. L’étape logique après la lecture. Hier soir en rentrant, Francois Angelier en parlait dans Mauvais genre.

Je crois que la maquette pour l’Allemagne est terminée. Vite retourner peindre. Repenser aux choses vues, à la fille qui parle seule au bar, aux fautes de Français de C. qui nous font tant rire, à la bonne pizza d’hier soir avec C et P. Les informations sans cesse sombres. La planète et les espèces qui disparaissent. Pendant ce temps là j’observe émerveillée mes 3 oiseaux et leur programme: construire, recouvrir le nid en prévision de. Je regarde attendrie aussi l’extrait de film où l’on voit Andy Degroat et le mot de Bob Wilson. Je regarde aussi cet extrait de sa spinning danse. C’est vertigineux. On ne s’est pas assez vus. Tanpis. Qu’ est ce qu’il m’a dit du Sphinx?

Demain Dimanche. Peut être ne rien faire avant de me déclencher pour de bon. Marcher ( comme cette semaine avec les grèves. C’est drôle de reprendre le métro. )

Marché jusqu’à Trocadero pour une séances de 20 mn en immersion avec casque, ordi dans le dos, capteurs. Ce qui est amusant , c’est de voir évoluer dans l’espace les gens en prise avec un monde qui n’existe pas. Ils se penchent, tendent les bras, reculent face à des événements dont on ne sait rien pour le moment. puis à notre tour on observe nos drôles de mains, un ami chinois qui est devenu noir, un vêtement que je ne porte pas. Ce qui est drôle c’est la sensation que tout cela est déjà vieux, passé. Les images sont dois je dire, affreuses. Mais peut être que c’est bien. Des géants, des architectures, des danseurs dans une virtualité totale. moi j’aimerais bien faire ça avec mes trucs.

Ce matin et quelques matins il me plait d’aller lire au café. Sans téléphone et sans ordi. Lire sans avoir la tentation d’en savoir plus sur une notion, une personne comme à l’instant j’ai fait. Qui est Trithemius, qui est Blaise de Vigenère… Et l’alphabet qui permet de communiquer avec les Anges de John Dee.. Et Montefeltro qui est borgne. Tiens tiens. Voilà ce qui se passe un Dimanche après midi, avec en fond sonore les oiseaux -encore un oeuf ce matin. Je l’avais prévu car ils cherchaient des matériaux pour tapisser l’intérieur du nid. Je finis de lire un truc et pars au Marché aux oiseaux. Mal de dents. Mal de dos malgré les deux seances. Après me restera la prière ou les cierges.

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