Notes/ les éclaireurs historiques du présent

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Le contemporain est l’inactuel” déclarait Barthes alors aux prises avec sa propre contemporanéité et sa place de “contemporain”. On y entend l’écho direct des “Considérations inactuelles” de Nietzsche. Agamben voit dans les postures de ces deux philosophes, si on peut les mettre sur le même plan, une opération de “déphasage” : “Celui qui appartient véritablement à son temps, le vrai contemporain, est celui qui ne coïncide pas parfaitement avec lui ni n’adhère à ses prétentions, et se définit, en ce sens, comme inactuel”.

Barthes, donc, tout comme Nietzsche, est en plein dans le contemporain, du fait que “précisément par cet écart et cet anachronisme, il est plus apte que les autres à percevoir et à saisir son temps“. Pour le dire autrement, l’évocation du passé, le goût de l’anachronique ou du décalé est un signe de lucidité nécessaire à l’interprétation du présent (bien que le terme “présent” puisse encore être interprété autrement que contemporain, Agamben d’ailleurs ne le prononce pas). Mais, réjouissons-nous! Agamben ne voit pas dans ce passéisme léger une marque de la nostalgie, qui est comme la petite vérole du présent et le gâche irrémédiablement. Non, c’est le lot de chacun d’être à son temps, mais c’est le lot des véritables contemporains de se décoller légèrement de leur temps pour mieux le voir.

Emmanuel nous avait aussi rappelé que le contemporain était celui qui regardait l’obscurité de son temps, et non ce qui était en pleine lumière, et que c’était justement une des caractéristiques de ceux qui “éprouvent la contemporanéité” que de la voir sombre. Dans cet environnement ténébreux, le contemporain, à l’image des rétines et pupilles qui adaptent la vision au manque de luminosité, ajuste son regard et se met en mode “vision nocturne” (on active les “off-cells” expliquent les neurophysiologistes)

Emmanuel Guy

Lecture : « Qu’est-ce que le contemporain? » de Giorgio Agamben

Adolfo Wildt et Stephen King

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Retour d’Amiens. Hôpital et deux étages au dessus de JJ et son AVC, J.S meurt. Bon. Devais-je grimper les deux étages ou pas. Quelle était l’attitude la plus délicate??? N’y suis pas allée. On a papoté près de la fenêtre. La chambre à deux, c’est pas drôle.

Qu’il est con cet ORL de n’avoir pas appelé le SAMU. Quand on suspecte des signes d’AVC on se bouge même pour rien. Bref.

Grosse chaleur. Je lis sans savoir pourquoi un truc que j’ai trouvé: Carrie de Stephen King! J’ai abandonné pour le moment Starobinski et je ne sais plus qui. Tiens Agamben est à la villa Médicis/

De fil en aiguille j’essaie de joindre Nuccio Ordine sur fb pour l’inviter aux Beaux-arts l’an prochain. Mais peut être devrais-je aller aux Belles Lettres?

Passage éclair aux Bozar. Et je décide de prendre mon temps et un velib, d’aller (re)voir les nymphéas ( les gens semblent ici plus attentifs qu’au Louvre ) et l’exposition étrange Adolfo Wildt (1868-1931), le dernier symboliste.

Etrange et monstrueuse d’ailleurs. Plus c’est monstrueux, plus ça me plait mais les bondieuseries des années 30 plus abstraites ne me disent rien. Le buste terrible de Mussolini attaqué à la pioche est un sacré morceau, terrifiant. Le buste de  Pie XI. 1931 me fait carrément peur.

Bust of Pius XI. 1931.

Velib ( savez-vous que si vous ne trouvez pas à vous garer dans un rayon de 300m, vous gagnez 4h de location? Galeries Lafayette( berk ) et retour. Ca n’est pas si mal Carrie?

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